Home Actualité Oswald Homéky : « Aujourd’hui, le Bénin sait jouer à domicile comme à l’étranger »

Oswald Homéky : « Aujourd’hui, le Bénin sait jouer à domicile comme à l’étranger »

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON
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Le ministre de Sports Oswald Homeky a été reçu sur l’émission “90mn pour convaincre” du dimanche 29 novembre sur la Radio Nationale. Il a abordé plusieurs questions sur l’actualité sportive touchant le Bénin. Voici l’intégralité des propos.

 

Journaliste : Le mythique footballeur argentin, Diego Maradona n’est plus. Qu’en dites-vous

Oswald Homéky : C’est une grosse perte pour l’humanité. Diego Maradona, on le sait tous, est une légende de football. Au-delà du grand joueur qu’il a été sur les terrains, Maradona est une icône pour plusieurs générations. C’est malheureux qu’il ait été rappelé à Dieu. Comme nous le disons, il y a un temps à passer sur terre. C’est Dieu qui en décide. Nous prions que son âme repose en paix et surtout que derrière lui, la légende continue. Que des joueurs de la nouvelle génération et des générations à venir puissent faire autant ; sinon mieux. On constate de moins en moins des légendes comme celle-là dans le sport en général et dans le football en particulier. Mais il y a quelques pépites à qui nous souhaitons que Maradona vive toujours malgré son rappel à Dieu.

Un hommage à l’endroit des membres de la Fbf qui nous ont quittés…

Oui. Nous avons perdu coup sûr coup plusieurs personnes qui avaient un rôle important dans ce que nous faisons, notamment au comité exécutif de la Fbf où, il y a eu deux décès en moins d’une semaine. Je veux également prier que leurs âmes reposent en paix. Je veux prier aussi pour tous les autres qui sont malheureusement partis et qui sont aussi dans le mouvement sportif. Je veux les remercier et leur rendre hommage pour ce qu’ils ont apporté au mouvement sportif béninois et prier vraiment que Dieu leur accorde le repos. Nous travaillerons à les rendre fier.

De là où ils se trouvent, ils verront que le Bénin continue sa marche dans le sport.

Après le résultat (0-0) obtenu à Maseru par les Écureuils, quel est votre état d’âme ?

Je dirai déçu et optimiste. Quand un de vos confrères m’a posé la question à la fin de la rencontre, ça a été ma réponse.

Déçu parce que nous avions évidemment très envie de prendre les trois points à Maseru et de nous sécuriser pour la qualification. Optimiste parce que la compétition continue. Nous sommes aujourd’hui 2e du groupe avec 7points à un point du Nigéria. Et aussi parce que l’état d’esprit du groupe, le travail qui est mis en place, la qualité de l’organisation nous rassurent de ce que nous allons tout faire pour offrir encore au peuple béninois une qualification pour la Can.

Je dois dire que le match n’a pas été facile. Il faut être réaliste. C’est quand même deux confrontations en 72 heures, ce n’était pas évident pour les joueurs. C’était vrai que nous avons créé les conditions. Nous avons notamment comme à notre habitude, affrété un avion pour leur permettre d’arriver plus facilement à Maseru pour le match retour. Mais c’est du football. C’est physique. C’est tactique. C’est technique. Ce n’est jamais simple. C’est déjà bien que nous ayons pris un point. Je crois que la prochaine journée sera décisive sur les deux terrains. Nous ici à Cotonou contre le Nigeria et la Sierra Leone contre le Lesotho à Maseru.

Le match retour a été un peu plus difficile. De toute évidence, l’équipe du Lesotho devait au moins gagner un match pour se relancer. Le match contre le Bénin à Maseru était leur seule possibilité pour se relancer dans la compétition. Donc c’est une équipe qui à domicile a donné un peu plus que ce que nous avons vu ici. Deuxièmement, c’est une équipe qui joue regroupé. Et les équipes qui jouent regroupé, là je parle un peu tactique, sont toujours difficiles à manœuvrer. Troisièmement, le football n’est plus à l’époque des 17-0, des 15-0. On le voit dans toutes les confrontations. Le football se joue à une différence près. Il se joue à un exploit individuel ou collectif près. Et donc, le match a été vraiment différent du match qu’on a eu à Porto Novo. C’est vrai qu’on a eu quelques occasions, nos joueurs ont vraiment fait le maximum. Ils ont essayé de pousser. Mais malheureusement, les minutes sont passées et à la fin, c’est un match nul. Je veux dire qu’il faut franchement que les Béninois soient fiers de leur équipe. Parce qu’aujourd’hui nous sommes en train de nous plaindre de n’avoir pas gagné à Maseru. Il y a quelques mois, quelques années, on savait que c’était perdu d’avance. Je veux quand même qu’on encourage les joueurs en sachant qu’un match nul à l’extérieur n’est pas mauvais. C’est un championnat. Nous avons pris un point, c’est important. Nous allons continuer le travail.

Les conditions climatiques comptent-elles aussi ?

Oui. Il y avait beaucoup de vent pendant tout le match. Ensuite nous avons joué en altitude. Il faisait extrêmement chaud. Toutes ces conditions ne sont pas celle que souhaitent les joueurs. Mais ça fait partir du football. Je crois que globalement, les joueurs se sont bien comportés. Même si une fois encore on aurait voulu avoir cette victoire. Je crois qu’il faut leur laisser se réorganiser pour la grande confrontation à domicile contre le Nigéria.

Est-ce que les choses se sont-elles mieux passées en matière de conditions de séjour des Écureuils ?

