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Coup d’État au Niger : Misère française, reflet russe

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON
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Le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (Cnsp) a destitué le président Mohamed Bazoum lundi 25 juillet. Quelle puissance sera le prochain ”maitre” de Niamey ? La France, partenaire historique et ancien colonisateur ou la Russie qui gagne en influence dans la région ?

Par Arnauld KASSOUIN

« Nous, Forces de défense et de sécurité (Fds), réunies au sein du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (Cnsp), avons décidé de mettre fin au régime que vous connaissez ».

Après une journée de suspens et de confusion, des militaires sont apparus à la télévision nationale. Cette déclaration vient de leur porte-parole, le colonel-major Amadou Abdramane. Le président Mohamed Bazoum, désormais ex président du Niger arrivé au pouvoir en 2021 venait d’être déchu.

Ce coup d’État, justifie Amadou Abdramane fait suite « à la dégradation continue de la situation sécuritaire, la mauvaise gouvernance économique et sociale ». Dans la foulée, les militaires ont instauré un couvre-feu, décrété la fermeture temporaire des frontières terrestres et aériennes. Ils ont aussi appelé des « partenaires extérieurs de ne pas s’ingérer » dans les affaires courantes

De 1960 à ce jour, le Niger a enregistré 6 coups d’État. A considérer la situation sociopolitique de la région sahélienne, le Niger, pays stable politiquement depuis le départ en 2021 de Mahamadou Issoufou de la tête de la présidence, est le troisième pays qui aura à sa tête un homme armé.

 

La Cedeao impuissante 

Contre ce coup d’Etat, la Cedeao, l’Union africaine, plusieurs organisations de la société civile régionale et internationale et plusieurs chefs d’Etats ont protesté. Mais pour l’heure, ils se limitent aux déclarations et médiation.

À l’annonce de la séquestration du président Bazoum, le président de la Cedeao, le nigérian Bola Tinubu a dépêché des médiateurs. Selon les dires de son médiateur principal auprès de l’institution régionale, Patrice Talon « l’idéal serait que tout se fasse dans la paix, dans la concorde ».

Toutefois, selon ce dernier pour un retour de la paix et de la stabilité, des « actions de médiation seront renforcées pour que cette situation s’arrange dans la paix ». « Je crois que tous les moyens seront utilisés au besoin pour que l’ordre constitutionnel soit rétabli au Niger », a poursuivi Patrice Talon en marge d’une rencontre avec le président de la Cedeao à Abuja, mercredi 26 juillet.

Annoncé à Niamey ce 27 juillet le chef d’Etat béninois n’a pas encore quitté le sol béninois. Ce qui pour certains est la résultante de l’avancée des évènements au Niger. Dans la journée du 27, le commandement des forces armées nigériennes composé de l’Etat-major des armées et des chefs d’Etat major des armées ont rallié la cause des ‘’putschistes’’ ont-ils annoncé dans un communiqué signé du général de division Abdou Sidikou Issa. L’objectif est de «préserver la cohésion au sein les forces de défenses et de sécurité» de même que d’éviter «un bain de sang».

 

« À bas la France, vive la Russie »

Si ce coup d’État n’a pas rassemblé au cas du Mali au lendemain du 19 août 2020, les mobiles ayant conduit la plupart des militaires de la région à prendre le pouvoir semblent concorder. La situation sécuritaire se dégrade, la mauvaise gouvernance persiste et la présence de forces armées étrangères, notamment la France, est constatée. La rupture avec la France dans la région devient de plus en plus évidente et tumultueuse.

D’ailleurs, suite à ce énième coup d’État survenu lundi, elle continue de payer les frais de sa politique internationale. Accusée d’être à l’origine de l’expansion de la menace terroriste dans la région, sa présence est mal perçue. Jeudi, les mutins nigériens lui ont reproché une première gaffe : la violation de leur espace aérien avec un avion militaire de type A400M.

Des centaines de manifestants scandent d’ailleurs « À bas la France, vive la Russie », comme l’ont constaté nos confrères de “20 minutes”. « Drapeau à la main », « slogan anti-français », l’hymne du rejet total de la France au Niger est désormais acté. « La France n’a pas su gérer nos problèmes, on a besoin de prendre notre propre destin en main », assène l’un des manifestants comme pour justifier ses propos.

Il ne sera donc pas étonnant que les nouvelles autorités nigériennes se mettent sous couverture russe.

 

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