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Fonctionnement des entreprises et administrations : Une étude du Cipb révèle le déclin des valeurs patriotiques

Par Koladé Raymond FALADE
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Le Conseil des investisseurs privés du Bénin (Cipb) a lancé jeudi 7 mars un ouvrage intitulé « La motivation et l’engagement des personnels dans l’administration publique et les entreprises privées au Bénin ».

L’ouvrage présente les résultats de la dernière étude du Conseil des investisseurs privés du Bénin (Cipb). Il est réalisé sous la direction du professeur Dodji Amouzouvi, enseignant-chercheur à l’Université d’Abomey-Calavi. Il porte sur le Bénin d’aujourd’hui et celui de demain.

« L’intérêt du travail est de recenser systématiquement les principales problématiques de nos compatriotes qu’il faut corriger », justifie le président du Cipb Rolland Riboux. D’abord, cela permettra d’atteindre les objectifs de la vision Bénin 2060 qui fera suite à la vision Alafia 2025.

Dans cette étude, plusieurs facteurs « ont été identifiés qui structurent le corpus des valeurs béninoises ». Ces valeurs incluent le modèle familial, l’éducation, la traite négrière, le ressenti de la colonisation, le choc de la période marxiste et la persistance du laxisme dans l’administration malgré les différentes réformes.

L’éducation se trouve alors comme l’une des clefs pour un changement à long terme. Ainsi, le livre propose que les programmes scolaires soient « revisités et débarrassés aussi bien des problématiques des pays du nord que des tiers-mondistes pour s’inspirer des pays qui ont émergé réellement ».

Le professeur Dodji Amouzouvi va plus loin et propose la création d’une agence qui diffusent de nouvelles façons d’être béninois, à la fois par un retour aux valeurs traditionnelles et par la pratique du leadership vertueux dans toutes les classes de la société.

Délaissement des valeurs patriotiques

Au Bénin, les valeurs patriotiques ont presque disparu de l’administration publique mais également des entreprises privées. Ce qui n’était pas le cas par le passé. Dans un panel animé lors du lancement du livre, des experts ont donné les causes du délaissement des valeurs dans la société. Ceux qui doivent transmettre ces valeurs, « deviennent parents trop précocement » constate le professeur Dodji Amouzouvi.  « On n’a pas eu le temps soi-même d’intégrer les valeurs quand soi-même on fait venir au monde d’autre valeur », déplore-t-il. 

Aussi pointe-t-il du doigt, les institutions de socialisation. Pour lui, l’école n’est plus comme par le passé. Même les lieux de culte (Eglise, Mosquée, Couvent » ainsi que la rue ne demeurent plus comme des institutions de transmission des valeurs.

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Cependant, il n’y a pas que l’éducation pour la transmission des valeurs. Dodji Amouzouvi « veut pour preuve nos grands-parents qui ont été à l’école à un moment où la morale, le civisme, le patriotisme occupaient 40 voire 50% de la masse horaire ». A l’en croire, cela n’a pas empêché une grande partie d’entre eux, de devenir aujourd’hui les gros corrupteurs ou les gros corrompus. Il insiste de ce fait sur « la responsabilisation ».

Rolland Riboux, le président du Cipb insiste par contre sur l’éducation pour la transmission des valeurs. Et cela commence à partir de l’école. Mais également à travers les médias audiovisuels. « Ici au Bénin, nous n’avons pas des médias qui diffusent des programmes qui reflètent nos valeurs », fait-t-il remarquer. Ailleurs souligne-t-il, les dirigeants filtrent les programmes que les populations peuvent recevoir chez eux. Ce qui leur permet de construire une société solide. Le président du Cipb demande de ne pas se laisser impressionner par les élucubrations des pays occidentaux.  Il invite les Béninois à être fier de leur civilisation, de leur culture et l’imposer aux autres si possible. «Il ne faut pas avoir peur », lance Rolland Riboux.

Motivation

Le spécialiste de la théorie socio-économique Dr Comlan Fagnibo a également son avis sur la question. Il explique qu’au sein de l’entreprise, la motivation des employés est aussi importante. Mais avant, il faut connaitre chacun de ses employés. Car, « la motivation c’est suivant la culture ».

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Au Bénin, les gouvernants sont en train de travailler pour intégrer dans le système éducatif les notions de citoyenneté, apprend le directeur général de l’administration Eric Ainanmon. Puisque au sein de l’administration ou de l’entreprise, ce n’est pas que la gouvernance qui motive. Mais aussi, l’influence de l’éducation de chacun. Par exemple, « l’estime de soi qui se traduit par un souci de soigner son image. Il y a des relations interpersonnelles qui agissent et la volonté de développement personnel. Donc, il y a un certain nombre d’actions qui ont été entreprises depuis 2016 avec des propositions qui feront l’objet d’étude approfondie pour permettre d’améliorer la situation ».

La ministre du Travail et de la Fonction publique Adidjatou Mathys qui a lancé l’ouvrage a félicité le Cipb pour cette œuvre. Elle leur a rassuré du soutien du gouvernement pour renforcer le partenariat public-privé au Bénin.

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