Les choses se sont très bien passées. D’abord de par les dispositions que nous avons prises nous-mêmes. Ça fait déjà plusieurs mois, plusieurs années à partir de 2016 qu’autour de l’équipe nationale, nous nous impliquons personnellement pour que les conditions soient des meilleures. Lorsque l’équipe du Lesotho est venue ici, nous leur avons réservé un accueil chaleureux, caractéristique de l’hospitalité béninoise. C’est ce que nous faisons avec toutes les équipes. Avec les circonstances actuelles liées à la Covid, nous leur avons fait un traitement assez particulier. Ils ont été très bien traités. Et donc, ils nous ont très bien reçus. Je voudrais rappeler un fait très important. Nous, nous avons affrété un avion pour transporter notre équipe et malheureusement l’équipe du Lesotho qui a fait le match aller contre nous qui devait retourner dans son pays, a eu des difficultés liées au vol, au correspondance. Nous avons donc transporté l’équipe du Lesotho gracieusement. C’est un fait qui a fortement marqué les autorités au Lesotho. J’ai été personnellement reçu par le premier ministre qui est la première personnalité du Lesotho (là-bas ils ont un roi). Il s’est déplacé à notre hôtel pour saluer les joueurs, dîné avec la délégation béninoise. La ministre des sports était avec nous. Franchement, on a été bien traité au Lesotho et je crois que c’est en retour, reconnaissance de ce que nous avons fait pour eux.

Qu’est-ce qui s’est passé pour que certains membres de la délégation béninoise soient partis au Lesotho à quelques heures du match ?

Comme je vous l’ai dit, le Bénin a affrété son avion et tout le monde devait être sur ce vol lorsque une compagnie africaine a annulé son vol, cela a bouleversé tout le programme. Et s’il devait avoir match retour Lesotho Bénin. Il fallait bien que l’équipe du Lesotho soit au Lesotho. Nous avons été obligés de demander à 16 personnes de la partie béninoise qui ne sont pas sur le terrain de céder leurs places à 16 joueurs et membre de l’encadreurs du Lesotho pour qu’au moins on s’assure que le match retour aura lieu.

En retour nous avons pris les dispositions pour que ces personnes soient sur le vol commercial qui malheureusement a pris du retard. Vous savez qu’avec la période du Covid, il y a beaucoup de perturbation. Nous sommes heureux qu’ils soient arrivés quelques heures avant le match. Et ces personnes comme vous le savez ont fait le vol retour avec nous dans l’avion qui a été affrété.

A la fin du match aller contre le Lesotho, les supporters ont envahi la pelouse. Qu’en dites-vous ?

Vous savez, il est difficile pour un public habitué de soutenir son équipe de se voir refuser l’accès au stade. Charles de gaulle c’est 18000 places. Nous avons eu l’accord de la CAF pour mettre le 10e. Il s’agit de 1800 supporters. Et pour contrôler cela, nous avons fait des invitations avec un accès sécurisé. Tout le monde a subi le protocole sanitaire et les personnes qui sont entrées à l’intérieur du stade avaient chacune leur masque. Chacune d’elles a respecté la distanciation. Donc pendant que nous étions en train de jouer, avec un petit public à l’intérieur, à l’extérieur, il y avait une foule immense qui avait très envie de rentrer au stade. Au coup de sifflet final, et je dois avouer que c’est une faille dans le dispositif sécuritaire, puisque le Bénin a gagné ce match, il y a eu une explosion de joie et on a été surpris que par des portes détournées, certaines personnes soient rentrées dans le stade. Nous avons réussi à extraire les joueurs des deux équipes. Mais vous savez que le public est toujours comme ça. Ils ont envie de touché les joueurs, de les voir. C’est difficile pour eux ce changement qu’induit la Covid 19. Mais, c’est quelque chose qui se gère.

Mais quand de tels incidents se produisent, c’est souvent mal vu du côté des faitières….

Je crois que la CAF et la FIFA et d’ailleurs les autres instances qui dirigent le sport au niveau continental et au niveau mondial connaissent le sérieux avec lequel le Bénin fait désormais les choses. Cela étant, ce qui s’est passé a été filmé par l’officier de sécurité et on sait très exactement à quel moment cela s’est passé. C’était à la fin du match. Les textes sont clairs la dessus. Il y a normalement des mesures qui doivent être prises. Nous sommes en discussion avec la CAF et la FIFA sur le sujet. De toute façon, je crois que personne, encore moins le Bénin et les autorités actuelles ne prennent les choses à la légère. Nous travaillons avec beaucoup de sérieux, beaucoup de rigueur, beaucoup de méthode. Je pense que les autorités continentales le savent. En tout cas, nous espérons qu’ils seront clément et que nous allons pouvoir continuer à jouer nos matchs sur ce stade sans problème.

Quelle leçon tirez-vous de ces deux journées des éliminatoires ?

La leçon est que sur l’ensemble des deux journées, nous avons pris 4 points sur un potentiel de 6. Comme certains analystes l’ont dit, c’est nous qui avons pris le plus de point sur les doubles confrontations dans la poule. Si nos voisins de l’Est avaient comme on le croyait dominer les Sierra léonais à domicile, je crois que le Bénin serait déjà qualifié. Cela n’a pas été fait. Ils sont à la surprise de tout le monde deux fois match nul. Une fois chez eux, alors qu’ils menaient 4-0. Et une deuxième fois à Freetown. La leçon que nous avons tirée globalement, est qu’il faut rester concentrer. Il faut absolument gagner le prochain match. Et c’est à cela que nous travaillons.

Comment le match contre le Nigeria se prépare-t-il ?

Les joueurs sont très motivés. Les dirigeants de la fédération béninoise de football, les autorités du ministère, moi-même, le public béninois, nous sommes très motivés.et je veux dire au Béninois que désormais, ils peuvent faire confiance à leur équipe. Nous restons humbles. Nous restons travailleurs. Nous restons calmes. Mais nous allons jouer le match à fonds. Nous recherchons une qualification. Et nous allons obtenir cette qualification. Et ce que je voudrais dire, est que ce match qui se joue au mois de mars est pour nous un challenge important. La première chose que nous faisons, c’est vraiment prier et espérer que les joueurs soient tous en forme. Deuxièmement, nous faisons en sorte que tout le monde soit là. Nous avons prescrit un certain nombre de mesures aux joueurs pour ne pas être surpris par cette maladie qui en fait, les écartera d’office du terrain. La troisième chose, c’est que nous allons une fois encore créer toutes les conditions pour que les joueurs puissent s’exprimer. Avec le soutien du public, par la grâce de Dieu, je crois que nous aurons cette qualification.

Y a-t-il un calendrier de préparation déjà ?

