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Projet ‘’ça SANS ça’’ : L’Ong ‘’Verre d’eau fraîche’’ en croisade contre les violences faites aux filles et aux femmes en milieu scolaire

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON
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Les violences sur les filles et les femmes en milieu scolaire constituent une violation flagrante de leurs droits constitutionnels, ce qui nuit à leur bien-être physique et psychologique. Pour un changement de comportement, l’Ong ‘’Verre d’eau fraîche’’ a mené, de février à juin 2020, une croisade contre le fléau à Bantè, dans le département des Collines à travers le projet ‘’ça sans ça’’ financé par Social Watch.

Par Nadège Sènan WANGNANNON

Des collèges de Bantè ont reçu pendant plusieurs jours, la visite d’une équipe engagée de l’Ong ‘’Verre d’eau fraîche’’. Les membres se sont dépêchés dans le cadre de l’exécution du projet ‘’çà sans çà’’ portant « Sensibilisation sur les conséquences et risques des violences faites aux femmes et aux filles en milieu scolaire ». Entièrement financé par Social Watch à travers le programme RePaSOC de l’Union européenne, l’objectif de l’organisation est de prévenir et lutter contre ces violences qui touchent au genre. Ainsi, la conscientisation des cibles a été un point phare du projet. C’est pourquoi des séances d’Informations, d’éducations et de communications (approche IEC) ont été, à cet effet, privilégiées pour renforcer la connaissance des apprenants sur lesdites violences. Le président de l’Ong soutient en effet, que cet investissement sur le terrain est impérieux pour l’atteinte de l’Odd n°5 relatif à la réalisation de l’égalité des sexes par la l’éradication de toutes les formes de violences dans tous les contextes.

Au total, plus d’une centaine d’élèves a participé aux dites séances. La première s’est déroulée au Ceg 1 Bantè, le mercredi 20 mai en collaboration avec les autorités administratives et locales. Monsieur Paule, animateur principal assisté de Nadjiba Séibou l’ont dirigée. Dans ce collègue, 108 apprenants dont 64 filles et 44 garçons y ont participé. Les séances d’IEC ont été ensuite étendues aux Ceg 2 (95 participants) et 3 de Bantè et le Ceg 3 d’Anoudé qui a enregistré 102 participants dont 46 garçons. Au moyen de plaquettes, les encadreurs déployés devant les apprenants ont réussi à les nourrir aux conséquences de cette pratique avec des exemples concrets de violence sexuelle, émotionnelle, psychologique et du harcèlement en milieu scolaire. La stratégie des encadreurs a souvent consisté à amener les cibles elles-mêmes à faire ressortir, grâce aux explications, les conséquences et risques liés au phénomène des violences basées sur le genre.

Recours à l’art

L’autre phase importante de la mise en œuvre du projet, est celle de la création artistique et littéraire. Une compétition d’œuvres, de présentation théâtrale et de discours a été organisée. Plusieurs apprenants y ont postulé. Du 20 au 22, les encadreurs ont donc fait le tour des collèges pour l’appréciation et la présélection des œuvres proposées. Occasion pour les participants de passer à tour de rôle pour présenter à l’équipe d’intervention les œuvres de théâtre qu’ils ont créées et les discours qu’ils ont composés. Les encadreurs et formateurs les ont appréciés, corrigés et ont sélectionné les meilleures œuvres à valoriser. Une série de séance de travail et de répétition a suivi du 25 au 27 mai avec les participants des œuvres retenues. L’objectif est de les amener à peaufiner leurs productions de sorte à lever les imperfections afin que l’impact et les effets escomptés soient effectivement obtenus. Cette démarche a conduit à la sélection définitive des œuvres très expressives de l’enjeu, du contexte, et des résultats fixés par le projet ‘’ça sans ça’’.

Le public impliqué

Le tout a été couronné, mercredi 3 mai, par une séance de sensibilisation grand public dans le strict respect des mesures barrières dans ce contexte de crise sanitaire liée au Covid-19. A cette occasion, populations et élèves ont été sensibilisés sur la thématique à travers les œuvres susmentionnées dénonçant les violences qui se traduisent par les viols, les attouchements forcés, les harcèlements, les rapports sexuels en échange de note et bien d’autres violations.

En prélude à ladite séance, une campagne de propagande pour annoncer le spectacle a servi à mobiliser la population. Les autorités se sont très bien distinguées à ce rendez-vous par leur présence massive. Maire, chef d’arrondissement, chef de village, représentant des femmes et des jeunes, directeurs d’école, représentant des élèves, membres du Centre de la promotion sociale et bien d’autre y ont pris part. Au total, les participants sont estimés à 202.

Outre les allocutions des autorités, le temps fort de cette mobilisation a été le passage de présentation très instructif des œuvres réalisées. Le premier, un discours pédagogique au titre du projet ‘’ça SANS ça’’, délivré avec une éloquence séduisante, a sensibilisé sur les conséquences et risques des violences faites aux femmes et aux filles en milieu scolaire. Le deuxième passage a été celui d’un groupe théâtral dont la scène a également pour fil thématique et éducateur, les violences en milieu scolaire. Son titre évocateur ‘’Stop au harcèlement en milieux scolaire’’ retrace justement les conséquences fâcheuses du phénomène. Elle a été déterminante pour permettra aux populations participantes de toucher du doigt les enjeux et dangers.

En renfort au premier discours par exemple, le second sous forme de Slam-Musique a annoncé les dispositifs d’alerte, les mécanismes locaux de prévention de manière efficace pour rassurer et invité les filles à hausser leur voix pour dénoncer les acteurs de crime. Ce qui a permis au communicateur de renchérir avec plus de précision sur les canaux de dénonciation et une explication très pertinente sur le site de dénonciation instauré par Social Worche.

Globalement, toutes les œuvres présentées ont contribué à l’atteinte des objectifs visés par l’Ong Verre d’eau fraîche. A l’issu de son périple de sensibilisation et d’éducation à Bantè, cette dernière est satisfaite pour deux choses. D’abord, la forte et prompte adhésion des autorités politico-administratives locales (maire, chefs d’arrondissement, chefs village, directeur d’école et enseignants, police) qui ont reconnu la récurrence du phénomène et la nécessité de la combattre. Ensuite, la prise de conscience et les changements au niveau des mentalités des cibles. Grâce à cette activité, de nombreux élèves et citoyens ont pu toucher du doigt les conséquences qui les échappaient relativement aux violations des droits des femmes en milieu scolaire.

Soulignons qu’avant de descendre sur le terrain, le bureau exécutif de l’Ong et l’équipe de pilotage ont d’abord procédé à la mise à jour des documents d’information et tout support sur les conséquences et risques des violences faites aux femmes et aux filles en milieu scolaire. Un comité ad’hoc a été même mis en place pour recueillir les informations. Le défi qu’il reste, est celui de la pérennisation des acquis du projet. En cela, l’Ong ‘’Verre d’Eau Fraîche’’ est confiante.

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