Dans le cadre des activités de Oq Festi tenues samedi 15 juillet à l’Institut Français de Cotonou, le griot Séïdou Barassounon sur invitation des organisateurs, a donné une communication qui lui permet de faire découvrir aux participants, l’art griotique
Par la Rédaction
L’art griotique est un patrimoine culturel immatériel des communautés septentrionales du Bénin qui partagent cette culture et forme d’expression orale transmise de génération en génération avec les communautés sahéliennes. Voilà une des pensées fortes servies aux participations du master class organisé dans le cadre des activités de Oxo Fest.
En rappelant que les origines des arts griotiques renvoient à la période où les royaumes constituent la forme d’organisation sociale au Bénin et en Afrique, le griot et artiste Séïdou Barassounon a indiqué que « l’oralité est le socle des échanges entre les rois, ses fonctionnaires proches et les sujets » et que le griot fait montre « d’ingéniosité, de talents, de connaissances et savoir-faire qui sont utilisés par les rois pour assurer la gestion de la communication et la sauvegarde de faits majeurs dans les royaumes ».
Ainsi, lors des échanges avec les participants du master class, il a fait savoir que l’art griotique est transmis de génération en génération par les anciens à travers l’apprentissage et la formation des jeunes héritiers. Selon lui, cet art se manifeste à travers : l’oralité (la parole, le conte, la poésie…), les chants, les panégyriques. Les instruments de musique traditionnelle servent de médium pour l’expression de l’art griotique.
Le rôle du griot dans la société c’est d’être porte-parole du roi et orateur de la Cour du roi, orateur principal et animateur (loisir) de la Cour du roi, gardien des valeurs royales et éducateur. Il est aussi historien et protecteur des faits majeurs du royaume.
Hiérarchie
Ces fonctions cruciales du griot dans le fonctionnement du royaume sont telles que tout une organisation et une catégorisation ont été mises en place pour le consacrer et le reconnaître. Ainsi et pour le cas du Bénin, les griots sont hiérarchisés et dans l’ordre, le communicateur cite : les Guèsserè, les Bara – Sangban, les Bara – Tourou, les Bara – Karankou, les Sassakou, les Yèrèkou, les Gankou, les Gongué, les Kankangui, les Toufaroukpè, les Goukou, les Danbararou, et les Korotannou.
Si les griots proviennent des royaumes septentrionaux du Bénin et des pays sahéliens, quel regard peut-on porter sur cette profession au 21ème siècle ? A cette question le communicateur confie que le métier de griot balance entre l’adaptation et la conversion. Il s’inscrit dans l’adaptation aux tendances artistiques modernes qui font de son art, art du Slam, du Jazz, du Blues et de la musique.
Quant à la conversion il s’invite dans la chaîne de production des œuvres littéraires, cinématographiques… Face à ces valeurs de l’art griotique, le communicateur Séïdou Barassounon propose des mesures de sauvegarde de ce patrimoine culturel immatériel.
Sauvegarde
Il s’agit d’universaliser les valeurs orales des terroirs en les rendant compréhensibles et digestes par des consommateurs extérieurs, de promouvoir l’art griotique dans le monde et plaider pour sa reconnaissance officielle par l’Unesco, de favoriser la transmission des savoirs endogènes liés à la parole, de faire émerger le métier de griots dans la société béninoise et africaine en faisant d’eux, des acteurs du développement, de mettre les griots au service des communautés et populations, de poursuivre l’organisation du Festival des Arts griotiques, de mettre en place le Musée des griots et le Réseau Ouest africain des griots.
La concrétisation de ces mesures est le leitmotiv de l’association Paroles d’Afrique dont il est le président.
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