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Violences sexuelles et sexistes

Violences sexistes et sexuelles : Dure réalité à Dogbo et mobilisation des acteurs

Par Sêdaminou Béni AGBAYAHOUN
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Les femmes de Dogbo dans le département du Couffo ont vidé leur sac concernant les violences sexuelles et sexistes auxquelles elles sont confrontées. La Ligue béninoise des droits des femmes a organisé dans l’arrondissement de Tota, samedi 6 juillet, une séance de sensibilisation. Sa présidente appelle à l’action pour aider les femmes à s’en sortir.

Veuvage prolongée, lévirat, confiscation d’épargne ou encore d’héritage. Les femmes de la commune de Dogbo continuent de souffrir le martyre des violences sexuelles et sexistes. « Ce qui m’a le plus frappé, ce sont les cas de lévirat qui continuent aujourd’hui au Bénin, à Dogbo », s’étonne Joanita Bocossa, présidente de la Ligue béninoise des droits des femmes. Et ce n’est pas tout.

« Sous nos cieux ici, quand ton mari décède, tu fais 9 mois de veuvage », déplore Paulette Annie Kembo, conseillère communale et présidente de Fame Ong – Femme autonome mère épanouie. « Qu’on dise qu’une femme soit obligée après la mort de son mari, d’être enfermée pendant 9 mois, je n’avais jamais entendu ça », s’offusque Joanita Bocossa.

La période de veuvage qui dure généralement entre 1 et 3 mois, se prolonge exagérément dans certaines familles à Dogbo. « C’est une violence dont nous devons beaucoup plus parler », s’est-elle résolue.

La séance de sensibilisation des femmes de Dogbo sur les Vss a donc permis à ces dernières, de lever le voile sur plusieurs violences insoupçonnées dont elles sont encore victimes. Qu’ils s’agissent de violences physique, morale, sexuelle ou financière. « Quand tu travailles et que tu épargnes, ton mari peut venir ramasser ton argent, arguant que tu vis sous son toit », confessent quelques participantes. Pour d’autres c’est la charge de la grossesse qui devient leur lot face à la démission des conjoints.

De plus elles n’ont toujours pas droit à l’héritage. Et ce, en dépit des dispositions prévues par les textes de loi au Bénin.

« Il est temps de briser le silence »

Les élus locaux, des membres d’associations engagées dans la défense des droits des femmes et des filles et même le commissaire de Dogbo ont également pris part à la séance de sensibilisation. Soulevant même certains aspects qu’il est temps selon eux, de conjuguer au passé.

En venant à Dogbo, la Ligue avait un objectif : « sensibiliser [les femmes] par rapport au fait qu’il est temps de briser le silence afin que nous puissions avoir des données quantitatives et qualitatives pour mieux continuer le travail que nous faisons ». Et avec autant de confessions et témoignages, la présidente Joanita Bocossa quitte Dogbo encore plus déterminée à agir.

La séance de sensibilisation s’est tenue dans le cadre de la campagne « Compter pour toutes ». La campagne ambitionne de contribuer à améliorer le système actuel de données sur les Vbg et Vss au Bénin. Le Système intégré des données relatives à la famille, la femme et l’enfant, Nouvelle génération (Sidoffe-Ng), malgré ses récentes mises à jour, souffre toujours de quelques insuffisances.

« Les cas de lévirat par exemple ne sont pas renseignés dans notre système actuel », relève Joanita Bocossa. D’où l’importance de cette séance de sensibilisation mais également d’écoute des peines des femmes. Elle va permettre « de voir comment remonter l’information par rapport aux indicateurs à renseigner » dans le système d’information « afin que tout le monde soit pris en compte ».

Sagesse et prudence, engagement collectif

Marcellin Sognon, premier adjoint au maire de Dogbo se réjouit de la séance de sensibilisation sur les Vss. S’il constate que « les violences physiques sont très rares », il déplore néanmoins la persistance des « violences verbales et économiques ». Il souhaite alors que les femmes se servent des notions acquises « pour se défendre dans [leurs] foyers ». Pas pour « lutter contre leurs maris », a-t-il invité.

Le commissaire de police Yakoubou Tassigui de Dogbo appelle quant à lui les femmes à tenter un règlement à l’amiable dans le cercle familial. Surtout « lorsqu’il s’agit des scènes de ménages ». Ou encore à se référer au Guichet unique de protection sociale, ancien Cps. Mais en cas de violences physiques, séquestration ou encore de viol, il rassure quant aux « obligations » du commissariat de Dogbo. « On ne peut pas se soustraire de connaitre de ces cas ». « C’est une obligation », a-t-il martelé.

Il rappelle la disponibilité du commissariat à accueillir et aider les plaignantes à trouver des solutions à leurs problèmes.

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