Home Actualité Fermeture du centre Fifontin Gbékoun : À la suite de l’Iniref, le laboratoire du Grad-Uac proteste

Fermeture du centre Fifontin Gbékoun : À la suite de l’Iniref, le laboratoire du Grad-Uac proteste

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON
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, le laboratoire du Groupe de recherche sur l’Afrique et la Diaspora (Grad) réagit également à la fermeture, pour non usage de la langue française, du centre Fifontin Gbekoun par le ministre des Enseignements maternel et primaire, Salimane Karimou à travers l’arrêté n° 076/Memp/Dc/Sgm/Ctaas/Ccj/Dpp/Dep/Sp en date du 24 mars 2022. Il estime qu’il s’agit d’une «malencontreuse décision » qui «  va complètement à contre-courant de toutes les recommandations de l’Unesco depuis 1953 et prend le pari de compromettre tous les efforts consentis par les chercheurs et décideurs du domaine, en Afrique comme en Europe pendant ces dernières décennies ».

 

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Le communiqué signé du professeur Augustin Ainamon, coordonnateur de la Formation doctorale des Etudes anglophones et directeur scientifique du Grad‚ évoque le rapport ‘’Loud and Clear’’ de la Banque mondiale du 14 juillet 2021 qui observe que « Trop d’enfants reçoivent leur instruction dans une langue qu’ils ne comprennent pas, ce qui est l’une des principales raisons pour lesquelles de nombreux pays ont de très faibles niveaux d’instruction. » Il rappelle alors aux autorités la conclusion « qu’il est essentiel de fournir aux enfants une instruction dans la langue qu’ils parlent au foyer pour éliminer la pauvreté des apprentissages (learning poverty) ».

Le communiqué inscrit, par ailleurs, cette question dans la problématique de la vraie indépendance. « Un pays comme les États-Unis d’Amérique, dont plus de 80% des fondateurs sont d’origine anglo-saxonne, après leur déclaration d’indépendance politique comme couronnement d’une guerre de décolonisation victorieuse, a éprouvé le besoin de passer par une seconde phase de libération, la libération linguistique ». À l’opposé, les intellectuels et dirigeants africains qui ont été en contact avec la culture européenne, assurent, eux, l’enracinement des structures politiques, économiques et sociales des métropoles coloniales dans leurs propres pays :

« Ils ont préféré accéder à des indépendances de pacotille et conserver leurs maîtres qui sont partis pour mieux rester. Ils n’ont en réalité ni indépendance politique, ni souveraineté économique et monétaire et encore moins solidarité et cohésion militaire. Ils n’ont évidemment aucune politique culturelle tenant compte de leur identité propre. Les fameux accords secrets avec l’ancienne puissance coloniale les ont enchainés pour une période apparemment encore indéterminée et ils semblent avoir souffert ensemble avec le même oppresseur pour rien », déplore-t-il.

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Le centre Fifontin Gbekoun est un centre de formation sise au quartier Djègbé à Abomey. Tout se fait en langue « Gbékoun », une écriture purement africaine faite d’un alphabet de 33 lettres dont 24 consonnes. Cet alphabet est à la fois syllabique et phonétique.

Intégralité du communiqué :
Communiqué du labo Grad Uac à propos de la fermeture du Centre FIFONTIN GBEKOUN

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON

 

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Nicephore DOSSOU-YOVO avril 13, 2022 - 4:10 am

Merci
Nous allons prier pour que le ministre donne un avis favorable au innovation béninoise.

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