Nous sommes obligés de suivre le calendrier international. Les joueurs sont en championnat et les plages qui sont proposées sont les seules dont nous disposons pour faire éventuellement des matchs amicaux. Ce dont il faut se réjouir, c’est que depuis 2016, le Bénin a désormais pris de bonnes habitudes. Nous faisons des stages pendant les plages qui sont libérées. Nous faisons des matchs amicaux. Vous vous souvenez du dernier que nous avons gagné 2-0, face au Gabon au Portugal. Nous sommes là, nous allons nous préparer. Le staff technique travaille avec les joueurs. Nous aussi, nous parlons avec eux de temps en temps. Le Bénin sera prêt pour son match contre le Nigéria. Et par la grâce de Dieu le Bénin gagnera son match et se qualifiera.

Le match contre le Nigéria se jouera sur quel stade ? Kouhounou ou Charles de Gaulle ?

Dans nos prévisions initiales, nous avions souhaité que ce match se joue au stade Mathieu Kérékou. J’ai fait une réunion avec l’entreprise qui travaille il y a quelques jours. Ce qu’ils nous ont dit, c’est que dans le chronogramme, compte tenu des effets de la pandémie, il y a un décalage alors que nous espérions la livraison de ce stade pour le mois de mars. Et le match étant dans la période du 26 mars à peu près, nous voulions faire un petit forcing sur quelques jours afin de jouer ce match à Kouhounou. Selon le chronogramme qui a été communiqué par l’entreprise la semaine dernière, et qui tient compte des effets de la pandémie, nous ne sommes plus en mesure de tenir sur cette date. C’est selon le chronogramme. Nous avons retenu de refaire une discussion avec eux pour voir à quel niveau nous serons, si en accélérant un peu, on ne pourrait pas libérer ce stade parce que c’est important pour nous aussi de retourner à Kouhounou. Les joueurs ont envie d’aller jouer sur ce terrain qu’ils n’ont pas retrouver depuis longtemps. Si cela s’arrange on le fera. Si non, on continuera à jouer au stade Charles de Gaulle en attendant.

Le Bénin a-t-il des chances face à la Sierra Leone ?

Moi je prends les matchs un à un. Le premier qu’on aura sera face au Nigéria ici au Bénin. Et si on gagne ce match évidemment, on est qualifié. La 6e et dernière journée sera un déplacement à Freetown. Et s’il est nécessaire qu’on la gagne, c’est mon souhait, on la gagnera. Vous savez, nous avons donné de bonnes habitudes à notre équipe. C’est aussi le but de tous ces matchs amicaux que nous faisons. C’est aussi le but de tous ces déplacements. Aujourd’hui, le Bénin sait jouer à domicile comme à l’étranger. Lorsque le Bénin a battu le Gabon 2-0, le match ne s’est pas joué à Charles de Gaulle ou à Kouhounou. Lorsque le Bénin est allé à la CAN, les matchs se sont joués en Egypte. Le Bénin a battu la Côte d’Ivoire, le match s’est joué en France. Nous les habituons à jouer partout dans toutes les conditions. Parce que quand on vient dans les éliminatoires, c’est nécessaire d’être décomplexé. Aujourd’hui, notre équipe ne considère plus les terrains sur lesquels elle joue. Nous avons une bonne équipe ; un bon état d’esprit. Et lorsque nous allons jouer, pourvu que le terrain soit praticable.

Donc, moi je n’ai aucun doute. Nous allons aborder ces deux matchs avec sérénité, avec concentration. Je peux vous dire que tous les joueurs ont envie de retourner à la CAN. Je crois qu’ils donneront le meilleur d’eux-mêmes.

Les primes des joueurs réglés

C’est définitif. Et je pense comme le Chef de l’Etat le dit pendant sa tournée, le Bénin ne va pas reculer dans certains domaines. Aujourd’hui, avec ce que nous avons mis en place où les primes sont payées aux joueurs par virement de façon transparente, personne ne leur fait plus de chantage. Nous veillons à ce qu’aucun dirigeant n’aille leur soutirer des commissions, des ristournes. Je crois qu’aujourd’hui, plus personne ne fera reculer le Bénin sur cette question. Même si demain quelqu’un d’autre est ministre des sports, je crois qu’il ne fera pas reculer le Bénin à des pratiques qui ne nous honoraient pas il y a encore quelques années.

Deuxièmement, les joueurs savent que les choses sont très claires. Nous nous accordons avec eux avant de démarrer. Ils savent très bien dans quelle condition de confort ils sont aujourd’hui. On fait les efforts pour qu’ils aient le maximum.

Selon quels critères les joueurs sont-ils sélectionnés ?

Voilà un des domaines dans lesquels je crois que nous pouvons célébrer très humblement ce que nous avons fait ; être fier de ce que notre pays est devenu. Avant, en équipe nationale, il y avait des joueurs qui étaient parrainés. C’était à la discrétion du ministre, des responsables de la fédération. On se partageait même des quotas. Et chacun demandait qu’on appelle ‘’son petit’, son filleule. Et c’était comme cela on composait nos équipes nationales. Les entraineurs n’étaient pas libres. Aujourd’hui, le critère exclusif, le seul par lequel vous venez en équipe nationale, ce sont vos performances du moment. Vous pouvez être un excellent joueur, si vous êtes en baisse de forme dans la période, vous ne venez pas en équipe nationale. Et jamais la liste que fait Michel Dussuyer n’est connue d’avance ni par la fédération, ni par le ministère.

Etre sans club est-il être en baisse de forme ?

