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Bola Tinubu & Patrice Talon : Fier tandem

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON
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Une première de son histoire, le Bénin a commémoré son accession à l’indépendance, cette année avec l’innovation de la parade aérienne. La célébration davantage rehaussée par la présence du président de la République fédérale du Nigéria, Bola Ahmed Tinubu illustre la redynamisation de la coopération entre les deux pays.

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON

Le tableau est inédit : Patrice Talon assiste au défilé militaire avec à ses côtés un chef d’Etat étranger, en l’occurrence Bola Ahmed Tinubu. Une première depuis son arrivée au pouvoir en 2016. Au milieu des deux hommes, Olushegun Adjadi Bakari, le ministre des Affaires étrangères nommé mardi 6 juin avec un « agenda nigérian ».

La familiarité entre Bola Ahmed Tinubu et son homologue n’a échappé aux populations. L’invité d’honneur est resté admiratif toutes les manifestations durant. Son sourire et cette main spontanée qu’il a adressée à Patrice Talon sont restés dans les mémoires. La redynamisation des relations entre le Bénin et le géant de l’est semble-t-elle donc prometteuse ? Sans doute.

« Nous ne pouvons pas ne pas entretenir de bonnes relations avec le Nigeria. Vous savez qu’avec l’élection du président Tinubu les relations se consolident. D’ailleurs c’est la première fois que sous le président Talon un invité d’honneur de ce niveau participe à un défilé », salue à l’issue du défilé, le député Orden Alladatin, de la mouvance.

Bola Tinubu n’est pas d’ailleurs arrivé seul. Des gouverneurs de six États fédéraux frontaliers du Bénin, dont Ogun state, Lagos, Oyo et Kebbi, sont de la délégation qui l’accompagne. Impossible de ne pas remarquer aussi le richissime homme d’affaire Aliko Dangoté qui effectue ainsi sa deuxième descente au Bénin en moins de trois semaines.

L’absence de Patrice Talon le 28 mai à l’inauguration de la méga raffinerie de Dangoté avait été perçue comme le signe d’une relation définitivement difficile avec le Nigeria alors dirigé par le militaire Buhari. Il était reproché à l’administration de ce dernier de maintenir une vielle image du Bénin, le « petit Etat » qui devrait se soumettre à son voisin pour exister.

A contrario, le gouvernement béninois tenait lui, à la réaffirmation de la souveraineté nationale. « Le président Patrice Talon n’est pas le président d’un Bénin faible… », assume en juin le porte-parole de l’Exécutif, Wilfried Léandre Houngbédji face à la presse.

Terrorisme

Le Bénin envoie un message clair aux « ennemis » : il ne reculera pas face aux terroristes. Les Forces de défense et de sécurité (Fds) réaffirment, elles, « leur loyauté et leur engagement indéfectibles à toujours remplir efficacement leur mission ». Tel est tout le sens du thème du 63ème anniversaire de l’indépendance : « Les Forces de défense et de sécurité débout et ensembles contre le terrorisme ».

En vue de s’offrir une ascendance aérienne gage de plus d’efficacité dans la lutte contre le terrorisme, le Bénin a acquis des vecteurs aériens. Les cinq hélicoptères qui ont défilé au-dessus de l’Amazone mardi, font partie d’un échantillon.

« Il y en a un certain nombre qui sont restés dans le théâtre. Avec l’acquisition de ces moyens et beaucoup d’autres en cours de livraison les frontières nationales seront davantage tenues, les populations seront beaucoup plus sécurisées », assure le Lieutenant-Colonel Vincent Honfoga.

Mais l’option militaro-sécuritaire face au terrorisme n’est pas une solution à long terme, objecte le syndicaliste Noël Chadaré présent au défilé. « A court terme, il faut faire face aux djihadistes, mais à long terme il faut penser à lutter contre le chômage, la misère, faire de telle manière qu’on sente la présence de l’Etat » dans les localités même les plus reculées.

