Le parti de l’opposition Les Démocrates a fait l’actualité ce weekend en réunissant à son conseil national samedi 22 juillet la plupart des formations politiques ayant une existence légale au Bénin.
La mouvance a marqué sa solidarité et surtout, sa maturité politique. Elle était plus représentée que l’opposition elle-même à travers la présence des grands blocs, le Bloc républicain (Br) et l’Union progressiste le Renouveau (Upr) d’une part; et le Mouvement des élites engagées pour l’émancipation du Bénin (Moele-Bénin) et l’Union démocratique pour un Bénin nouveau (Udbn), d’autre part.
Au sein de la grande famille de l’opposition, Candide Azannaï a ainsi préféré bouder le conseil. Une absence éloquente d’autant que même la Force cauris pour un Bénin émergent (Fcbe), que la plupart des barons des Démocrates avaient lâché, était aussi de la partie. Ainsi que la Nouvelle force nationale (Nfn) et le Mouvement populaire de libération (Mpl).
Le plus beau message de «l’opposition à l’opposition» est sans doute venu de ce dernier parti, le Mpl dirigé par Expérience Tèbè :
«Ma présence ici ce jour, s’inscrit également dans la droite ligne que nous traçons au Mouvement populaire de libération (Mpl) depuis des années. Nous pensons qu’il est important que les partis de l’opposition, se donnent la main et se réunissent chaque fois qu’il le faut pour montrer aux populations que nous sommes avec elles et travaillons pour l’épanouissement de chacun et de tous. Ces petits signes apparents d’union devraient rassurer chaque béninois que nous finirons par taire nos divergences et incompréhensions pour bientôt former un seul regroupement».
Urgence d’union ! Au Bénin, en effet, trop imbus de leurs intérêts égoïstes les opposants passent souvent à côté de la consécration par manque de synergie. Ils sont prompts à constituer chacun dans son coin des fronts indisciplinés face à une mouvance soudée. Ils expliquent toujours leur déculottée par des infiltrations dans leurs rangs et pensent s’imposer par les invectives et la victimisation.
Hantise 2026
Dans un contexte déjà hanté par la fin de mandat du président Talon avec les élections générales de 2026 en point de mire, la question de l’union de l’opposition mérite de faire l’objet d’assises internes.
À défaut, l’heure est au ressassement de vielles revendications comme en témoigne la déclaration finale des Démocrates à l’issue du conseil national : libération des détenus politiques, retour des exilés; d’autres inopportunes comme l’appel à l’organisation d’un dialogue politique et la dénonciation d’une supposée «exclusion politique sous toutes ses formes du parti Les Démocrates du cadre institutionnel du Bénin».
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Quel péril y a-t-il aujourd’hui et qui nécessiterait la convocation d’un dialogue politique ? L’appel de la mouvance délivré par Orden Alladatin (Upr) est visiblement tombé dans les oreilles de sourds : « Ce que nous attendons de ce conseil et de l’action de l’opposition, c’est que comme l’exige le statut de l’opposition, qu’il ait des propositions alternatives sur le chantier que nous avons et que nous sommes en train d’ensemencer. Tout certainement n’est pas parfait. », a laissé entendre Orden Alladatin avant de poursuivre».
Les Démocrates ont manqué de marquer un gros coup en s’accrochant à des sujets de diversion. Ils pourront certainement se rattraper lors de leur congrès fixé aux 14 et 15 octobre prochain.
Par la Rédaction
