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1ère édition du championnat sur la ’contracculturation’’ : Des étudiants défendent le développement endogène

La ‘’Contracculturation’’ est une théorie inventée par le professeur Raymond Coovi Assogba, socioantropologue-boologue et enseignant à l’Université d’Abomey-Calavi. Elle prône la prise en compte des réalités endogènes à l’Afrique comme le Vodoun au Bénin comme base d’un réel développement sur tous les plans. À travers un championnat dont la finale a eu lieu le samedi 25 juillet dans l’amphi Houdégbé, des étudiants ont été amenés à faire une présentation sur leur compréhension de ladite théorie.

Par Raymond FALADE

Depuis bientôt 60 ans qu’ils ont accédé aux indépendances, les Africains ont toujours exprimé la nécessité que le berceau de l’humanité se prenne en charge lui-même tout comme les Européens le ressassent. Cependant, le continent peine à prendre son envol. Au lieu du « développement de l’Afrique, il n’y a que le développement du sous-développement ››, critique le Prof Raymond Assogba. « C’est une tragédie que nous vivons et nous devons nous poser la question de savoir si nos petits enfants ont un avenir dans ce monde où tout le monde nous dit ce qui est caché et nous faisons comme si nous sommes sourds », s’inquiète-t-il.

Les jeunes, ayant compris l’enjeu et préoccupés par leur avenir, se révoltent aujourd’hui et cherchent à connaître leur culture, principale vecteur du développement. L’invention de la théorie de la ”contracculturation” leur montre le chemin de ce Retour à ses origines et valeurs. En tant que le contraire de l’acculturation, cette théorie « permet de prendre en compte la dynamique des ”Djo Wâ mon” (culture). C’est une théorie selon laquele le Vodoun peut aider à développer le Bénin. C’est une théorie qui dit que ce qui est endogène doit être privilégié. C’est une théorie qui met en avant la politique publique le “Tó Lègba”››. Car « c’est autour du ”Tó Lègba” qu’on crée les marchés, les activités économiques ››, a expliqué l’enseignant-chercheur de l’Uac. ‹‹ C’est le ”Tó Lègba” qui sécurise le pays et c’est lié à notre histoire ›› a-t-il ajouté.

Position des étudiants sur la ‘’contracculturation’’

Une quinzaine d’étudiants participant au championnat au départ, cinq à l’arrivée. Tous masterants à l’exception d’un doctorant. Chacun d’eux a fait une présentation d’environ 10 minutes, à partir de la théorie de la contracculturation. Beaucoup ont montré dans leur présentation que l’acculturation, c’est-à-dire la rencontre avec le capitalisme est en défaveur de l’Afrique. Par contre, la ‹‹ contracculturation apporte un nouveau souffle pour essayer de sortir de l’acculturation en allant dans l’endogénéité comme base d’élaboration des politiques publiques et des actions de développement ››. Un candidat, étudiant en anthropologie de la Santé a démontré que cette théorie peut l’aider à atteindre ses objectifs de rédaction de thèse pour essayer de voir si par rapport aux ”Aïzò” d’Allada, il n’y a pas une autre manière de considérer la maladie à virus Lassa.

Le championnat sur la contracculturation à en croire son inventeur, sera annuel. Avec les nouveaux éléments reçus de la position de chaque participant, le professeur Raymond Assogba dit avoir des matériaux pour finaliser la conférence qu’il prononce cette semaine à l’Université d’Abomey-Calavi. Des attestations signées du professeur Placide Cledjo, directeur de l’Ecole doctorale pluridisciplinaire « Espaces, cultures et développement » de l’Uac ont été décernées aux participants.

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