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Le Bénin facilite le retour en Afrique des Afro-descendants

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON
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Le Bénin facilite le besoin grandissant de reconnexion des Afro-descendants avec l’Afrique. Un projet de loi transmis à l’Assemblée nationale mercredi 8 mai, définit les conditions et modalités spécifiques suivant lesquelles ceux-ci peuvent acquérir la nationalité béninoise par reconnaissance.

L’annonce de ce texte intervient à un moment où les bénéficiaires sont de plus en plus nombreux à revendiquer leurs liens avec la terre africaine, leur ré-appartenance à celle-ci, le renforcement identitaire et la valorisation de leur contribution à son renouveau. Le projet de loi dispose que l’Afro-descendant, c’est « toute personne qui, d’après sa généalogie, a un ascendant africain subsaharien déporté hors du continent africain dans le cadre de la traite des Noirs.»

À ce titre, la preuve de «l’afro- descendance est fournie par le demandeur au moyen de toute documentation d’état civil ou officielle, de tous témoignages constatés par acte authentique, d’un test ADN réalisé par une structure agréée au Bénin ou par tout autre moyen technique ou scientifique.»

Toutefois, un bémol : les bénéficiaires sont amputés des droits politiques et de l’accès à la Fonction publique béninoise.

«L’article 98 de notre Constitution dispose que la citoyenneté, les droits civiques, sont du domaine de la loi. Quoique la nationalité béninoise par reconnaissance confère à son détenteur tous les droits et obligations qui y sont attachés, conformément à l’article 36 de la loi n° 2022-32 du 20 décembre 2022 portant code de la nationalité en République du Bénin, elle excepte cependant les intéressés des droits politiques et de l’accès à la Fonction publique béninoise.»

Relevé du conseil des ministres

Cette loi marque une étape supérieure dans la politique panafricaniste en cours au Bénin depuis 2016 avec la suppression de visas pour tous les ressortissants africains en vue de renforcer l’intégration africaine.

Bilan humain

L’esclavage des Africains est l’un des chapitres les plus sombres de l’histoire de l’humanité et de la rencontre avec l’Occident. Il a duré plus de 400 ans. Pendant plus de quatre siècles donc, plus de 15 millions d’hommes, de femmes et d’enfants ont été enlevés à leurs terres et à leurs cultures. Destination : des champs de canne à sucre ou une vie de sévices. L’on oublie souvent, par contre, l’autre esclavage celui arabo-musulman qui a duré «treize siècles sans interruption ».

L’abolition de la traite négrière n’aura été effective que grâce à la résistance des victimes elles-mêmes, notamment ceux d’Haïti. Ainsi, dans la nuit du 22 au 23 août 1791, ils s’insurgent contre le système esclavagiste pour obtenir la liberté et l’indépendance d’Haïti, en 1804. «C’est à Haïti que la République se mit debout pour la première fois», comme le traduit Aimé Césaire. «Cette révolte a marqué un tournant dans l’histoire humaine, dont l’impact fut considérable pour l’affirmation de de l’universalité des droits humains, dont nous sommes tous redevables.» admet l’Onu.

Actes concrets

Par la résolution 68/237, l’Assemblée générale de l’ONU a proclamé la période de 2015 à 2024 comme Décennie internationale des personnes d’ascendance africaine placée sous le thème « Personnes d’ascendance africaine: reconnaissance, justice et développement ». L’Union africaine suivra cette dynamique, en reconnaissant «la Diaspora comme la sixième région du continent, actant ainsi la nécessité d’une reconnaissance des Afro-descendants comme partie intégrante à part entière du continent africain».

La reconnexion des Afro-descendants avec l’Afrique est encouragée depuis des lustres notamment par le mouvement Retour en Afrique (Back-to-Africa) apparu aux États-Unis au XIXe siècle inspiré du mouvement Rastafari. Certains pays sont avancés sur la question à l’instar du Ghana. Le pays de Kwame Nkrumah et John Rawlings a lancé l’Année du Retour. L’initiative a incité en 2019, près de 750 000 visiteurs à se rendre sur les routes du tourisme mémoriel.

Mais les Afro-descendants ne viennent pas que faire du tourisme mémoriel comme sur la Route de l’esclave à Ouidah. Certains entament clairement le processus de l’expatriation. D’autres investissent et créent des entreprises. Au Bénin, les plus célèbres sont le couple de Mère et Papa Jah. Cette famille est retournée au Bénin sur la terre de leurs ancêtres depuis 1997. À Pahou, la militante agroécologiste et panafricaine et son mari ont créé un Centre agroécologique, une école, un jardin et un centre d’éveil.

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