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Coovi Raymond Assogba, sociologue, boologue : « L’inculturation, c’est une fuite en avant »

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON
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Dr Coovi Raymond Assogba est Maître de conférences des Universités du Cames. Il porte un regard critique sur le courant de l’inculturation dans l’Église catholique au Bénin. Le sociologue, anthropologue et responsable de l’Unité d’enseignement de « Boologie », y voit une duplicité, une ruse de plus pour dépouiller le vodun car « l’inculturation a comme prédicat : « la dernière parole revient à Jésus-Christ »‚ dénonce-t-il. Il soutient que la solution aux problèmes des chrétiens catholiques « ce n’est pas l’inculturation ».

Bénin Intelligent : L’introduction de cérémonies des Hoxo mais sous une version christianisée à l’Eglise catholique suscite actuellement l’indignation dans le rang des dignitaires du Vodun. Quelle est la position de l’universitaire et du porte-flambeau de la Boologie dans ce débat ?

Professeur Coovi Raymond Assogba : Comme vous, nous avons d’abord suivi la réaction de monsieur Koffi Aza, président du Conseil national des cultes endogènes du Bénin (Conaceb) et puis ensuite sur mon forum on a balancé l’élément du Père Justin Bocovo et puis j’ai lu les commentaires. Je pense que par rapport à cette situation qu’il y a polémique d’abord et ensuite scandale, et peut être une provocation.

Le responsable de la Boologie que je suis a une prise de parole à interférer avec la boule de neige que provoque l’annonce de l’Eglise catholique. La meilleure manière pour nous de nous prononcer est de rester au plan intellectuel, dans le domaine scientifique pour éclairer la population.

L’Eglise catholique est une institution. Le prêtre Bocovo a-t-il pris la parole sur instruction de l’institution ? On peut douter de cela. C’est pourquoi je parle de provocation. Et vous savez qu’en tant qu’institution, cette vidéo du Père peut aussi être une stratégie de tester en fait ce qui vient. Peut-être que la provocation ira à une systématisation de quelque chose, donc il faut s’attendre à beaucoup plus de vagues.

Le sujet concerne les rituels fait aux Hoxo, une institution du Vodun. Dans le pays Vodun, les Hoxo constituent une instance de sécurisation de l’ordre national, de l’ordre familial et même les Hoxo jouent une fonction économique pour ne pas dire politique.

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Il est reconnu que les Hoxo constituent une institution particulière dans les termes où les rituels se font au pays du Vodun et l’exclusivité est réservée justement aux Bokonon, Vodunnon et les Tanyninɔ qui ont la responsabilité de mener les procédures de ritualisation, et tout cela se fait à partir du Fa.

Donc il y a une procédure juridique et le respect de cette procédure fait intervenir l’ordre. Ce n’est pas seulement un ordre physique, c’est aussi un ordre cosmique qui interfère avec les destinées des hommes, avec les animaux, les plantes, etc.
Alors, moi je pense que, et il faut s’interroger bien sûr, que nous sommes en face d’une provocation.

Quels arguments sous-tendent une telle perception ?

Je vais évoquer par exemple ce que le professeur Albert Tévoédjre, au nom des intellectuels catholiques du Bénin, avait dit lorsque le président Nicéphore Soglo a rétabli la date du 10 janvier comme jour férié et payé pour les religions traditionnelles, dont le Vodun.

«L’Eglise catholique béninoise est une église rancunière qui était contente et qui a tout fait pour que le Vodun soit marginalisé dans la gestion de la vie économique et politique, socioculturelle du Bénin. C’est un fait attesté par l’histoire»

Sur une information que j’ai obtenue de Daagbo Hounou Hounan II, il aurait dit en son temps que le Vodun avait été enterré par Jésus Christ au Bénin et que Soglo venait de le réveiller encore. D’aucuns disent que Tévoédjrè fait partie des acteurs du retour au pouvoir de Kérékou en 1987.

Donc parmi les paramètres de la non-réélection de Soglo en 1996 figure justement cette décision, cet accompagnement en institutionnalisant le 10 janvier qui, selon Daagbo Hounou Hounan II était célébré depuis 1728. Mais c’était dans la marginalité puisque, depuis que Gbêhanzin s’était rendu à Dodds en 1894, le Vodun a été exclu de la superstructure de gestion politique du Bénin.

Et donc Ouidah 1992 a signifié le retour du Vodun, le retour du refoulé. Selon la lecture de l’histoire, pour l’épiscopat béninois le retour du Vodun n’est pas un fait accepté. Pour l’étayer, en 1993 avant la célébration de Ouidah 1992-1993, le Pape Jean-Paul II qui était encore vivant a effectué un voyage d’urgence du 3 au 5 février 1993. Il a demandé à rencontrer les chefs des « religions traditionnelles » ; l’épiscopat était contre mais le Pape en tant que chef suprême a imposé sa volonté. Il a rencontré Daagbo Hounoun Hounan 1er et Hounongan Sossa Guèdèhounguè.