C’est un principe clair. Pour nous, être sans club, c’est être en baisse de forme. Pour la simple raison que quand vous n’êtes pas en club, vous n’êtes pas dans un rythme d’entrainement, dans un régime structuré et rigoureux de préparation. Vous êtes laissé à vous-même. Vous pouvez vous entrainer, courir pour maintenir votre forme, mais quand vous n’êtes pas en club, ça veut dire vous n’êtes pas en compétition. Et vous voyez, même le capitaine de l’équipe nationale, lorsque pour des raisons administratives (parce que ce n’est pas pour des raisons sportives que Sessegnon est sans club) n’a pas signé pour un club, nous avons parlé avec lui, nous avons dit il faut montrer l’exemple. Et parce qu’il n’est pas en forme malgré sa grande forme, malgré sa qualité, nous avons décidé qu’il ne vienne pas en équipe en nationale. Et lui-même, je veux saluer son leadership, son humilité, il a vraiment dit c’est ce que nous appliquons à tout le monde, je suis le capitaine, je dois montrer l’exemple. Et c’est ce que nous avons appliqué. Je peux rassurer tout le monde qu’au mercato prochain, il va reprendre avec un club. Nous nous parlons de temps en temps. Pas plus tard que la semaine dernière on s’est parlé. Il se porte à merveille. Et il reviendra en pleine pour soutenir l’équipe.

Des joueurs invités sont bloqués par leur club. Parlez-nous en, vu que vous avez adressé des invitations aux clubs ?

D’abord, il deux situations. Il y a celle de ceux qui n’ont pas pu venir parce qu’ils ont été détectés positifs à la Covid 19. C’était le cas de Olivier Verdon. Je veux confirmer ici qu’il est guéri, qu’il se porte très bien et qu’il a repris avec la compétition. Il sera là pour les prochains matchs. Pour ce qui est des joueurs qui n’ont pas pu venir parce que non libérés pour leur club, c’est une situation que beaucoup de pays vivent. C’est une situation que malheureusement pour la décrire un peu ou pour l’expliquer aux auditeurs, dit que dans les clubs, les joueurs sont en situation d’emploi. Donc, les clubs sont leurs employeurs et pour les équipes nationales, c’est du patriotisme. C’est volontaire. Alors, il arrive bien souvent que les clubs dans leur intérêt, parce qu’ils ont un match important, refusent de libérer les joueurs. Jusqu’à ce que nous n’ayons cette situation de la dernière fois, le Bénin n’avait pas vécu ça, nous avions suffisamment d’organisation, nous mettions la pression sur les clubs, nous avons de bonnes relations qui nous permettaient d’avoir tous nos joueurs. Ce qui s’est passé la dernière fois et qui est exceptionnel, c’est qu’à cause de la pandémie, il y a des pays dans lesquels lorsque vous sortez du pays et que vous revenez, il y a une quarantaine obligatoire. Et donc, qu’ils soient positifs ou non, les joueurs en quittant Cotonou pour retourner dans leur club devaient observer la quarantaine obligatoire liée aux règles qui s’appliquent dans ces pays-là. Et cette quarantaine devait les obliger à rater des matchs de leur club. Et vu leur importance dans les dispositifs des clubs (je suis heureux qu’ils ne soient pas remplaçants. Aujourd’hui, les joueurs béninois sont titulaires dans leur club au point où les clubs ne veuillent pas les libérer, pour eux au plan personnel, c’est positif), il y a deux clubs qui nous ont dit qu’à cause de la quarantaine obligatoire au retour ils ne pouvaient pas libérer les joueurs. Nous n’avons pas croisé les bras. Nous avons sollicité la médiation de la CAF et de la FIFA, nous avons parlé directement avec les clubs. Ils nous ont montré les documents qui justifiaient que cette quarantaine était imposée par l’Etat. Vous savez que le Bénin en la matière a fait exception. Nous gérons la Covid, je le dis très humblement, avec beaucoup d’intelligence. Il y a des pays qui préfèrent faire de la quarantaine, faire du confinement, faire de l’isolement même quand on n’a pas de cas positif confirmé. Malheureusement, cela a joué sur nous.

Subvention aux clubs

C’est une situation difficile. Et en tant que ministre des sports, comprenez bien que je suis le premier à être inconfortable avec cette situation. C’est une situation qui est mondiale. Et nous avons malheureusement dans l’intérêt des joueurs eux-mêmes, dans l’intérêt de tout le mouvement sportif, puisque les sports étant des occasions de contact, décidé de ne pas laisser faire. Le gouvernement a pris la décision de tout arrêté, il y a quelques mois maintenant. Et évidemment, cela a perturbé tout le monde. Même dans les clubs, toutes les disciplines, on voit bien que cette situation perturbe tout le monde. Je comprends la situation des joueurs, des athlètes de toutes les disciplines, des fédérations, je la connais, je la partage. Nous sommes en train de travailler et je crois qu’assez vite nous allons retourner à la compétition. Il y a des enjeux internationaux qui arrivent. Il y a les jeux olympiques, il y a des compétitions. Nous avons besoin que nos différents sportifs toutes disciplines confondues retournent à l’entraînement, retournent en compétition. Nous sommes en train d’y travailler. Nous allons ouvrir la saison sportive prochaine avec aujourd’hui, un protocole qui a été validé avec le ministère de la santé. Je sais que c’est difficile. Mais c’est une situation particulière.

Est-ce que les clubs ont reçu des subventions cette année. Non. Pas encore. Mais ce n’est pas cela qui explique tout. Normalement la subvention est contribution à leurs efforts. Les fédérations sportives font de leur mieux. Je sais que parfois sur leurs propres économies ils se mobilisent. Ils essaient de tenir. Mais vous savez que même quand nous ne sommes pas en crise sanitaire, même quand l’État ces subventions en place les ressources ne sont jamais suffisantes. C’est aussi l’une des raisons pour lesquelles nous avons fait cette réforme qui rendait le payement des salaires obligatoires et l’opération des clubs professionnels obligatoire par des sociétés sportives. Donc je veux dire aux sportifs de toutes les fédérations et à tous les responsables de fédération qu’ils savent que nous avons depuis 2016, entamé une bonne marche, que nous avançons à petit pas. Et qu’ils savent que sur ce point, ils peuvent nous faire confiance. Qu’ils gardent leur calme. Nous allons faire le nécessaire pour un retour rapide à la compétition et surtout pour que chacun commence à vivre de ce qu’il fait.

Ces problèmes économiques ne font-ils pas courir le risque de dispersion des effectifs. Qu’envisagez-vous faire pour soutenir les sportifs ?

