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Animation de la vie politique : Le Bénin rejoint les grands

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON
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Au Bénin, plus possible pour les micros partis de se faire élire. Le nouveau Code électoral voté mardi 5 mars, vient corser les conditions d’attribution des sièges. Et cela y va de la réforme du système partisan dont la finalité est d’avoir des partis forts.

Février 2020. Coup de massue ! Lors d’une conférence de presse à Abuja, la Commission électorale nationale indépendante (Inec) annonce la dissolution de 75 partis politiques. Le pays en comptait au total 92 qui animent la vie politique. Pour cause, la loi fédérale exige d’eux de remporter au moins 25 % des suffrages dans l’un des 37 États du Nigeria, République fédérale. Plus encore, dans ce gra, chaque parti politique doit avoir des élus locaux au moins dans une commune.

En matière d’animation de la vie politique, il y a donc longtemps que le Bénin est en déphasage avec la ”norme” dans le monde. Il suffisait d’émerger dans son quartier ou dans sa collectivité et vite, on devenait leader politique. Ainsi, les populations étaient partagées par des partis étiquetés soit comme appartenant au Couffo, à Abomey, l’Ouémé ou le nord. Depuis 2019, le pays tourne chaque jour dos à ce dangereux balkanisation ethnique du pays en vue de la réalisation de l’idéal d’État-nation.

Adopté le 5 mars, le nouveau code électoral ne fait pas que corser l’éthique politique chez les élus. Il exige également ceux qui aspirent à diriger le Bénin entier, d’avoir un leadership et des appuis politiques dans tout le pays.

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Il n’est jamais trop tard pour bien faire. Nous sommes à 63 ans après les indépendances. Alors que nous avons accédé à la souveraineté internationale la même année (1er août 1960). Et même avant le Nigéria (1er octobre 1960). Pourtant, le géant de l’est savoure ce niveau de maturité et de cohésion politique depuis longtemps. Pareil du côté du Ghana.

Au pays de Jerry Rawlings tout comme au Nigéria, deux grands partis politiques à ancrage national animent la vie politique. Les dirigeants politiques notamment le président de la République émerge (toujours) de leur sein. Ainsi, le National democratic congress (social-démocrate) et le New patriotic party (centre-droit) gouvernent successivement le Ghana depuis des décennies. À travers John Kufuor (Npp) de 2000 à 2008 ; John Atta Mills (Ndc) de 2008 à 2012 ; John Dramani Mahama (Ndc) de 2012 à 2016) et Nana Akuffo Ado (Npp) depuis janvier 2017. Au Nigeria, la vie politique est dominée par les deux principaux partis, à savoir le Congrès des progressistes (Apc) et le Parti démocratique populaire (Pdp), principale formation de l’opposition.

Il ne s’agit là guère d’une exception africaine. En Europe et en Amérique aussi, l’utilité de la grandeur et de l’envergure des partis ainsi que de leur présence partout sur le territoire national est un vieil acquis. Curieusement au Bénin, les acteurs (peut-être hypocritement) crient encore à l’exclusion face à une réforme aussi urgente et vitale.

Dans ces deux pays africains notamment, il est difficile de dire que tel  parti appartient à telle ou telle région ou ethnie du pays. Avantages : la stabilité et l’unité nationale.

Le seuil contraignant

Dans sa volonté de réaffirmer la vocation des partis politiques en démocratie, le législateur a relevé le seuil d’éligibilité au partage des voix. « Un parti ne sera éligible au partage des sièges que s’il obtient au moins 20% des suffrages exprimés. Ceci, respectivement dans chacune des 24 circonscriptions électorales du Bénin ».

Cette innovation du nouveau Code électoral encourage la recomposition des forces politiques en vue d’une démocratie béninoise efficace. Le seuil de 20% lance un grand challenge aux partis politiques. Contrairement aux intoxications ambiantes, le critère d’éligibilité au partage de sièges ne vise aucun parti. Mais plutôt un message fort pour les partis qui doivent travailler sérieusement pour représenter dignement le peuple. A l’heure actuelle, aucune formation politique n’a la garantie de pouvoir remplir ces conditions aux prochaines élections.

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En effet, partis de la mouvance comme de l’opposition, aucun d’entre eux n’avait obtenu 20% de suffrages exprimés dans chacune des 24 Circonscriptions électorales aux législatives du 8 janvier 2023. À commencer par les trois partis politiques représentés actuellement au Parlement, à savoir l’Union progressiste le Renouveau, Les Démocrates et le Bloc républicain. Conclusion : tous les partis politiques ont désormais du pain sur la planche.

Tous les partis ont encore deux ans pour continuer de s’enraciner et de se renforcer. Ce qui est largement suffisant pour espérer représenter dignement le peuple au sein des instances de prise de décisions. 

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