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Injustice dans l’Enseignement : Des enseignants aspirants se plaignent à Talon (Lettre ouverte)

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON
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Grogne dans le rang des aspirants au métier d’enseignant. Des milliers parmi eux, déclarés admis aux tests organisés par le gouvernement risquent de ne pas retrouver les classes la rentrée prochaine. Il s’agit de ceux détenteurs de licence académique en Svt, histoire géographie, espagnol, philosophie, anglais et en allemand déclarés admis au test d’août 2019 et à l’évaluation diagnostique de janvier 2019 déployés dans les collèges depuis le 30 septembre. Constitués en Collectif, ils viennent saisir, à travers la lettre ouverte suivante, le Chef de l’Etat Patrice Talon, l’appelant ainsi au secours pour la réparation des injustices qu’ils subissent.

LETTRE OUVERTE AU PRÉSIDENT Patrice TALON

Monsieur le Président ;

Le Collectif des Aspirants détenteurs de licence académique en SVT, en Histoire Géographie, en Espagnol, en Philosophie, en Anglais et en Allemand déclarés admis au test d’août 2019 et à l’évaluation diagnostique de janvier 2019 déployés dans les collèges depuis le 30 Septembre vient porter à votre connaissance des faits graves d’injustices jamais connus nulle part au monde. De quoi s’agit-il en effet ?

L’État Béninois dans sa volonté de reformer le système de vacation dans les lycées et collèges et également de pourvoir en enseignant, toutes les écoles qui sont dans le besoin, a décidé de constituer une base de données de compétences des aspirants au métier d’enseignant. C’est alors que plusieurs tests ont été organisés en 2019 pour évaluer les capacités intellectuelles des postulants. À l’issu de ces tests, les différentes délibérations ont été effectuées avec des listes des admis rendues publique par le Ministère. Rappelons que lesdits tests ont été organisés par la Direction de l’Office du baccalauréat et que les procès-verbaux de délibération portent la signature des membres de jury ayant assurés ladite délibération. Les plus méritants parmi les admis ont été déployés sur le terrain en début d’année scolaire 2019-2020 (Propos du Ministre Mahougnon Kakpo qui justifiait le non déploiement de certains collègues admis au cours d’une visite dans le septentrion). Je fais mienne des difficultés rencontrées par les intéressés les premiers mois de leur prise de service. Il faut aussi préciser que le déploiement a été fait sur toute l’étendue du territoire national de sorte que des gens ont été déployés du sud vers le nord et vice versa. Nous en étions à gérer les petits problèmes qui minaient notre corporation quand le Ministère a publié sur son Site educMaster une liste qu’il a dénommée base de données des aspirants courant le mois de Mars. Dans cette nouvelle base publiée, plus de 9 mille Aspirants déclarés admis n’ont plus retrouvé leur nom. Le Ministère sans jamais donner publiquement une raison de ce qui s’est passé pour que la base constituée en 2019 fasse objet d’éjection de plus de la moitié de ces admis, s’est mué dans un silence terrible plongeant ainsi les aspirants dans une psychose généralisée. Dans la foulée, un nouveau test est lancé et dans le communiqué on lit clairement que la base de données constituée en 2019 est consultable sur le Site educMaster et que tous ceux qui n’auront pas leur nom dans cette nouvelle base sont appelés à recomposer ce nouveau test. Ne comprenant rien du jeu flou que joue le Ministère, nous nous sommes mis en association rapidement pour porter à votre attention cette nébuleuse affaire de base de données par un courrier en date du 23 Mars 2020. D’autres institutions comme le Conseil National de L’Education, le Médiateur de la république et la cour constitutionnelle ont été saisies également du dossier, afin que l’injustice puisse être corrigée. Puisque pour nous, c’était inconcevable que l’on déclare admis des gens à un test et que l’on revienne 6 mois après remettre en cause leur admissibilité sans prononcer l’annulation dudit test. Parmi les différentes institutions saisies, seul le CNE nous a répondu en nous informant que la correction de la base de données relève du domaine opérationnel donc du ministère et nous a demandé de suivre la réclamation que nous avons introduite au ministère et que son institution veillera au respect. Mais rien du tout n’est fait par le Ministère dans le sens de la correction de l’injustice. Mieux le test annoncé a été validé en conseil des Ministres du 06 Mai 2020 avec un peu plus de précision qui devrait normalement siffler la fin de cette injustice orchestrée par les cadres du ministère. Puisque dans le relevé de ce conseil des ministres, il est clairement dit qu’il s’agit d’un test complémentaire qui tire son fondement du déficit observé dans les disciplines comme PCT, Maths, Français, EPS et Économie de même que les besoins qu’indura le départ à la retraite de certains enseignants dès la rentrée prochaine. Le relevé du conseil des Ministres précise aussi que la base de données des compétences des aspirants constituée à l’issu des différents tests effectués en 2019 a permis de combler entièrement les besoins en enseignant pré qualifiés dans les disciplines Comme les SVT, L’histoire géographie, L’Anglais, Philosophie et l’Espagnol .Mais quand on consulte  la base de données truquée et publiée sur educMaster par le Ministère, on s’aperçoit qu’en SVT  par exemple où le besoin en enseignant pré-qualifiés a été satisfait, qu’elle ne comptait qu’un effectif de 603 aspirants pour tout le bénin et compte 1031 Aspirants après la réintégration d’une partie de la vague de janvier. Cet effectif qui couvre à peine les départements de l’Atlantique et du Littoral montre que plus de 2000 aspirants admis et déjà utilisés sur le terrain sont injustement éjectés pour cette seule discipline. Pour les autres disciplines n’en parlons pas.