Ce que nous envisageons sera mieux que tout ce que les autres pays ont proposé. Réduction de taxe et d’impôts. Ça veut dire qu’il y a des pays où les clubs payent les taxes et les impôts. Au Bénin ici, ce n’est pas le cas. Pour l’instant, nous sommes en association basée sur la loi 1901. Ce que nous leur disons aujourd’hui, c’est qu’à partir de la saison prochaine, toutes disciplines confondues et nous allons le faire progressivement, il faut que nous soyons en société sportive. Si par exemple nous étions déjà en société sportive, on peut envisager effectivement des mesures parce que chaque club est opéré par une société qui est connue. On peut s’asseoir et on peut en parler. Aujourd’hui nous connaissons les dirigeants des clubs des différentes disciplines nous parlons avec eux. Nous faisons le nécessaire avec les fédérations. Ce que je veux dire, une fois encore, c’est que tout le monde a vu à quel niveau étaient les subventions en 2016; à quel niveau sont les subventions au jour d’aujourd’hui. Les gens qui sont passés à 10 fois ce qu’ils percevaient par le passé. Ce n’est donc pas au régime du Président Talon, ce n’est pas à ce gouvernement qu’on fera le procès de ne pas soutenir les fédérations, de ne pas soutenir des sportifs. Je crois que nous avons très humblement apporté la preuve. La Covid 19 est un drame pour toute l’humanité. Ce n’est pas responsable de laisser continuer les compétitions alors que nous savons qu’il y a un risque de contamination. Et donc, il fallait que nous maîtrisions la situation. C’est ce que nous avons pris le temps de faire. Aujourd’hui nous avons une encore validé un protocole avec le ministre de la santé par lequel nous pensons que la saison pourra reprendre. Même dans les pays qui ont repris, vous l’avez vu, parfois à quelques heures d’une rencontre, la rencontre est annulée parce qu’il y a des cas qui ont été testés positifs. C’est une situation difficile que nous gérons avec beaucoup de sérénité et de responsabilité.

Parlant des effectifs des clubs, je crois que la plus part ont maintenu leur effectif.

De quoi vivent ces joueurs ?

C’est très difficile pour eux. J’ai envie de vous dire même quand il n’y avait pas Covid de quoi ils vivent. Vous savez qu’en la matière je suis un gros défenseur des joueurs. Même quand nous sommes dans une saison normale, la plus part des acteurs des différents clubs, des différentes fédérations ne fixent pas le revenu des sportifs. Ils ne garantissent pas le revenu des athlètes. C’est l’une des questions majeures qui fait que nous ayons forcé un peu la main pour faire cette réforme. Donc j’imagine. Si en temps normal les salaires ne sont pas garantis, ce n’est pas pendant qu’il y a une crise sanitaire que les gens vont mieux se porter. Mais ce que je veux dire aussi aux dirigeants sportifs, c’est qu’il faut avoir du cœur. Il faut savoir que ces joueurs sont des êtres humains. Et qu’ils ont besoin d’entretenir leur famille. Je sais que ce n’est pas facile et que si on était en activité ils auraient fait l’effort.

Peut-être qu’avec les subventions ils auraient fait d’avantage…

Évidemment. La subvention ne couvre pas tout. Nous ne manquerons pas de donner nos subventions. On parle de les accompagner comme nous l’avons fait. Et je dis une fois encore qu’ils peuvent le témoigner eux-mêmes. En attendant les subventions, je reconnais les efforts qu’ils font. Mais quand on est dans une situation difficile, tout le monde doit comme le dit le chef de l’État, serrer la ceinture.

L’État a quand même donné la subvention dans d’autres secteurs comme le tourisme….

Vous avez absolument raison. Et si vous vous renseignez dans le milieu, vous allez constater que le ministère des sports a pris l’initiative de demander à toutes les fédérations de donner la liste des différents sportifs qui sont licenciés. Je veux remercier les fédérations qui ont transmis les listes. D’autres ont demandé qu’on leur remette l’argent que c’est à eux de donner aux athlètes etc. Je veux dire que c’est une situation qui est vraie, sérieuse. Je soutiens et je suis solidaire de la situation des sportifs, des différentes fédérations et je veux leur dire de tenir encore. Nous allons faire le nécessaire out que tout ça soit réglé.

On peut espérer la reprise des activités pour quand ?

Je confirme que la prochaine saison sportive aura lieu. Toutes disciplines confondues, elle démarre suivant un calendrier qui sera rendu public d’ici là. Parce que nous devons reparler avec chaque fédération.

Nous mettrons les ressources en place pour soutenir le démarrage de la saison, pour soutenir le retour des joueurs en compétition, pour soutenir leur soulagement économique. Nous soutiendrons comme d’habitude les dirigeants des différentes associations, les dirigeants des différentes fédérations. Le sport va recommencer. La compétition va recommencer dans le respect des nouvelles mesures du protocole sanitaire, parfois sans public ou avec un public mais distanciation port, du masque obligatoire. C’est une question qui est sérieuse. Vous imaginez le drame pour nous si nous faisons une reprise de saison et qu’à l’occasion on a beaucoup de gens qui sont contaminés

Il y a le dépistage, les gestes barrières

Oui. Mais en même temps, il faut pouvoir le faire. Il faut pouvoir le faire respecter par tout le monde. Il faut surtout éviter qu’une seule personne contamine une trentaine parce qu’il y a un match ; parce qu’on transpire ; parce qu’on a du contact. Vous savez aujourd’hui que le Bénin a réussi à éviter l’hécatombe dans la gestion de cette crise. Mais ce n’est pas une raison pour croire que nous sommes trop solides. Il faut préserver chacun. On ne connaît jamais les antécédents sanitaires. C’est un malheureux virus. Nous avons le devoir de protéger tout le monde de la communauté sportive. En tout cas, je veux rassurer tout le monde, les sportifs, les encadreurs techniques, les responsables des clubs, les responsables des fédérations, le comité olympique dont le président est d’ailleurs un très grand ami à moi, que les choses vont reprendre et de très belle manière.

Monsieur le ministre pour les compétitions de catégorie d’âge il y a souvent les questions de tricherie sur les âges des joueurs. De quels moyens dispose le Bénin pour prévenir le mécanisme de détection des fraudes par exemple ?

