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La France en embuscade au Bénin contre le Niger ? Niamey y croit !

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON
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Le Niger donne sa part de vérité dans trois dossiers qui enrhument ses relations avec le Bénin voisin. Le blocage du pipeline Bénin-Niger par Cotonou, la sortie frauduleuse des céréales vers les pays de l’hinterland et le maintien de la fermeture des frontières entre les deux pays, côté nigérien.

Le Premier ministre Lamine Zeine Ali Mahaman montre clairement que son pays garde dent contre le Bénin pour les sanctions communautaires de la Cedeao suite au coup d’État contre Mohamed Bazoum. En conférence de presse samedi 11 mai, il a clairement reproché au Bénin voisin d’avoir appliqué avec sévérité lesdites sanctions ”illégales”.

«Lorsque en l’absence d’aucune base juridique l’institution à laquelle nous appartenions qui est là Cedeao avait pris aveuglément, iniquement, de manière irresponsable des mesures punitives, il y a un certain nombre de pays appartenant à l’organisation qui se sont montrés je dirai dans une position assise, avec hargne. Cela a été tout à fait inacceptable pour nous. Il y a bien sûr le Bénin à travers son président. Tout le monde l’a vu, comment il a appelé, au-delà de la fermeture étanche des frontières, il a porté sur lui le message de la guerre qu’il fallait livrer à notre pays. Si aujourd’hui nous faisons la lecture des éléments, des traces de cette position on ne devrait pas en être étonné. Et en cela, nous avons décidé malgré l’ouverture des frontières, il faut le rappeler, nous avons 7 frontières. La seule qui a été gardée de manière étanche c’est celle avec le Bénin -il faut le dire – même pendant la période de punition.»

Lamine Zeine

Selon lui, le Bénin et particulièrement son président n’aurait pas renoncé à sa posture va-t-en-guerre contre le Niger. Il aurait ainsi dans ce dessein, offert le Bénin comme base arrière aux militaires français chassés du Niger. Selon le Premier ministre nigérien, le Bénin abrite des bases militaires françaises. Ce qui justifie le statut quo à la frontière des deux pays pour raison de sécurité. Cela malgré la levée des sanctions par la Cedeao et la volonté de normalisation engagée par le Bénin.

«Nos anciens partenaires qui sont les français, lorsque le peuple nigérien dans son ensemble derrière notre président le Général Tiani a décidé que ces partenaires qui ne jouaient pas franc jeu avec nous devraient partir, ils ont insisté que leur sortie soit le Bénin. Nous avons refusé cela en leur disant que la seule concession que nous pouvons leur faire c’était d’emprunter la voie de 1500km et de s’en aller. Ce qu’ils ont fait. (…) Mais il ne faut pas se tromper. Ils ont fait 1500km mais ils sont revenus là où ils voulaient être, là où ils voulaient sortir la première fois, c’est-à-dire le territoire de la République du Bénin.»

Lamine Zeine Ali Mahaman cite même des localités septentrionales du Bénin où lesdites bases militaires françaises seraient installées. Plus intéressant, il parle des bases «où on entraîne [des terroristes] qui doivent venir déstabiliser notre pays (le Niger).»

«La carte où se trouvent ces bases, il y en a 5 exactement. Ces bases de déstabilisation connues et documentées sont notées dans les localités de Tourou, Kandi, Borga, parc W, Madecali, pour ne citer que celles-là. Ce n’est pas une vue de l’esprit, c’est une vue réelle sur la base d’éléments documentés. Voilà la raison pour laquelle notre pays a dit pour l’instant nous gardons fermée cette frontière jusqu’à ce que le Bénin décide de traiter de cette question essentielle.»

Terrorisme

La sécurité est une promesse existentielle pour les militaires au pouvoir au Niger. La dégradation de la situation sécuritaire est, en effet, la justification de leur coup d’État contre le président ouvertement pro-français, Mohamed Bazoum.

Les rumeurs sur la présence de militaires français au nord Bénin également en proie au terrorisme sont vielles. Le gouvernement béninois les a toujours démenties. Le Niger semble indirectement attendre du Bénin une diplomatie anti-française. Une manière de lui dénier la souveraineté dans ses choix géostratégiques. Pourtant, Cotonou ne voit pas d’un mauvais œil le déploiement de militaires russes à Niamey. Les deux pays, qui sont libres de leurs choix, doivent alors retourner à la table des négociations en vue de sauvegarder l’unité et l’intérêt de leurs peuples frères.

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