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Défis sécuritaires

Causerie à l’Iajp : La coopération régionale et les défis sécuritaires transfrontaliers en Afrique occidentale

Par Arnauld KASSOUIN
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L’Institut des artisans de justice et de paix (IAJP) a organisé jeudi 25 dernier sa première conférence de l’année sur “La coopération régionale et les défis sécuritaires transfrontaliers en Afrique occidentale”.

La révolte libyenne avec le renversement du Guide libyen en 2011 a favorisé l’émergence de nouveaux conflits en Afrique occidentale. De 2007 à 2022, près de 7 000 attaques terroristes ont été enregistrées au Sahel. Celles-ci ont occasionné « près de 23 000 morts » selon le rapport de l’Indice 2023 du terrorisme mondial, publié par l’Institut pour l’économie et la paix. C’est fort de ce constat et du caractère régional de cette nouvelle menace que l’IAJP a consacré sa première conférence de l’année à la compréhension des dynamiques sécuritaires en Afrique Occidentale.

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Typologie des inégalités

Sur « 34 conflits dans le monde, 15 d’entre eux se déroulaient sur le continent africain » en 2022, selon l’ONU. Ces statistiques démontrent combien il est important de s’attarder sur les causes de la résurgence des conflits inter-étatiques. Le Prof. Délidji Éric Dedjila, en sa qualité de conférencier fait état de deux classifications des causes des conflits.

Selon le Pr. Délidji, deux types d’inégalités favorisent l’émergence “des nouvelles menaces” auxquelles l’Afrique Occidentale fait face. En effet, il y a les inégalités horizontales et celles verticales. Primo, celles nommées horizontales touchent généralement « des groupes culturels ou sociaux définis. Et ce en fonction du genre, de la race, de l’ethnicité, de la religion, de la caste et de la sexualité ». Quant aux inégalités verticales, « elles touchent les personnes ou les ménages. Comme avec la répartition de l’ensemble des revenus et des richesses d’une économie », détaille avec aisance le professeur de pratique des relations internationales.

Plus loin, celui-ci indexe le mode de gouvernance de nos États. Car, une partie des régions est plus en phase avec les politiques publiques qu’une autre. L’exemple du nord du Mali a été pointé du doigt à titre illustratif. Montrant que la porosité des frontières et l’absence de l’État dans certaines zones accentuent les inégalités. « Ce qui induit le fait que des populations soient livrées à elles-mêmes. D’autres ne reçoivent pratiquement rien de l’État en termes de politique publique. Elles sont parfois oubliées dans la répartition du fruit de la coopération sociale », appuie l’analyste politique Sylvain N’guessan. Il faut en déduire que le terreau fertile à l’émergence des groupes comme Boko Haram résulte de la mauvaise gouvernance. Et le contexte de violence structurelle. Cela transforme certaines de nos régions en un terreau fertile à l’implémentation de groupes armés non conventionnels.

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Education, comme mesure antiterroriste

La question du terrorisme et de l’extrémisme violent est très complexe. Vu les multiples facettes qui y conduisent, il est important d’opter pour un répertoire d’actions face au phénomène. Suite à une question d’un participant sur le rôle de l’éducation dans la résolution des conflits, le conférencier pense qu’il peut être « appréhendé très directement à travers la clé d’analyse des inégalités horizontales ». Il pense tout de même que dans nos traditions africaines, « nous avons des socles importants qui pourraient être mobilisés ». Aussi, il faut envisager le rôle de l’éducation de manière très prospective. L’éducation, bien entendue en faveur de la paix, parce que la violence n’a jamais servi, va scander le professeur.

Toutes ces situations de guerre et de conflit sont peut-être une étape de longue durée dans la formation de nos États. Les multiples « défis de sécurité sont une étape pour aboutir dans quelques décennies voire plus à la maturation de nos États ».

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