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Petit musée de la Récade

Le Petit musée de la Récade fait sa mue et offre une nouvelle narration de l’histoire du Danxomè

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON
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Le “Petit musée de la Récade”, intégré à l’espace artistique pluridisciplinaire “Le Centre” a subi une profonde métamorphose que le public a pu découvrir samedi 24 juin, à l’occasion d’un nouvel accrochage.

Par Arnauld KASSOUIN

L’averse de cet après-midi n’a guère altéré l’enthousiasme et la curiosité des visiteurs. Ils étaient plus d’une centaine à investir Le Centre. La soirée été époustouflante avec la prestation des «Pepit’Arts», un spectacle artistique énergique, combinant harmonieusement divers pas de danse, chants et percussions.

En face, un public excité, hétéroclite de parents, enfants, autorités politiques et têtes couronnées. Des acclamations constantes ont marqué les 40 minutes de sensation qu’ont duré leur présence sur scène. « Les enfants nous ont émerveillés par leur prestation», témoigne Jean K. d’un air très décontracté. Son petit-frère bondit dans le même sens avec un large sourire.

Le narratif du Danxomè

La scène présentée ensuite par des jeunes offre « une nouvelle narration de l’histoire du royaume du Danxomè ». L’objectif n’est pas de déformer l’histoire, mais d’en proposer «une nouvelle approche», précise Didier Nassègandé, le metteur en scène. Pour ce dernier, il n’y a pas eu que des rois au Danxomè jadis, alors qu’aujourd’hui, dans presque tous les récits qui nous sont racontés, le Danxomè n’a connu que des rois.

Plus d’une dizaine de jeunes, vêtus de tenues traditionnelles, avec maîtrise, lucidité et dans une rhétorique séduisante, ont donc déroulé une «nouvelle narration de l’histoire du royaume du Danxomè». Celle-ci plutôt réparatrice, célèbre les oubliés, comme le roi Adandozan (1797-1818), père spirituel du roi Gbêhanzin (1890-1894) et de la reine Tassin Hangbè (1708-1711).

Sidéré, Olivier Atchinogbé plaide « une répétition de l’événement ». Albert Hounga, l’acteur culturel le souhaite aussi dans une autre formule. «Je propose qu’il y ait une tournée nationale avec ce spectacle. Parce que ce que nous venons de découvrir, d’entendre et de voir mérite d’être connu de tous. Il s’agit de notre histoire. Je lance un appel à nos autorités pour qu’elles portent cette initiative plus haut».

En 2021, un groupe de chercheurs a lancé l’ouvrage “La vie, le règne et l’œuvre de Dádá Adándózàn”. L’espace Le Centre se joint donc à la dynamique de ‘’correction’’ des injustices de l’histoire. « L’histoire ne garde que le nom des hommes », une discrimination que soulignait le chargé de communication, Mora Gaba lors de la conférence d’annonce du nouvel accrochage du Petit musée de la récade, mercredi 15 juin. Or, « il y a des femmes qui ont joué également de très grand rôle dans l’ancien royaume du Danxomè ».

Cette justice historique était d’ailleurs au cœur de l’exposition contemporaine collective « Le Royaume du Dànxòmɛ̀ au Féminin ». Les créations des jeunes graphistes et designers graphiques donnent à vivre par leur imaginaire et différents médiums, les us et coutumes et surtout le rôle joué par les femmes : les Agodjié (Amazones) et les Kpodjito (mères des rois) dans l’ex Dànxòmɛ̀.

La mue  

L’événement central de ce nouvel accrochage, c’est bien la découverte du nouveau visage du Petit musée de la Récade. Cette transformation est le fruit de trois années de travail acharné,  le dernier accrochage remontant à 2020.

Période durant laquelle une kyrielle de personnes ressources, spécialistes de l’histoire du Dànxòmɛ̀ ont défilé au Centre. Leurs contributions intellectuelles ont permis de «nourrir et de développer les dimensions historiques et scientifiques de la collection du Petit Musée de la Récade», unique espace au monde consacré à ces symboles du pouvoir royal, explique Dr David Gnonhouevi,
historien de l’Art – ancien et chargé des collections du Petit Musée de la Récade.

Dans le lot, figurent notamment l’artiste plasticien et bibliothèque d’art africain Jacques Malgorn; l’enseignante et chercheure de l’Histoire de l’art Valentine Plisnier; l’historienne et muséologue Gaëlle Beaujean; le spécialiste de l’art vodún et directeur de l’Office de tourisme d’Abomey, Gabin Djimassè et le professeur de linguistique générale et africaine Bienvenu Akoha.

La nouvelle dynamique insufflée par la direction du Centre qui intègre le musée, s’inscrit dans le cadre du programme « Musée en mouvement ». Elle propose une nouvelle narration de l’histoire de l’ancien royaume du Dànxòmɛ̀ à travers un nouveau design qui met en dialogue les objets anciens et les créations contemporaines.

Le Petit musée de la Récade fait donc peau neuve, avec une nouvelle disposition des Récades, la traduction des  cartels en langue Fon, la contextualisation des œuvres et l’explication des sentences.

Le vent nouveau n’a pas épargné la bibliothèque du Centre qui, elle aussi a rouvert ses portes, redesignée pour servir de pôle de recherche, de documentation, d’éducation et de divertissement pour artistes, étudiant·e·s, enseignant·e·s et globalement les amoureux·ses des livres et les enfants.

©Le Centre

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