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Retraite anticipée de 1074 Fds

Retraite forcée de 1074 Fds : Légale mais clivante

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON
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Le gouvernement a acté la retraite anticipée de 1074 Fds. Cette décision tire sa légalité de la loi n°2020-19 du 3 juillet 2020 portant Statut spécial des personnels des forces armées du Bénin l’a prévue.

«…tout fonctionnaire de police (ou des forces armées béninoises, ou des Eaux et Forêts ou de douane) peut exceptionnellement être mis à la retraite d’office après 20 années de services », dispose-t-elle.

Sur cet effectif, on dénombre 700 militaires, 315 policiers républicains, 30 douaniers et 29 Forestiers. Ils bénéficieront dès lors des allocations prévues dans le décret n°2024-008 du 9 janvier 2024 portant modalités d’octroi d’allocation de mise à la retraite aux fonctionnaires des Forces de défense et de sécurité assimilés.

Ledit décret dispose, en son article 1er que « La pension de retraite est calculée avec prise en compte des avancements automatiques d’échelons jusqu’à la date de retraite normale en considération du grade acquis à la date de mise à la retraite d’office ».

Dans le lot des personnels des Forces de défense et de sécurité ainsi envoyés à la retraite, figure Louis Philippe Houndégnon. L’ancien patron de la Police nationale retient l’attention. Il fait partie des fidèles alliés de Boni Yayi, sous qui il a géré de gros dossiers dont celui de la tentative d’empoisonnement dans lequel Patrice Talon était accusé. Les Béninois ont encore en tête l’image d’un Philippe Houndégnon devant la presse, brandissant les produits toxiques supposés qui allaient être administrés au président Thomas Boni Yayi.

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Vers la fin du régime Yayi et sous son successeur Talon, Louis Philippe Houndégnon a eu des ennuis. On se rappelle de ce recours qu’il a dû adresser au chantre de la Rupture, et dans lequel il dénonce sa double éviction dans la fonction, réclamant en réparation 100 milliards francs Cfa. Sans oublier sa déchéance du grade de Général.

Punition ou pas ?

La mesure de la retraite anticipée de 1074 Fds surtout qu’elle porte sur un effectif aussi considérable, a tôt fait de susciter des critiques. « Ce n’est pas une punition », apaise Wilfried Léandre Houngbédji, le porte-parole du gouvernement interrogé mercredi 24 janvier à l’issue du conseil des ministres.

Il soutient que cette mesure ne vise aucun officier supérieur de l’armée, contrairement à ce que le public pourrait penser. Il s’agit plutôt d’une « pratique courante dans d’autres endroits et est censée être connue des agents « forcés » à la retraite, dès leur entrée en service».

Une du quotidien Bénin Intelligent

Un personnel des Forces de défense et de sécurité (Fds) à qui Bénin Intelligent a arraché difficilement quelques mots, estime que parmi les éléments envoyés à la retraite anticipée, certains sont bien victimes de règlement de compte «puisque ce sont les responsables hiérarchiques qui proposent la liste des agents concernés».

Pire, «certains parmi ceux ont été informés 48h seulement avant la notification de la décision. Je suis resté au poste avec un collègue et le lendemain on l’informe qu’il est désormais à la retraite», raconte l’homme.

Réactions politiques

Le Parti communiste du Bénin (Pcb) qui n’a pas de récépissé d’existence légale, relève deux conséquences majeures. Du point de vue politique, elle crie à «la destruction de nos Forces de Défense et de Sécurité au profit des armées étrangères (françaises, rwandaises et autres)». La mesure est de nature à démoraliser «au sein de ces Corps stratégiques».

Les éléments frappés par la décision avaient-ils été prévenus à temps ? Le Pcb redoute «un désastre psychologique» à leur niveau.

«A moins d’une semaine, on vous annonce votre cessation de service dans un Corps où vous avez passé déjà au moins 20 ans. Et ceci sans aucune préparation psychologique préalable ! Désastre individuel, désastre familial et social. Avec des risques sanitaires graves, de déchéance physique et morale. Tant de zèle et d’attachement au service de la Patrie pour être ainsi remercié en monnaie de singe», dénonce le parti dans une déclaration datée du 24 janvier.

Le parti de l’opposition, le Mouvement populaire de libération (Mpl) -qui existe officiellement- est le seul à se prononcer sur le sujet pour le moment. Dans un communiqué publié jeudi, son président Expérience Tèbè «exige du gouvernement des clarifications relatives aux motivations qui justifieraient cette manœuvre». Mais en attendant, la formation politique juge «attentatoire à l’ordre socioprofessionnel et à la paix au Bénin» la retraite anticipée de 1074 Fds.

Léandre Wilfried Houngbedji rassure, lui, que les 1074 agents de sécurité retraités recevront leur pension de retraite dès le premier mois suivant leur admission à la retraite.

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