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7ème projection Wà Cinéma : Réalité de l’insécurité et du trafic de la drogue au Mali avec le film Wùlu

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON
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Wùlu : 7ème projection du programme Wà cinéma‚ est un film du réalisateur malien Daouda Coulibaly. Il a été servi à 117 cinéphiles le vendredi 1er avril à l’espace culturel ‘’Le Centre’’ de Lobozounkpa, à Abomey-Calavi. L’œuvre est inspirée de faits réels. Et présente un touchant voyage dans les réalités de l’insécurité et du trafic de la drogue vécues.

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON

Dans l’obscurité diluée par les lampes, tous les regards convergent vers un écran géant en forme rectangulaire. Les images qui défilent sont celles du film Wùlu (2016) sur le Mali.

« Quand on suit le film on le vit, c’est une histoire très touchante. On voit de belles images. On voit des séquences qui parlent naturellement bien qu’il n’y ait pas de sons. Comme message : le bien facile n’apporte rien de bon, parce que l’épanouissement n’est pas là », retient le cinéphile Franklin Tohouégbon.

Avec le film Wùlu nous sommes précisément en 2012. Ce vaste pays sahélien a connu des scènes de terrorisme, la terreur des narcotrafiquants.

« Le réalisateur Daouda Coulibaly s’en est inspiré. C’est son premier long métrage qui retrace ces différents événements. Le film est donc inspiré de faits réels », précise Salinas Hinkati, coordonnateur du programme Wà cinéma.

Le film Wùlu‚ 7ème projection dans le cadre de ce programme montre la vie tragique de Ladji. Âgé de 20 ans, le jeune exerce un métier dont il ne vit pas : apprenti chauffeur (ou rabatteur) de taxi collectif à Bamako, il traîne comme un boulet l’ingratitude de son patron.

À la désillusion de ne pas obtenir la promotion longtemps rêvée‚ viendra s’ajouter la douleur de découvrir que sa sœur se prostitue pour survivre. Déclic douloureux qui l’excite à changer de profil. Ladji veut se une autre aventure. Destination : le trafic de la drogue. Comment ?

Le premier contact qui va l’y introduire a nom : Driss, un dealer de drogue à qui il a proposé ses services. En réponse‚ il lui confie la charge de convoyer jusqu’au Sénégal des cargaisons de cannabis et de cocaïne. Ladji accepte.

Dans cet univers où l’argent coule, les acteurs encourent tout. Ils sont contraints à se vêtir de discrétion, et être prêts à tout affronter. En zoomant sur les dangers, le réalisateur du film Wùlu déconseille tacitement ce milieu. Le fait même que des jeunes s’y retrouvent est une bombe pour l’État qui en est peu conscient.

Plus intéressant encore, ce sont les causes profondes de ce phénomène : Daouda Coulibaly montre que ces derniers ne s’y jettent pas de gaieté de cœur ; et que ce sont le chômage, la misère, et la mal gouvernance qui les y poussent.

« En gros, ce que j’ai ressenti c’est par rapport à l’acteur principal qui faisait de l’argent mais ne ressentait rien, aucun plaisir », constate justement Enock Noutché, monteur, cinéaste et un des cinéphiles.

 

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Le commerce illicite de la drogue, est en effet, un terrain fertile à toutes les exactions. Ce qu’illustrent les séquences violentes de Wùlu. Le public a vu des acteurs fumer de la drogue et pire encore, les moments sanglants d’échanges de tirs.

Ladji s’en est-il sorti ? La fin du film milite en faveur de la négative. Des beaux jours et les sombres ont été couronnés par un accident fatal. En usant de description et de satire, le réalisateur a réussi à décrocher la colère des cinéphiles. Ceux-ci découvrent non seulement un jeune basculer involontairement dans la délinquance. Mais aussi‚ ils sont offusqués de voir l’État malien récupérer l’ « argent sale » amassé par les narcotrafiquants pour l’injecter dans la politique.

Capables

« Notre objectif est de montrer aux cinéphiles les réalités du continent africain : des faits sociaux qui interpellent tout le monde. La question des narcotrafiquants n’est pas spécifique au Mali. Même dans notre pays le Bénin, il en existe. Nous nous sommes dit que c’est le moment de montrer aux usagers du Centre tout ce qui peut se tramer derrière. Quand on entend parler de narcotrafiquants, on ne sait pas toujours tout ce que cela implique».

Salinas Hinkati, coordonnateur du programme Wà cinéma justifie ainsi cette programmation. Donc nous avons montré un pan de cette réalité, en insistant sur son caractère répréhensible : on finit par tout perdre. Ladji, c’est à contrecœur qu’il a basculé dans ce trafic en vue de sortir sa sœur de la prostitution mais par finir, il a tout perdu », a-t-il récapitulé.

Démarré en mai 2021 et quelque peu perturbé par la crise du Covid-19‚ ce programme veut démontrer que « les africains sont capables » de belles réalisations cinématographiques.

En cela, tous les films retenus sont celles exemplaires en termes de qualité technique (son, images et montage). « Nous faisons attention à tout cela », rassure Salinas Hinkati. « À la maison nous avons l’habitude de regarder des films issus d’autres continents, en oubliant que nous sommes africains. En venant suivre un film de Wà Cinéma, soyez sûr que vous aurez droit à un film de qualité supérieur », martèle l’homme.

 

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En moins d’un an, des réalisateurs ou réalisatrices du continent, du Burkina Faso à la Mauritanie en passant par le Bénin, le Sénégal et le Mali, ont été à l’affiche. Les productions sélectionnées visent toujours à « conscientiser la population ». Après Wùlu, « Le Centre » convie les cinéphiles à la prochaine séance autour de « La nuit des rois » du franco-ivoirien Philippe Lacôte.

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