Oui, un mécanisme désormais obligatoire qui, d’ailleurs, a fait des résultats il y a quelques jours. Vous vous souvenez que nous avions fait faire une contre-expertise la dernière fois et dont les résultats une fois encore disait que les joueurs étaient éligibles et par la suite, là-bas à Niamey, ils ont été disqualifiés. Nous avons pris les mêmes dispositions. Sauf que cette fois ci, nous avons changé de centre puisque un centre qui nous dit que les gens sont éligibles et après les gens ne le sont pas, on ne peut plus leur faire confiance. On a changé de centre. Quand les joueurs ont été présentés et ça, je veux le dire, ce n’est pas l’Ufoa, ce n’est pas la CAF. C’est le Bénin lui-même qui a mis en place son dispositif de vérification malgré l’authenticité des actes de naissances, malgré les engagements que les parents ont pris nous avons fait vérifier et il se trouve que sur ce qu’on appelle l’âge osseux, certains joueurs n’étaient pas dans la norme et on les a sortis. Je veux le dire formellement. Il n’y aura plus jamais tricherie en la matière le bénin aujourd’hui a mis en place un dispositif qui n’est pas un dispositif d’entrer en compétition. C’est un dispositif interne depuis la phase de sélection de nos équipes. Lorsque les encadreurs techniques ont fait un travail de pré sélection, nous allons vérifier si les joueurs sont éligibles en dehors du fait qu’on demande de produire obligatoirement le volet numéro 1 qui atteste de l’âge, de faire prendre des engagements par les parents.

Pour des enfants qui sont censés avoir 17 ans, on a quand même moins de cas de personnes qui sont nées vers. Ce qui se passe, c’est que, très honnêtement, il y avait une mafia avant. Il y a un système qui partait des élus qui pouvaient délivrer des actes jusqu’au sommet. En fait on savait très bien que les gens étaient âgés, mais on voulait le résultat sportif et on forçait pour faire jouer des gens qui ont dépassé l’âge. C’est aussi parce qu’il n’y avait pas de logique de formation. Vous voyez ? On avait des équipes juniors ou cadettes qui étaient composées des jeunes qui jouaient dans le championnat qu’on connaissait depuis très longtemps et tout le monde savait qu’on leur avait réduit l’âge, même le public qui était assis au stade savait. Les joueurs reconnaissent leur parents et il y en a qui étaient même déjà parents d’autres enfants mais qui ont moins de 15 ans. Ça c’était avant. Aujourd’hui, ces choses-là n’existent plus au bénin et n’existeront plus. Ça je veux que tout le monde soit rassuré. Même si le bénin doit encaisser 50 buts à 0 chez les U17, même si on doit se faire battre 100, 150-0 chez les U20, je préfère que nous passions la période où nous allons faire ça, mais que nous construisions par les programmes que nous mettons en place dans les communes dans les écoles et que d’ici quelques années, nous ayons vraiment des gens qui ont vraiment moins de 17 ans quand on dit les U17 et vraiment moins de 20 ans quand on dit U20. De toute façon, avec le Ravip, avec les dispositifs qui sont en place aujourd’hui où nous nous vérifions systématiquement tous les joueurs, je crois qu’il y aura plus de tricherie. Et je le dire aux Béninois si nous mettons des enfants qui sont frêles sur le terrain parce qu’ils ont l’âge requit, il ne faut pas qu’ils s’en insurgent. On ne trichera plus même si on perd des matchs. Le moment vient où, si on travaille, on met en place un bon dispositif de formation à la base comme dans les pays qui ne trichent pas, on aura des équipes compétitives.

Ne faut-il pas aussi envisager un fichier national des joueurs locaux comme le fichier électoral par exemple… ?

J’ai le sentiment madame que vous avez des informateurs au ministère. Nous avons envisagé cela. Mais je ne voulais pas le dire maintenant. Les politiques que nous mettons en place aujourd’hui permettent un suivi du joueur depuis sa première licence. Il n’y aura plus des joueurs qui apparaissent du jour au lendemain et qui ont moins de 17 ans, moins de 20 ans, qui arrivent avec un acte de naissance. Ce ne sera plus possible. C’est par le Ravip pour ceux qui sont ici ou bien par des vérifications sur l’authenticité de tout premier acte que nous allons désormais tracée chaque joueur. Et il y a un fichier qui va permettre que d’un club à l’autre quelle que soit la discipline, d’un club à l’autre, d’une saison à l’autre, nous puissions tracer le joueur de sorte à ce que quelqu’un qui avait 16 ans et à 4ans ne se retrouve pas à avoir 18 ans quatre ans après alors qu’il devrait en avoir 20. Ça c’est quelque chose qui se met en place et sur lequel, je pense que le Bénin montrera une fois encore l’exemple aux autres pays africains.

Quelles sont les sanctions qu’encourent les clubs épinglés ou est-ce que ce sont juste les pays qui sont sanctionnés en cas de tricherie ?

Alors lorsqu’il y a des tricheries du genre à la phase de vérification par la Caf ou bien pas les faîtières, c’est-à-dire avant l’entrer en compétition, en ce moment les sanctions c’est la disqualification, c’est parfois des amendes. Ce que nous avons fait aujourd’hui c’est que, avant même d’aller à ce niveau, nous-mêmes nous dépensons nos ressources pour nous assurer que les gens sont éligibles. L’IRM pour les joueurs et vous imaginez autant de joueurs, parce que, à chaque fois qu’il y en a qui sont on les sort et on apprend d’autres. Ça coûte quand même de l’argent mais nous avons fait ce choix pour que notre pays ne soit plus jamais humilier à l’international. Ce dispositif est désormais à l’intérieur du dispositif béninois. Nous le faisons dans les mêmes centres certifiés que les centres qu’utilisent les faîtières de sorte nous à nous assurer que le résultat sera correct et que nous n’allons pas vivre ce que nous avons vécu la dernière fois où, un centre béninois nous a confirmé des résultats et malheureusement sur place, on nous a dit que ces personnes n’étaient pas éligibles.