C’est donc dans cette confusion totale, et ne sachant pas vers qui se tourner que beaucoup de collègues avaient pris l’option de recomposition et ont donc décidé de déposer leur dossier. Mais chose curieuse et inadmissible, c’est que les admis détenteurs de licence académique déjà déclarés admis et déployés dans les collèges dans les disciplines où le besoin a été entièrement satisfait (confère le relevé du conseil des ministres du 06 Mai 2020), se sont vus opposer une fin de non-recevoir pour le dépôt des dossiers et donc un refus catégorique de leur participation au nouveau test qualifié de complémentaire par le conseil des ministres et dirigé vers de nouveaux aspirants. Autrement, les cadres du MESTFP préparent un renvoi systématique des intéressés du système dès l’année prochaine puisque n’ayant plus leur nom dans la nouvelle base truquée et publiée sur educMaster et ayant été interdit même de toute recomposition. Considérons même que la recomposition soit l’ultime solution pour réintégrer les admis éjectés par la nouvelle base, le bon sens voudrait qu’on laisse comme l’a stipulé le communiqué du test complémentaire, tous ceux qui sont admis déployés sur le terrain n’ayant plus retrouvés leur nom dans la nouvelle base, déposer leur dossier pour prendre part au nouveau test. Mais qu’est-ce qu’on a constaté à notre grand étonnement, un refus catégorique opposé à tous les détenteurs de licence académique régulièrement admis et déployés sur le terrain dans les disciplines comme SVT, HISTOIRE GÉOGRAPHIE, ESPAGNOL, ALLEMAND, PHILOSOPHIE et ANGLAIS. Rester dans les quatre coins de son bureau et décider de mettre au chômage plus de 4 mille Pères et Mères sans aucune raison valable, Qu’est ce qui peut expliquer une méchanceté pareille ?

Nous avons fini par la découvrir !

En effet, L’échec massif qu’ont connu les détenteurs de diplôme professionnel vide de contenu (Bapes et Capes) aux différents tests de 2019 au profit des bons produits issus des facultés a mis en mal leur business de délivrance de ces diplômes dans les écoles normales supérieures privées et même publiques ayant comme pour seul objectif de soutirer un demi-million aux jeunes contre la délivrance d’un diplôme vide à travers une formation complètement galvaudée. Ce que vous avez d’ailleurs compris en instaurant les examens nationaux de licence et de Masters dans les écoles supérieure privées de formation y compris celles qui  délivrent ces diplômes d’enseignements .C’est justement pour perdurer ce business qu’ils ont minutieusement planifié de vider la base de données pour faire de la place à ces détenteurs de diplôme vide de contenu ayant échoués massivement aux tests au profit de leurs camarades des facultés.