À cette occasion il a avancé le forum de religion, de dialogue inter religieux. Je m’interroge : mais pourquoi ? il parlait à qui ? Aux Vodunnon ou bien à l’épiscopat catholique ? Je pense qu’il parlait plutôt à ses ouailles pour leur dire : Faites le dialogue inter religieux, acceptez la défaite !

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L’Eglise catholique béninoise est une église rancunière qui était contente et qui a tout fait pour que le Vodun soit marginalisé dans la gestion de la vie économique et politique, socioculturelle du Bénin. C’est un fait attesté par l’histoire puisque c’est la doctrine catholique mise en avant que les missionnaires ont implémenté et que les ethnologues et anthropologues européens ont relayé qui a induit la diabolisation du Vodun.

Le concept de « sorcellerie » employé pour taxer les faits et l’existentialité du Vodun est tiré de l’inquisition ; l’inquisition étant le phénomène politique de l’assassinat des diagnostics européens au Moyen-âge de l’essor de la religion catholique en Occident.
Il faut alors comprendre que dans le principe, le Père Bocovo n’est pas dans son droit d’avancer une telle initiative puisqu’il fait partie d’une institution qui dès l’abord, n’a pas reconnu la pensée du Vodun.

Des audios de prêtres circulent. L’Eglise catholique insiste que cette démarche relève de l’inculturation encouragée par le concile de Vatican II (1962-1965). Elle se défend surtout que, afin que ses propres fidèles ne se sentent pas étrangers, phagocytés dans la foi catholique, elle va puiser dans leurs cultures. N’est-ce pas de leur plein droit ?

S’ils ont employé le terme « phagocyter », alors le problème reste entier. Comment est-ce que quelqu’un qui est issu d’une famille Vodun, une fois converti à l’Eglise on lui dénie le droit d’utiliser les fonctionnalités anthropologique et sociologique liées à son identité de Béninois. Il faut qu’ils sortent un texte pour qu’on apprécie parce que, en fait, la problématique est grave. Les chrétiens continuent de se ruer vers les pratiques ancestrales. La solution ce n’est pas l’inculturation. Non, la solution ce n’est pas l’inculturation. L’inculturation a comme prédicat : « la dernière parole revient à Jésus-Christ ». C’est cela l’inculturation.

L’inculturation, c’est une fuite en avant. Si vous tenez compte du schéma de fabrication du chrétien, vous allez voir que le produit fini, le ‘’out put’’ qui sort de la première communion, du catéchisme c’est un être névrosé, psychotique. Il est névrosé donc lui-même est malade. Le chrétien est malade parce que, il va à l’église et l’Eglise lui refuse d’assister, de participer aux rituels de sa famille, de sa terre d’élection et des institutions du Vodun : les xwetanu (fêtes annuelles) et autres festivités. Cela fait partie du discours de diabolisation.

Le concile Vatican II a-t-il abordé la question de la diabolisation du Vodun, pour dire : à partir d’aujourd’hui interdiction de diaboliser le Vodun ? Il faut interroger cela. Secundo, il faut se rappeler que lorsque les fidèles prennent la communion, ils jurent que, si on fait des rituels de Hoxo ils ne doivent jamais partager les fruits, mets et aliments servis à l’occasion, car cela leur fermerait le paradis et la vue de Jésus à sa résurrection.

Donc l’Église a vissé et en vissant, ces fidèles névrosés deviennent psychotiques, parce que lorsqu’ils ont des problèmes, les prières de l’Église, les messes de l’Église, les louanges de l’Église ne les annulent pas. Psychotiques, parce qu’ils ont des comportements qui sont des écarts par rapport à la sociabilité, par rapport à leur propre équilibre.

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Évoquer Vatican II n’explique pas le problème. Il y a eu Vatican II depuis 1962. Il faut attendre combien d’année après pour mettre en application ? Cela veut dire qu’il y a problème. Lorsque vous regardez la situation, ce qui constitue la vraie question s’agissant de la christianisation des ‘’hoxosùn’’ touche aux discours que les prêtres tiennent au catéchisme et à la veille de la communion. Il suffit de légiférer que les chrétiens, à partir d’aujourd’hui, sont libres d’aller à l’Église et de participer à la vie familiale, à leurs « whɛndòmɛnu » ; c’est aussi simple.

Professeur, l’Église n’a-t-elle pas raison de dire : « je ne voudrais pas que mes fidèles continuent de recourir à une spiritualité à laquelle ils avaient renoncée en se faisant baptiser ? » N’est-ce pas légitime ?