Au nombre des réformes du gouvernement dans le secteur sportif, il est question de professionnalisation du football mais les associations sportives est à but non lucrative vivant de lègue, don, subvention par exemple, la chatte d’espoir les autres textes du domaine datant de la période révolutionnaire, monsieur le ministre est-ce que vous pensez que le cadre juridique actuel permet cette professionnalisation du football ?

Le cadre juridique actuel ne le permet pas totalement. Et il faut le reconnaître ce cadre juridique est aujourd’hui en train d’être réformé sous la conduite du président du comité olympique et d’un certain nombre d’espère que nous avons sollicités. Ils vont rendre leur résultat bientôt. Je pense que ce qui sortira de leurs travaux sera vraiment quelque chose d’exceptionnel. Je n’ai pas encore eu une restitution formelle, mais ce que j’entends, ce que je vois, ce qui se fait dans ce comité de très haut niveau composé de grandes sommités que je remercie encore et que je prie les Béninois de célébrer et bien sera un résultat, vraiment qui mettra définitivement le pays sur orbite.

Cela étant, il y a des choses qu’on peut faire sans attendre le cadre juridique. Une charte c’est un ensemble de textes qui organise tout le mouvement sportif. Il y a des décisions qu’on peut prendre, des mesures qu’on peut prendre par voie réglementaire. Il y a des urgences. Aujourd’hui au Bénin, ce n’est pas seulement la professionnalisation du football, d’ailleurs, c’est la professionnalisation des sports en général. Aujourd’hui personne parmi les sportifs que vous voyez n’a de façon formelle et ferme un contrat qui le lie à une structure qui est elle-même qualifiée pour avoir des contrats. Les associations sportives au Bénin sont sur la base à de la loi 1901. Et dans les statuts des associations c’est écrit à but non lucratif. Mais ces associations achètent et vendent des joueurs. Ils transfèrent les joueurs. Logiquement, on ne devrait pas. Deuxièmement, il nous arrive de dire tel a vendu son club. En vérité, on ne peut pas vendre une association. On peut la dissoudre ou en renouveler l’organe dirigeant. Mais nous entendons dire tel a vendu à tel. Le modèle par lequel on peut vendre, c’est le modèle que nous la proposons aujourd’hui. C’est un modèle par lequel l’association qui est affiliée à une fédération et qui détient un numéro d’affiliation signe une convention avec une entreprise qui forme une société sportive donc dans le but est d’opérer un club professionnel toutes disciplines confondues et par cette convention, l’entreprise, la société sportive, opère par le numéro d’affiliation de l’association de base. Au Bénin, nous avons fait quelque chose d’extraordinaire. C’est que nous disons que les sociétés sportives prennent en main la partie professionnelle et donc garantissent désormais comme dans une entreprise le salaire des joueurs, des entraîneurs, le financement de la saison et les associations restent dedans, gardent la partie amateur qui en fait, est celle qu’elles font aujourd’hui (la partie formation, la partie catégorie des jeunes) et nous avons dit jeunes et promotion du sport féminin dans les disciplines où ce n’est pas fort de sorte à ce que l’entreprise soit obligée de financer l’association pour prendre en main la partie amateur. Ce que nous faisons va définitivement garantir que tout sportif quelle que soit la discipline la fédération le club où il se trouve, a un revenu minimum, que toute fédération organise sa discipline de façon méthodique, que tout club, toute association qui s’engage dans le championnat professionnel a un budget qui est couvert. En vérité, c’est déjà quelque chose qui se fait difficilement sans organisation. Ce sont des mécènes, des personnes de bonne volonté et qui payent de leur poche. Aujourd’hui, on veut structurer cela. Le modèle est fait pour qu’ils puissent également en tirer profit. Parce que désormais, d’une saison à l’autre, on pourra faire des transactions de joueurs, on pourra prendre des actionnaires dans les clubs et ceci de façon transparente, dans le respect des lois.

Monsieur le ministre, il est question également des que les entreprises doivent payer. Est-ce que il y a déjà un début de paiement de ces taxes ?

Oui, le gouvernement du Bénin a pris une mesure extraordinaire qui dit que les grandes entreprises, donc celle qui ont un chiffre d’affaires supérieur ou égal à 1 milliard de francs Cfa, contribuent obligatoirement à hauteur d’un pour mille de leur chiffre d’affaires hors toute taxe au financement du sport. Et nous l’avons dénommé taxe de développement du sport. Le but n’était pas pour l’Etat de collecter de l’argent. Le but était de montrer que désormais les entreprises contribuent à la promotion du sport et surtout d’inciter les entreprises à opérer par elles-mêmes, des clubs professionnels puisque nous avons dit si une entreprise opère un club professionnel, elle est exemptée du paiement de cette taxe. Mais je dis qu’au titre de cette taxe nous avons collecté environ 4milliards de francs Cfa. Ça veut dire que si nous mettons en place les sociétés sportives, il y a d’une façon ou d’une autre des ressources qui, aujourd’hui sont versées directement obligatoirement par les entreprises à l’Etat, évidemment dont l’Etat se sert pour construire les stades et autres, mais qui peuvent dans le cadre des conventions être versées directement aux associations. Et donc allé au bénéfice des clubs, des sportifs qui seront payés, aller au bénéfice des encadrements techniques qui, désormais, seront payés. Nous savons que quand il y a de la ressource, quand il y a un revenu garanti, la performance sportive s’observe tout de suite. Nous pensons que c’est un modèle qui marchera.

Le volet infrastructure : construction de 22 stades omnisports communaux que peut-on dire deux ans après le lancement de la première phase de ce projet puisque vous étiez en tournée d’inspection récemment ?