Opposition aux abonnés absents

« Le message de l’ancien président Boni Yayi, c’est un non évènement », réagit le député de la majorité Orden Alladatin. La veille du 1er août, le prédécesseur directe du président Patrice Talon avait publié sur sa page Meta, un message dans lequel son absence au défilé ne fait aucun doute.

Boni Yayi entend ainsi protester contre « l’exclusion politique, démocratique, institutionnelle, économique et sociale » des « enfants » du Bénin. Il évoque nommément les cas de « Reckya Madougou et le professeur Joël Aïvo, … privés de leur liberté et lourdement condamnés ».

Suivant ses pas, les députés du parti ‘’Les Démocrates’’ dont il est président d’honneur ont tous snobé les manifestations officielles. Paul Hounkpè, l’autre figure de l’opposition, président du parti Fcbe s’est démarqué. Mais ses impressions, il a refusé de les confier aux médias : « je risque d’être trop dur ».

 

Impressions de quelques personnalités à l’issue du défilé

 

« Avec l’acquisition de ces moyens, les frontières nationales seront davantage tenues »

La figure [parade aérienne, ndlr] que vous avez vue aujourd’hui c’est une figure qui nécessitait une certaine dextérité, un certain professionnalisme digne des équipages et cela a été respecté. Nous avons eu ce matin de manière particulière une contrainte météorologique qui pouvait nous empêcher de faire le passage, malgré cela nous l’avons fait dans les timings prévus. Félicitations à nos équipages.

La célébration est axée sur la lutte contre le terrorisme. Les perspectives sont multiples. Déjà nos frontières sont étanches, totalement tenues par les Forces de défense et de sécurité (Fds). L’acquisition des moyens (les vecteurs aériens) dont vous avez vu un échantillon ce matin -nous ne pouvions pas dégarnir tout notre dispositif de lutte contre le terrorisme- il y en a un certain nombre qui sont restés dans le théâtre.

Avec l’acquisition de ces moyens et beaucoup d’autres en cours de livraison les frontières nationales seront davantage tenues, les populations seront beaucoup plus sécurisées. C’est le moment de dire à la population que les Fds sont totalement aguerries pour assurer leur sécurité et défendre totalement le territoire.

Lieutenant-Colonel Vincent Honfoga

 

 

«Nous avons montré qu’au Bénin nous savons faire les bonnes choses »

J’ai des impressions de fierté pour mon pays. Avec la promptitude et l’exactitude de tout ce qui a été fait ce matin on ne peut que remercier Dieu et dire félicitation à l’équipe d’organisation.

Le président Patrice Talon sait faire les choses. Aujourd’hui, il a l’admiration de tous ses pairs, ce qui a donné la présence du président du Nigéria aujourd’hui pour honorer notre pays.

Je tiens à remercier l’équipe du Nigéria qui nous a honorés en faisant ce déplacement. Avec le défilé qu’on a vu nous avons montré qu’au Bénin nous savons faire les bonnes choses.

Honorable Djibril Labiou Amadou, premier questeur de l’Assemblée nationale

 

 

« Aujourd’hui nous nous affirmons davantage »

Tout simplement c’est éblouissant. Cela nous rend fier de ce que, aujourd’hui nous nous affirmons davantage. C’est le lieu de reconnaître tout ce qui a été fait depuis 2016 et qui se poursuit. Nous avons assisté à une cérémonie magnifique, avec une parade militaire exceptionnelle.

Nos forces de l’ordre élégamment habillées et puis tout était bien rythmé. C’est le lieu de féliciter l’Etat-major et tous ceux qui ont contribué à la réussite d’une si belle prestation.

Aujourd’hui nous constatons une redynamisation de la coopération avec le Nigeria. C’est la preuve aujourd’hui que nous pouvons beaucoup espérer que par le passé. Nous en sommes fiers et nous espérons que ça va continuer

Charlemagne Yankoty, maire de Porto-Novo

 

 

« Le vrai combat contre l’insécurité, c’est la lutte contre la pauvreté»

Depuis l’arrivée de Patrice Talon au pouvoir c’est la première fois qu’on assiste à un défilé avec un invité de marque d’un autre pays. Je crois que c’est une bonne chose. Nous avons assisté à un défilé de très bonne facture. Le défilé aérien, c’est une innovation.