Qu’est-ce qu’on leur a fait Monsieur le Président ? Déclaré admis des gens à un test organisé par L’État, faire leur déploiement à plus de 500km de leur résidence, remettre en cause 6 mois plus tard leur titre d’admis en les sortant de la base de données et leur interdire même de prendre part au nouveau test si on estime entre temps que la seule solution pour leur réintégration passe par la reprise d’un test qu’ils avaient passé avec succès, c’est inhumain Monsieur le Président. Nous avons quand même fait les universités publiques avec succès pendant que d’autres renvoyés pour insuffisance de résultat en faculté, s’arrangent pour avoir en seulement quelques mois un BAPES ou un CAPES !! Et ce sont ceux-là qu’ils veulent coûte que coûte intégrer en nous éjectant injustement de la base et aussi de la compétition pour permettre à ces derniers d’être à l’abri de toute concurrence histoire d’être tous retenus à travers un simulacre de test. Simulacre de test parce que quand on jette un coup d’œil sur les épreuves de spécialité proposées au test de 13 Juin passé dans les disciplines où les détenteurs de Bapes et Capes avaient échoué massivement aux tests précédents, on remarque que c’est juste une formalité on leur demande de venir remplir pour être intégrés dans la base en remplacement de nous qui sommes détenteurs de licence académique. Puisque ces épreuves proposées n’ont rien d’un test de préqualification mais plutôt une faveur pour atteindre un objectif. La liste des correcteurs retenus pour corriger les copies des Aspirants ayant pris part au test de 13 Juin passé vient confirmer plus que c’était un objectif autre que la qualité d’enseignant à recruter au profil des lycées et collèges qui est visé. À travers cette liste de correcteurs, on note que des Aspirants ont été proposés pour corriger la copie d’autres Aspirants ou même leur propre copie puisque certains ont pris part à ce même test. Pour Les tests précédents pour lesquels nous nous sommes déclarés admis les travaux de correction et de délibération sont assurés exclusivement par les Universitaires, les inspecteurs et à la rigueur quelques CP. Ceux-là ont apposé leur signature sur les procès-verbaux de délibération. Voilà que pour ce test on sélectionne des Aspirants pour corriger la copie d’autres Aspirants ou même leur propre copie, c’est trop fragrant quand même !  Nous pouvons même comprendre par-là que ces universitaires émérites , Inspecteurs et CP qui assuraient ces travaux ont pour la plupart refusé de donner leur caution à un sabotage pareil puisque ne comprenant pas que pour un test organisé de main de maitre par la Direction de l’Office du baccalauréat et pour lequel ils ont été associé  de la proposition des épreuves en passant par la correction jusqu’à la délibération, quelqu’un décide de  tirer un trait rouge sur leurs efforts pour organiser ce désordre  jamais vu nulle part au Monde en décidant d’éjecter de la base de données authentique, les admis proclamés pour insérer les moins méritants à travers un simulacre de test.

Nous avons passé le test ensemble avec ces mêmes détenteurs de BAPES et CAPES en 2019 mais ils ont échoué parce qu’ils n’ont réellement pas notre niveau et pourquoi vouloir remettre en cause notre admissibilité et organiser un test orienté à l’endroit de ces diplômes délivrés majoritairement par les écoles normales privées à coup de millions ? La réponse se trouve simplement dans la recherche effrénée des moyens pour prospérer leur entreprise de formation d’Enseignant que dis-je leur business de délivrance de Bapes et Capes à moyennant rétribution.

Voilà Monsieur le Président, la situation des pré insérés Père et Mère de famille que le Ministère de l’enseignement secondaire veut envoyer en chômage injustement. Nous ne voulons pas un Bénin pour les plus nantis. Ceux-là n’ont pas notre niveau, ils le savent mais parce qu’ils ont plus de moyens financiers pour aller se fait délivrer un Bapes ou Capes par les mêmes acteurs du système qui sont majoritairement des promoteurs d’écoles normales supérieures privées, on veut nous substituer pour eux. C’est même leur seul objectif, ils ne veulent pas voir leurs produits bien que malformés ou n’ayant pas le niveau, restés à la maison pendant que les enfants de pauvres ayant fait la faculté soient sur le terrain

Quand on se réfère aux dernières mesures prises en faveur de l’emploi des jeunes, on comprend aisément que votre gouvernement opte pour un plan Marchal face au chômage des jeunes mais au même moment le Ministère de l’Enseignement Secondaire tient coûte que coûte à sacrifier 4 mille aspirants détenteurs de licence déclarés admis et déjà déployés sur le terrain pour protéger des intérêts de certains cadres (promoteurs D’écoles normales supérieures privées).

De quoi allons-nous vivre Monsieur le Président ? Que deviendront femmes, enfants et les parents qui mangent dans nos ressources de vacation avant la réforme ? Nous sommes quand même fils du Bénin, déclarés admis à un test que l’État a organisé par l’intermédiaire de l’Office du baccalauréat !

Monsieur le Président nous Aspirants détenteurs de licence académique en SVT, His-Géo, Anglais, Espagnol, Allemand et Philosophie admis aux tests d’août et de janvier 2019 déjà déployés sur le terrain et faisons le travail avec dévouement et abnégation vous appelons au secours. Nous n’allons jamais accepter être renvoyés du système de cette façon-là. Personne ne viendra nous remplacer sur le Terrain puisque personne n’est plus Béninois que nous pour nous malmener de cette façon. Voilà pourquoi nous vous invitons à reprendre le dossier en main afin d’instruire l’ANaPES à s’appuyer sur la base ayant servi au tout premier déploiement (déploiement de Septembre 2019) en y ajoutant par ordre de mérite, les admis qui seront issus du test complémentaire organisé le 13 Juin en fonction du déficit observé sur le terrain.

En vous exprimant à l’avance sa plus vive gratitude, le Collectif vous prie de croire, Monsieur le Président en l’assurance de sa haute considération.

Cotonou, le 22 Juin 2020

Le Collectif des aspirants détenteurs de licence admis au test d’août et de janvier 2019, déployés sur le terrain et sous menace de renvoie systématique en chômage dès la rentrée prochaine       

Tél : 66850005/68538390/67694475

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