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Le chrétien de dimanche s’endimanche ! [Opinion de Chidiaque Guézo]

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON
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À quelle procession de luxe n’assistons- nous pas les dimanches ? Pour vous en convaincre, faites un tour sur nos paroisses ! Il suffit de vous pointer au portail d’une église pour voir combien les chrétiens tirent à quatre épingles. Les uns viennent au culte en pantalons noirs ou de velours assortis de chemises toutes blanches telle la neige en chute. L’ensemble est souvent corsé d’une cravate noire au cou du porteur comme une pendeloque. Une ceinture noire à l’image d’une parure vient leur ceindre les reins. Il vous suffit de dresser un peu vos oreilles pour entendre comment les chaussures crient à tue-tête en dessous des pantalons : klákló akwé cè wè xo, klákló akwé cè wè xo  (Écoutez les cris de mes chaussures, je les ai payées cher). Même à un kilomètre, vous pouvez déjà voir, tels des éclairs, les plis donnés aux habits, sous l’emprise du repassage. Les uns, en bazin de qualité toute exceptionnelle, se donnent l’air de chrétiens sérieux. D’autres s’habillent de façon recherchée : pantalons de tergal aux plis impeccables, chemises de lin, et souliers en cuir. Ils marchent à pas rassurés, la tête droite et paraissent fiers d’eux-mêmes.

Et lorsque le vent plaque l’étoffe portée par ces chrétiennes de dimanche, on voit en filigrane les lignes dessinées par la ceinture des perles (une denrée que certains aiment délecter au détriment de la prédication) qu’elles ont portées à mi-corps. Leurs toilettes remarquables, empreintes de morgue, tendent à renverser la foi du prêtre ou du pasteur qui dirige la messe.

Une autre cohorte (les filles) s’habille en mini-jupe avec des chemises bien cousues et taillées selon le corps de la porteuse. D’autres, encore, portent des robes moulantes et décolletées qui mettent en valeur  leur masse corporelle. Tous les regards se braquent aussitôt dans leur direction. C’est comme si chacun les attendait. Ainsi, elles troublent l’adoration ou la prédication qui était en cours pendant qu’elles rentrent dans la chapelle. Dans leurs démarches fières, allègres et chaloupées, elles dévoilent, à travers leur sourire, des rangées de belles dents éclatantes et éblouissantes. Leurs chevelures extravagantes viennent couronner l’ensemble. Les rouges et huiles à lèvres, à leur tour, brillent comme des étoiles au ciel. L’effluve des parfums et l’odeur odoriférante des pommades qu’elles ont passées au corps environnent la chapelle, font monter dans l’air de suaves senteurs et ne laissent personne indifférent. Et lorsque le vent plaque l’étoffe portée par ces chrétiennes de dimanche, on voit en filigrane les lignes dessinées par la ceinture des perles (une denrée que certains aiment délecter au détriment de la prédication) qu’elles ont portées à mi-corps. Leurs toilettes remarquables, empreintes de morgue, tendent à renverser la foi du prêtre ou du pasteur qui dirige la messe.

Quand l’heure vient de donner les quêtes ou de prendre la communion, c’est précisément en ce moment que le chrétien ou la chrétienne de dimanche se redresse ostensiblement, se pavane à pas de majorette pour prendre le pain divin. Eh bien, C’est le moment de l’étalage de luxe, de défilés de mode où ces chrétiens ou chrétiennes marchent posément comme les rois du Danxomè aux prestiges incommensurables ! Au cours de la communion, ces chrétiennes infâmes déconcentrent les autres,    attirent l’attention de tous sur elles, incitant sans le savoir, peut-être, le prêtre, ou le pasteur à désirer le tabou originel. Aussi invitent-elles,  par ricochet, leurs pairs (frères en Christ) au carrefour de Cupidon. L’heure n’est-elle pas à un désarmement comportemental dans le rang des jeunes ? Les valeurs cardinales, telles la vertu, la probité, le bon sens ont cédé à la désinvolture, le libertinage qui tournent en roue libre. Nous trouvons inutile de rappeler avec Chinua Achebe que « le monde s’effondre ». Expressément, nous ajoutons … Et les valeurs éthiques s’effritent ! Nous avons donc la formule « chidiaquiste »  suivante: « Le monde s’effondre et les valeurs éthiques s’effritent ! ». Les enfants, les femmes, les hommes et même les vieillards, vivent tous dans une léthargie notoire qui risque de nous faire dormir du sommeil des anti-valeurs. L’homme de lettres et journaliste, Juste Hlannon, nous dira que « La société est dépourvue de modèles, de repères ! Il y a de quoi être anxieux pour la postérité ». L’Être meurt et nous assistons à la dictature du paraître.

Nous sommes « au siècle de l’image où la culture du ” m’as-tu vu ” se pérennise », constate, malheureusement, Juste Hlannon. Le pire, c’est que les chrétiens de dimanche ne craignant même plus le sacré , s’embrassent, s’entrelacent et presque font l’amour sur les lieux de culte.

En définitive, le chrétien de dimanche s’endimanche parce qu’il veut conquérir un cur. Il sait que mademoiselle X ou Y viendra à la messe, et donc, il doit mieux paraître, bien s’habiller au point d’éveiller, de réveiller en elle une émotion particulière : c’est pourquoi, mon chrétien de dimanche s’habille en dandy c’est-à-dire avec une extrême élégance. Ma chrétienne de dimanche s’endimanche parce que l’église est devenue un lieu de rencontre de libidineux éhontés. Leur vu est de prendre tel ou tel garçon au piège de leur charme. Aujourd’hui, les jeunes vont à l’église lorsqu’ils ont cousu de nouvelles tenues, de nouveaux pagnes. Ils vont au culte lorsqu’ils changent de look. Et si, à la sortie du culte, vous demandez aux chrétiens de cet acabit, l’évangile du jour, ils seront infichus de vous la  rappeler. Combien de ces chrétiens sont en odeur de sainteté avec l’évangile qu’ils écoutent à l’église ? Combien, parmi eux, mettent-ils en pratique les préceptes, recommandations du livre Saint? Les actes qu’ils posent ne riment pas souvent avec leur vie chrétienne. Le chrétien ou la chrétienne de dimanche va à l’église pour un programme spécial que vous savez d’ores et déjà. Nous sommes « au siècle de l’image où la culture du ” m’as-tu vu ” se pérennise », constate, malheureusement, Juste Hlannon. Le pire, c’est que les chrétiens de dimanche ne craignant même plus le sacré , s’embrassent, s’entrelacent et presque font l’amour sur les lieux de culte. C’est quoi la chose ? Quelle pudeur ! L’extraversion est un mal, qui de manière insidieuse, installe notre société dans la foutaise et le malaise..

Par Chidiaque GUEZO

Homme de Lettres, enseignant.

 

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Zounnon Daniel Diana décembre 19, 2021 - 1:24 pm

Vous ètes bon

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Samuel HONFO mai 2, 2022 - 7:02 pm

Bien inspiré,je vous encourage à décourager cette salle habitude.

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Kouakanou mars 15, 2023 - 10:43 pm

Vraiment c’est plus que vrai et cela est fort en catholicisme

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ANAGONOU T. Mario mars 16, 2023 - 5:48 am

Ces mots du Professeur GUEZO ne sont que des vérités proclamées avec hardiesse. Puisse ce texte appeler plusieurs chrétiens à l’ordre et au respect strict de la Parole de Dieu! Bientôt, Jésus revient !

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