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Formation agricole et rurale : Le Bénin officialise sa plateforme nationale du RiFar

Par Koladé Raymond FALADE
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Le Bénin franchit une nouvelle étape dans la structuration de sa politique de formation agricole et rurale. L’Association béninoise des acteurs de la Formation agricole et rurale (AbeFar) a été officiellement créée à l’issue d’un atelier national tenu les jeudi 12 et vendredi 13 juin à Abomey-Calavi avec la participation d’acteurs venus de tout le pays et de la sous-région, notamment du Togo.

Organisé dans un contexte de dynamisation des dispositifs de formation pour les acteurs du monde agricole, cet atelier visait à doter le Bénin d’une plateforme nationale du Réseau international Formation agricole et rurale (RiFar). L’initiative s’inscrit dans la continuité des engagements pris par le Bénin en matière de formation professionnelle, notamment à travers la Stratégie nationale d’enseignement et de formation techniques et professionnels (SN-Eftp 2020-2030) et la Stratégie nationale de formation agricole et rurale (SN-Far).

Selon Ismaïl Moumouni Moussa, professeur à la Faculté d’agronomie de Parakou et représentant-pays du Rifar, « l’Association béninoise pour la Formation agricole et rurale est une structure créée pour promouvoir le partage des connaissances et des expériences entre les acteurs impliqués dans la formation agricole et rurale au Bénin ». Il ajoute que cette plateforme se veut également un outil de plaidoyer pour inciter les décideurs politiques à « travailler à la rénovation » du système de formation, en vue de « permettre une meilleure insertion des jeunes agriculteurs et des jeunes impliqués dans les différentes chaînes de valeur agricoles ».

Une formalisation attendue

« Le réseau a été créé depuis 2006 et, ici au Bénin, nous en sommes membres fondateurs. J’ai même eu la chance d’en être le premier secrétaire général à l’échelle internationale pendant six ans », a rappelé Marcellin Hylé, secrétaire technique permanent du Cadre national de concertation pour l’implication du secteur privé dans la formation professionnelle. Pour lui, cette formalisation a pris du temps pour des raisons d’organisation. « Avant de procéder à une formalisation, il faut s’assurer que nous avons des bases solides : l’appui politique, l’appui institutionnel et la présence des acteurs clés sur lesquels on peut s’appuyer » a-t-il précisé.

Marcellin Hylé fait savoir que l’environnement était auparavant peu favorable. « Il y a dix ans, on n’entendait pas parler de lycées agricoles. Aujourd’hui, même si certains ne sont pas encore créés, le fait que le politique en ait parlé signifie qu’il a donné du sens à la formation agricole et rurale ». La formalisation s’inscrit donc désormais dans un contexte propice.

Durant les deux jours de travaux, les participants ont adopté les textes fondamentaux de l’association (statuts et règlement intérieur) et procédé à la mise en place des organes de gouvernance, notamment le Conseil d’administration et le secrétariat permanent. Une feuille de route stratégique a également été élaborée pour guider les premières actions du bureau exécutif.

Un appui régional et international

Présent à cette rencontre, le vice-président du RiFar, Dr Jacques Agbényigan Ayité, a salué l’initiative, soulignant que « le Bénin est l’un des pays à l’origine de la création de cette plateforme internationale ». Il a précisé que sa présence vise à représenter le président et le secrétaire exécutif du réseau, empêchés, et à exprimer leur soutien à la formalisation de la plateforme béninoise.

Pour lui, cette étape est cruciale car « tous les acteurs engagés dans la formation agricole se retrouvent et renforcent leur synergie ». Elle permet également de « redéfinir ensemble les missions de chacun » au sein du système de formation.

Dr Jacques Agbényigan Ayité a aussi insisté sur la pertinence des thématiques abordées par le réseau, notamment l’agroécologie, le genre et les défis liés aux changements climatiques. « Nous savons que, que ce soit au niveau de la base, des centres de formation ou des institutions, leur rénovation est une nécessité », a-t-il affirmé. Il a par ailleurs salué l’appui de l’Agence française de développement, partenaire actif du réseau.

Vers une meilleure structuration du secteur

L’atelier marque l’aboutissement de plus d’une décennie d’efforts pour doter le Bénin d’un cadre formel de coordination des acteurs de la Formation agricole et rurale. Avec la naissance de l’AbeFar, le pays rejoint officiellement les 19 membres du Rifar déjà structurés en plateformes nationales. Une avancée qui devrait contribuer à une meilleure cohérence des politiques, à une valorisation accrue des ressources humaines agricoles et à une plus grande visibilité des initiatives locales.

La dynamique est désormais lancée pour permettre au réseau béninois de jouer pleinement son rôle dans la modernisation du secteur agricole national.

Membres du Conseil d’administration de l’AbeFar

Président : Ismaïl MOUMOUNI (Université de Parakou)
1er vice-président : Marietta GONROUDOBOU
2e vice-président : Bonaventure AYEDA (Association des MAFAR)
Secrétaire général : Augustin FATON (ONG Bouge)
Secrétaire générale adjointe : Soulé MAMADOU
Trésorière générale : Bassabi LÉA
Trésorier général Adjoint : Olivier SINANBARAGUI

Composition du Conseil de surveillance

Président : Florent OKRY (Université Nationale d’Agriculture)
Secrétaire général : Idi ABDOULAYE
Rapporteur : Augustin KOUEVI

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