Ce n’est pas légitime ! c’est de la duplicité. Parce que, et c’est là où il faut interroger l’institution de l’Église en remontant à sa fonction sociologique dans les terres d’élection d’où elle a été sortie pour être implémentée au Bénin.

L’Église, si vous remontez, vient du phénomène du Temple de Jérusalem chez les Judaïques. Le phénomène du christianisme en Europe a généré l’Église. Mais chez les judaïques, à Jérusalem c’est le Temple. Et maintenant l’Église a été transplantée au Bénin. Ça fait trois moments. Il faut interroger historiquement ces trois moments pour comprendre que l’Église béninoise est une église de guerre.
Si vous remontez au Temple de Jérusalem, l’Église joue le rôle par analogie des Hɛnnù, ou vie sociale entre les Béninois d’une même famille, d’un même ancêtre. Quand Jésus est né on l’a envoyé au Temple. Cela fait partie du phénomène social d’intégration du bébé. On le baptise là-bas à douze ans.

Ensuite, il est éduqué dans le Temple, donc le temple est aussi école, collège. Dans le même temps il est apprenti dans l’atelier de Joseph. Donc ça se joue entre le Temple, le lieu d’apprentissage et son père et sa mère.
Après, le petit se met à assumer les fonctions des douze tribus de Judas. Les Lévites ont tel rôle, les benjamins aussi, etc.

À un moment il a chassé les commerçants en ce temps qui jouaient le rôle des banques, agents de change, les vendeurs de volailles et de moutons dans le Temple. Cela veut dire que celui qui va au Temple peut faire la divination : chez eux ils interrogent l’arche de Dieu, et les Lévites jouaient ce rôle des Bokonon.

Quand le Seigneur dit ses volontés, celui qui a sollicité la divination va dans une partie du Temple réservée aux commerçants, aux vendeurs pour s’approvisionner les ingrédients et le prêtre Lévite lui fait les sacrifices, verse le sang sur l’arche. C’est tout cela le Temple, un concept holistique de tous les besoins de l’individu depuis sa naissance jusqu’à sa mort, en passant par sa situation professionnelle et même la conjugalité.

Ce phénomène transplanté en Europe a donné une Église catholique qui s’est adaptée aux Européens sans la fonction économique assurée par l’État hors de l’Église. La Révolution française a induit un autre système sinon c’était les prêtres qui enregistraient les naissances en Europe ; les prêtres étaient aussi guerriers, ce sont eux qui ont créé la croisade pour aller délivrer la tombe de Jésus en Occident.

«L’Église que nous avons en Afrique, c’est une Église revancharde, qui n’accepte pas des valeurs qui sont en dehors de Jésus Christ. C’est pourquoi elle avait fait la guerre aux musulmans. Au Bénin les missionnaires ont transféré ce refus d’accepter la culture vodun aux prêtres qui sont là aujourd’hui.»

Tout cela pour montrer que l’Église joue aussi le rôle de guerrier. Telle que élaborée l’Église est une totalité existentielle. Quand on l’a transplantée pendant la colonisation au Bénin, cette Église catholique est venue sans la fonction économique (assumée par le capitaliste) et la fonction militaire assurée par l’armée française. L’Église catholique a assumé le rôle idéologique et de guerre, de croisade puisqu’elle est habituée à l’inquisition. Donc c’est elle qui a dit que le Vodun relève de la sorcellerie.

L’Église que nous avons en Afrique, c’est une Église revancharde, qui n’accepte pas des valeurs qui sont en dehors de Jésus Christ. C’est pourquoi elle avait fait la guerre aux musulmans. Au Bénin les missionnaires ont transféré ce refus d’accepter la culture vodun aux prêtres qui sont là aujourd’hui.

Vous allez découvrir que par rapport aux traumatismes des chrétiens, ils ne veulent pas reconnaître que nous sommes autant jouisseurs des droits de l’Homme et que l’individu a la liberté d’expression, d’association, de culte afin de laisser les chrétiens aller vaquer aux cultes de leurs familles.

C’est en réalité la problématique de cette situation que l’Église vient d’engager au Bénin, en disant qu’elle fait incursion, inculturation dans le champ des whendomènou. C’est une provocation. Telle que la situation se présente, la simple solution revient à ce que l’épiscopat se réunisse et décide de revoir les termes du catéchisme, et des mots d’ordre du baptême pour ne plus traumatiser les chrétiens et leur refuser d’assister par exemple à la fête des ignames, à aller dans leurs familles, à cotiser, à vivre la sociabilité avec leurs frères et à garder la liberté d’aller à l’Église pour ce qui concerne la religion tout en restant dans leurs familles pour ce qui concerne les rituels.