Fin novembre, c’était effectivement le délai contractuel de départ. Visiblement le plus dur est derrière nous. Nous avons passé les 75 ou 80 % de taux d’exécution sur l’ensemble. Il n’y a pas de stade qui soit en deçà de cela. Il y en a qui sont déjà à 90 ou 95 %. Il est évident que le délai contractuel rigoureux de fin novembre ne sera pas tenu. J’ai regardé moi-même les stades de près. Il y a encore des travaux de finition. Mais la bonne nouvelle, c’est que tout ce qu’il faut pour finir les stades est au Bénin. Il n’y a plus d’éléments à importer par aucune entreprise. Donc, il n’y a plus d’excuse liée à la Covid. Tout est déjà sur le terrain, sur les différents sites. Il y a le temps pour laisser par exemple certains aspects des travaux aller à leur maturité. Quand ils font un béton, ils veulent attendre 28 jours. Il y a des petits détails comme ça. Vous savez également que nous sommes très exigeants sur la qualité. C’est la marque de fabrique de notre gouvernement. Sur ce plan, aussi je dois avouer que nous avons poussé les entreprises dans le dos et nous sommes aujourd’hui en train d’aller vers ce que j’appellerais la phase de finalisation de ces stades avec la certitude que toutes les prescriptions techniques sont respectées. Alors, globalement comme on l’avait annoncé ces 22 stades seront livrés pour le quinquennat actuel qui finit je crois au moins d’avril.

Vous savez que nous travaillons avec beaucoup de précision que, moi-même, j’étais en tournée sur le terrain, que nous mettons la pression aux entreprises mais je ne veux pas non plus dire aux béninois des choses qui ne sont pas justes. Aujourd’hui je pense pour le regard que j’ai, ma petite expérience que j’ai à force de travailler avec ces entreprises qu’il nous faut encore un, deux, trois bons mois pour des stades finis totalement. Et quand je dis «finit» c’est vraiment nettoyés et que tout est propre. Ce n’est pas qu’on a fini de gros œuvres. S’il s’agissait de faire de faire des inaugurations fantaisistes aujourd’hui, vous l’avez vu. Les images sont là. On peut inaugurer les stades. Mais ce n’est pas notre façon de travailler. Nous voulons vraiment que tout soit terminé ; que tout soit net. Je rappelle que ce ne sont pas des petits stades. Ce sont des stades aux standards internationaux. Et pour construire ça, il faut quand même du temps. Nous avons été très optimistes en fixant les délais contractuels. Deux ans, c’est quand même assez serrée pour la qualité que nous-mêmes, nous avons exigé. Ce n’est pas évident. Les entreprises ont pris beaucoup de retard. Il y a eu beaucoup de négligence de la part des entreprises. Mais aujourd’hui, nous leur mettons la pression et je pense qu’elles ont intérêt à délivrer. De toute façon, nous appliquons les sanctions. Nous avons dit que si les entreprises ne délivrent pas, elles seront blackistées. Nous allons faire un plaidoyer pour qu’elles n’obtiennent plus de marchés de construction au Bénin. Et je pense qu’elles l’ont bien compris. Elles mettront ce qu’il faut en place pour finir.

Ado Fm et Ado Tv devraient devenir une chaîne sportive. Est-ce que c’est bien le projet ? C’est un média sous la tutelle de quel ministère ?

A l’heure où je vous parle Ado Fm et Ado Tv sont bel et bien sous la tutelle du ministère des sports, comme ça a été le cas depuis plusieurs années même si par le passé il est arrivé que sur certains aspects, les différents ministères (sport, santé et communication) contribuent à l’action. A ce que je sache, Ado Fm et Ado Tv n’ont jamais été sous la tutelle d’un autre ministère si ce n’est celui, à l’époque en charge de la jeunesse et des sports aujourd’hui ministère des sports. Deuxièmement, nous avons en conseil des ministres adopté récemment les statuts du Cmajb et qui depuis longtemps n’avait pas de statut. Jamais le décret portant attributions organisation et fonctionnement du centre multimédia des adolescents, des jeunes du Bénin n’avait été adopté. Cela a été fait et le président a bien voulu l’accorder ; le gouvernement a bien voulu le valider, c’est une bonne chose. Le projet quant à lui, s’est poursuivi entre temps. Il y a une bonne équipe de jeunes qui a pris les choses en main et qui est en train de faire cette transformation. Ce que nous n’avons pas encore fait, c’est le rubranding de cette chaîne. Nous n’avons pas fait un coup d’arrêt et un nouveau lancement. Toute la partie marketing, on l’a pas encore fait mais pour ce qui est grille des programmes ; pour ce qui est orientation thématique, sport, aujourd’hui cette chaine est déjà en train de faire. Vous savez que la dernière fois aux côtés de l’ORTB que je remercie, ils ont également retransmis le match. Aujourd’hui, ils sont présents sur les activités sportives. Et vraiment cette transformation se fait ; ce projet se fait bien. Mais nous conviendrons d’un moment pour pouvoir faire la partie marketing qui est celle de lancement officiel de la chaîne.

Quand vous allez transformer Ado Fm et Ado Tv en chaine sportive qui va y travailler ?

Nous allons mixer. Ce n’est pas parce qu’on fait une réforme qu’il ne faut pas tenir compte de ce qui était là et qui était bien. Quand on réforme, il faut réformer pour enlever ce qui est mauvais et c’est ce que fait notre gouvernement. Donc dans ce cadre les équipes seront mixtes. Il y aura évidemment des professionnels confirmés mais jeunes et vous le savez que nous y tenons beaucoup ; puis nous donnerons bien évidemment des chances aux débutants, aux stagiaires de venir se faire la main. Je sais que beaucoup des journalistes sont passés par Ado et donc il faut garder cet esprit formation ; cet esprit première chance.

Que ferez-vous du volet éducation et sensibilisation de la jeunesse qui était au départ ? Est-ce que le ministère des sports dans cette modification va devoir gérer une chaîne publique justement d’information même si elle est sportive ?

Non. Nous n’avons pas la prétention de gérer une chaîne publique d’information au sens de l’Ortb, au sens de la radio ou de la télévision nationale. Mais le volet sensibilisation, nous ne le sortons pas parce que c’est nécessaire. Si nous rassemblons autour de cette chaîne des jeunes qui y viennent pour regarder du sport pour garder des choses qui les intéressent et il faut en profiter pour continuer à faire cette sensibilisation qui elle aussi est importante. Donc c’est quand même un volet qui va être maintenu mais c’est un choix de transformation thématique qui est a fait en préservant l’existant qui était bien.

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