On a vu ce griot, j’ai beaucoup aimé qu’on ait mis une note de chez nous : le griot qui a encensé les chefs d’Etat et souhaité bonne fête à tout le monde. C’est une très bonne ambiance dans l’ensemble.

Boni Yayi, on aurait bien souhaité qu’il soit là. Les raisons pour lesquelles il n’est pas venu, c’est à lui seul qu’on peut poser la question. On n’a pas non plus vu le président Soglo.

Par rapport aux défis sécuritaires, c’est inquiétant ce qu’il se passe. On espère que nous allons retrouver la stabilité. Je pense qu’avec l’union entre le Bénin et le Nigeria que nous avons souhaitée de tous nos vœux et avec d’autres aussi, c’est une bonne chose.

Le vrai combat contre l’insécurité c’est la lutte contre la pauvreté, la misère. C’est la misère et la pauvreté qui sont des terreaux fertiles pour que les gens soient prêts à s’adonner, à poser des actes de désespérance.

Tous les pays africains doivent penser à long terme parce que à court terme, il faut faire face aux djihadistes, mais à long terme il faut penser à lutter contre le chômage, la misère, faire de telle manière qu’on sente la présence de l’Etat à tous les coins reculés. Parce que quand il n’y a pas la présence de l’Etat à certains endroits, il est évident que la nature a horreur du vide.

On doit avoir les hôpitaux, l’armée, la police…toute l’administration du pays dans ces endroits-là. Il faut développer ces endroits, faire en sorte que les jeunes aillent travailler, donc les usines, les entreprises.

Ce qui se fait maintenant c’est une solution à court terme, ce n’est pas encore la vraie solution. La meilleure solution c’est de lutter contre le chômage pour que ceux qui viennent recruter sur le terrain fertile de la misère n’en aient plus la possibilité car les jeunes seraient déjà au travail.

Noël Chadaré, syndicaliste

 

« Nous avons confiance en notre armée et en nos compatriotes»

C’est toujours un moment d’émotion pour nous de participer à ce défilé solennel, surtout que c’est millimétré, c’est très bien organisé. C’est un moment de fierté mais aussi de réflexion pour l’engagement que chacun doit prendre pour le développement du pays. On doit travailler les mains dans la main, nous souhaitons la paix et la prospérité.

Quant à la présence du président Tinubu, on a toujours dit que nous ne pouvons pas ne pas entretenir de bonnes relations avec le Nigeria. Vous savez qu’avec l’élection du président Tinubu les relations se consolident. D’ailleurs c’est la première fois que sous le président Talon un invité d’honneur de ce niveau participe à un défilé.

Vous l’avez tous suivi : il [Patrice Talon, ndlr] avait dit qu’il faut qu’il arrange d’abord sa maison. Si nous n’avions pas ce boulevard comment on aurait pu accueillir un hôte de cette importance ? Donc nous arrangeons le Bénin. Je crois qu’il est temps maintenant de nous révéler davantage à nos voisins et au monde.

Le message de l’ancien président Boni Yayi, c’est un non-évènement. Le président Soglo n’a pas écrit pour boycotter. Pour l’autre, j’ai vu qu’il a écrit ; c’est un non-événement.

L’aspect du défi sécuritaire, c’est une question qui embrasse toute la sous-région. Vous avez vu tout ce qui a défilé aujourd’hui [les équipements militaires, ndlr]. Ce n’est pas suffisant mais c’est un grand pas que notre pays est en train de franchir.

Vous avez vu les Fds qui vous ont dit que face aux défis sécuritaires ils n’ont jamais perdu et qu’ils ne perdront jamais face à l’adversaire, au terrorisme et à l’extrémisme violent. Donc nous avons confiance en notre armée et en nos compatriotes. Cette guerre asymétrique au-delà de l’armée chacun d’entre nous doit s’unir et ça va être conjugué au passé.

Orden Alladatin, député, Union progressiste le Renouveau

 

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