Les missionnaires catholiques blancs sont à l’origine de la diabolisation du Vodun et des accusations de sorcellerie dont les dignitaires ont été taxés, d’accord. Pourquoi ne pas alors se réjouir de voir leurs héritiers dans la foi reconnaître aujourd’hui qu’on peut puiser dans le Vodun des valeurs, au lieu de s’en indigner, de crier à l’incursion ? Pourquoi ne pas être content ?

Il ne faut pas être content parce que, les fidèles chrétiens ne réfléchissent pas. Je n’insulte pas leur honorabilité. Ce sont des endoctrinés et il faut requérir les droits de l’Homme. Il faut leur dire que la religion est un phénomène individuel, vous devriez utiliser donc les droits constitutionnels de liberté. C’est intuitu personae. Ils en sont informés mais ils ne sont pas capables d’assumer une réflexion face aux dogmes chrétiens. Tel que vous le dites, c’est une hypothèse. Mais cette hypothèse, il faut l’opposer à l’hypothèse du baptême (qu’est-ce qu’on leur dit ?), l’hypothèse du catéchisme (qu’est-ce qu’on leur dit ?), l’hypothèse de la première communion (qu’est-ce qu’on leur dit ?). C’est dans les textes. Il revient à l’épiscopat de revoir les textes.

Le phénomène « sillon noir », savez-vous ce qu’il crée comme conflits dans le Zou ? L’Église récupère les ‘’Asɛn’’, les éléments de culte chez les Dah et autres garants et leur promet de rencontrer Jésus-Christ alors que ces dignitaires sont les porte-parole des communautés. Cela crée des situations.
Donc cette question ne constitue pas un épiphénomène. Aujourd’hui nous sommes dans une situation où c’est sur un contrat entre l’État colonial et les missionnaires que le Vodun a été traité de sorcellerie, de diableries.

Vous voyez depuis plus de 130 ans ce que cela a créé comme éléments de développement du sous-développement pour le Bénin. Croyants que notre pays n’a pas de valeurs nous sommes restés ouverts sur l’extérieur, nous copions. Le résultat est là.

Le 10 janvier a commencé par libérer les Béninois. Jusqu’à Ouidah 92, jusqu’à la prise du décret portant institutionnalisation de cette date du 10 janvier, on ne pouvait pas faire la cérémonie des Hoxo. Ce qui réconfortait le catholicisme. C’est la conquête de la clairvoyance, de la lumière de Daagbo Hounan 1er et de Sossa Guèdèhounguè en ce temps-là qui a fait qu’on peut voir officiellement le Vodun à la télé, entendre le Vodun à la radio et lire et voir le Vodun dans les journaux.

Avant le 10 janvier ce n’était pas possible parce que l’Église faisait partie des institutions en plus de l’Exécutif, du Législatif et du Judiciaire. L’Église était le 4e pouvoir, ce n’était pas la presse au Bénin. Il a fallu la révolution et le 10 janvier pour que notre société vive la liberté. Ce sont des étapes importantes à ne pas occulter aujourd’hui.

Quand Dada Gbêhanzin s’est rendu à Dodds, le Vodun a été exclu. On n’a plus enseigné le Vodun, on a enseigné le catéchisme, l’État colonial finançait la Société des missions africaines (Sma) de Lyon. En 1992 on a assisté au retour du refoulé. Ce qu’on a chassé est revenu. On a retrouvé l’indépendance, la liberté. Cela a fait peur, justement parce que l’Église catholique pensait que les Béninois étaient devenus des fidèles de Jésus Christ et que ce dernier devenait l’ancêtre des Béninois.

Mais « le 10 janvier » a dit non, l’ancêtre du Béninois c’est Bio Guera, Kaba, Kpodézoun (Adja) ou bien Tofa et Gbêhanzin. Ce sont eux les ancêtres. C’est la libération ! et cette libération joue sur les citoyens qui sont des agents de développement et sur le peuple du vodun qui est créatif et peut construire le développement à partir des variables scientifiques du Vodun tel que la Boologie est en train de vulgariser aujourd’hui. Il faut insister sur les imagos qui supportent le 10 janvier.

Jésus n’inspire pas la créativité aux Béninois, il peut l’inspirer aux Européens, encore que, eux, désertent les églises qui sont de plus en plus rasées pour servir de parking, de supermarchés.

Aujourd’hui on ne peut pas acclamer l’accaparement des substances vodun par l’Église. Le faire, c’est se montrer immature, faire preuve de manque de rationalité. Les gens sont morts pour que le 10 janvier existe.

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Nicephore DOSSOU-YOVO août 13, 2022 - 9:53 am

Que les bénédictions soient !
Que chacun sache ce qu’il recherche, monothéisme où polythéisme ?
Et où le trouver en vrai ?

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