À l’occasion de la Journée mondiale de l’eau, le Réseau béninois du Parlement mondial de la jeunesse pour l’eau (Rb/Pmje) a organisé une visite de terrain au profit de ses membres, des étudiants de l’Institut national de l’eau (Ine), de la société civile et d’une délégation de la fondation Mtn. L’initiative, dénommée « Écho des glaciers », a porté sur la visite des zones touchées par l’érosion côtière et des travaux de l’Institut de recherche halieutique et océanologique du Bénin (Irhob).
« La préservation des glaciers », tel est le thème de l’édition 2025 de la Journée mondiale de l’eau. À l’Institut national de l’eau (Ine), point de départ de cette visite, le directeur de l’Irhob Dr Zacharie Sohou a expliqué le phénomène des glaciers. « Le glacier, comme vous le savez, c’est la glace. Quand la glace fond, cela veut dire que la hauteur de l’eau augmente. Quand la hauteur de l’eau augmente, l’eau peut sortir de son lit », explique-t-il.
Selon lui, ce phénomène est directement lié à l’érosion côtière. L’élévation du niveau de la mer expose les populations à des risques d’inondations. Ainsi, Zacharie Sohou dénombre deux types d’inondations : l’inondation due à l’eau pluviale et l’inondation due aux eaux de la mer.
Bien que le Bénin ne dispose pas de glaciers, le pays subit les conséquences de leur fonte, notamment au niveau du littoral. Cette situation entraîne la perte de terres, la destruction d’infrastructures et d’autres conséquences graves, souligne Faustus Piero Kegnidé, ingénieur hydraulique et coordinateur de l’initiative « Écho des glaciers ».
Une immersion sur le terrain pour une prise de conscience
L’objectif principal de cette activité du Réseau béninois du Parlement mondial de la jeunesse pour l’eau est d’offrir aux jeunes des organisations de la société civile, aux étudiants de l’Ine et aux membres de la fondation Mtn l’opportunité de découvrir et de comprendre les conséquences de l’érosion côtière. La visite a également mis en lumière les mesures mises en place par le Bénin pour y faire face et les recherches effectuées à l’Irhob.

Les participants ont ainsi visité les locaux de l’Irhob avant de se rendre à la plage du Plm Alédjo à Akpakpa pour observer de visu les effets de l’érosion côtière. La visite est conduite par Dr Christian Adje, océanographe, chercheur et enseignant à l’Université d’Abomey-Calavi.
Selon ses explications, « au Bénin et précisément du côté d’Akpakpa, l’érosion côtière sévit depuis les années 80 jusqu’à nos jours ». Ce qui a conduit à la réalisation de plusieurs travaux.
Sur la côte, les jeunes ont pu découvrir les différentes formes de lutte contre ce fléau. « Ils étaient également à Avlékété où ils ont vu les digues immergées. Il y a également les rechargements, ce qui porte à trois les stratégies de lutte contre l’érosion côtière au Bénin ».
Depuis les années 2010, le gouvernement a installé sept épis espacés d’un kilomètre à la plage d’Akpakpa. En 2015, des petits épis supplémentaires ont été ajoutés, portant leur nombre à plus d’une dizaine sur la côte d’Akpakpa.
Des solutions à renforcer
Malheureusement, aucune solution définitive n’existe contre l’érosion côtière. « Dès que vous installez les épis et que vous ne les entretenez pas, vous allez constater que les morceaux de pierre que vous avez entassés se répandent en milieu marin et sont engloutis », relève Christian Adje.
L’entretien des épis est assuré par le gouvernement, qui fait appel à un bureau d’études international pour effectuer les travaux de renforcement. L’Institut de recherche halieutique et océanologique du Bénin (Irhob) joue un rôle essentiel dans l’évaluation des phénomènes côtiers et la proposition de solutions. Selon les recherches de l’institut, « à Akpakpa, nous perdons plus de trois mètres de côte chaque année. Ainsi, si rien n’est fait, d’ici 10 ans, la voie inter-État qui mène vers Porto-Novo pourrait disparaître », prévient l’océanographe.

Pour faire face à ce défi, il est nécessaire d’adopter une approche régionale en collaboration avec les pays voisins comme le Togo, le Ghana, la Côte d’Ivoire et le Nigeria. « Lorsque vous installez des épis sur votre côte, vous déplacez le problème vers le voisin. Or, le droit international interdit l’installation d’un épi à moins de 10 kilomètres de la frontière », a-t-il poursuivi.
Une implication collective
Mtn pour sa part, soutient toutes les initiatives ayant un impact positif sur l’environnement et les communautés locales. Cette activité a permis de mobiliser les acteurs publics et privés autour d’actions durables et inclusives.
Pour clôturer la visite, les participants ont posé un acte éco-citoyen en nettoyant la côte. En perspective, les organisateurs envisagent d’installer des poubelles sur les plages et d’afficher des messages de sensibilisation sur la protection de l’océan.
