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Tourisme Doukonta, le village de l’hippopotame

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON
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Doukonta est un village de l’arrondissement de Lokossa. Il dispose d’une ressource halieutique assez rare, objet d’attraction : un géant hippopotame que des touristes accourent de partout pour contempler de visu.

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON

Il ne faut pas penser qu’il n’existe que dans les films et documentaires. L’hippopotame est un animal réel. Au Bénin, il peut être vu et approché de près à Doukonta, une petite localité située à Lokossa. Le milieu dispose d’un lac propice, le ‘’Doukon’’ dans lequel la bête vit. Doukonta lui doit son intégration dans le Circuit touristique du Mono (Cirtoum), un projet initié par le Groupement intercommunal du Mono (Gi-Mono). Pendant qu’il règne en maître dans son refuge aquatique, la bête est représentée à l’entrée du village, près de la voie d’accès à la berge. Sur une fondation de près d’un mètre de hauteur, le gigantesque hippopotame inanimé, sculpté en béton accueille tout visiteur. Deux grosses mâchoires ouvertes laissant voir sa langue rouge, les yeux écarquillés, oreilles dressées sur le crâne, deux dents incisives…tout donne à l’animal, l’apparence d’une bête enragée prête à bondir sur une proie. « La sculpture de l’hippopotame élève notre village. Nous en sommes très contents », salue Wanou Dossa, principal guide touristique. L’œuvre réalisée sur financement de l’Union européenne, porte la signature de l’artiste Lucien Nontchéwènanmi Klo. D’un coût d’environ cinq cent mille francs (500 000F), elle prouve quelle place ce mammifère occupe dans la vie de Doukon. La présence de l’hippopotame est, en effet, ce qui donne renommée et visibilité à la localité. Une richesse touristique que tout ressortissant brandit en premier. « C’est grâce à l’hippopotame que notre milieu avance. Blancs comme Noirs accourent ici pour le voir », témoigne une habitante.

Le guide Wanou Dossa connaît parfaitement les mouvements de l’animal, notamment les heures à laquelle il sort la tête, moment prisé et très recherché des visiteurs. « Très tôt le matin, autour de 6h ou 7h du matin », sert-il à Pacôme Comlan Alomakpé, gestionnaire du patrimoine culturel et chargé de programme du projet Cirtoum, venu ce jeudi 9 septembre là, s’assurer des derniers réglages en prélude à la descente d’un groupe d’expatriés. Quant au flux des touristes, le guide avance le chiffre de cinquante personnes environ par mois. Ce qui, précise-t-il, peut bien sûr varier suivant les périodes.

Antécédents et défi

Entre Doukonta et les hippopotames, une histoire d’amour pourrait-on conclure. L’actuel pachyderme n’est pas la première à s’installer dans ce village. « Un hippopotame avait vécu ici aux temps de nos grands-parents avant de mourir lorsque le lac s’est asséché. Le lac s’est restauré après et ne s’est plus jamais asséché. Le barrage de Nangbéto a fait fuir deux hippopotames (mal et féminin) jusqu’ici. Au départ, ils ont parcouru des champs et détruit beaucoup de cultures. Mais ils ne sortent plus du lac », raconte Wanou Dossa. Un seul mauvais souvenir revient dans la cohabitation avec les hippopotames. Il s’agit de la mort d’une femme enceinte, un matin sur la voie de Lokossa. « La femme et son mari avaient la malchance de croiser les deux bêtes qui retournaient au lac après une promenade. Elles les ont pourchassés jusqu’à atteindre la femme qui a perdu la vie sous un coup de tête de l’animal », apprend le guide.
Qu’arrivera-t-il si le seul hippopotame du lac s’éteint ? « Doukon aura perdu un symbole, une grande attraction ». Pacôme Comlan Alomakpé le redoute et y pense d’ores et déjà. Il ne faut pas que l’histoire de l’hippopotame à Doukon se conjugue un jour définitivement au passé. « Il urge alors d’introduire de nouvelle espèce, un autre hippopotame dans le lac », suggère le gestionnaire du patrimoine culturel. A ce prix, il sera bâti à Doukon une économie touristique durable autour des hippopotames. Telle est d’ailleurs la vision de Gi-Mono avec la construction des latrines, une vaste paillotte de détente et l’aménagement de la voie d’accès au lac en vue d’offrir des conditions confortables aux visiteurs.

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