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23ème Japrp : L’Ong Amshart en croisade contre les accidents professionnels (Le casse-tête des cadavres rejetés par la mer)

Initiée par l’Ong Amshart, la célébration en différé de la 23ème édition de la Journée africaine de la prévention des risques professionnels (Japrp) à l’intention des agents de la voirie d’Abomey-Calavi, s’est tenue vendredi 31 mai à l’arrondissement de Godomey. Les communications et panels dans ce cadre visent à les aider à prendre conscience des mesures de sécurité et de santé au travail.

Par S. B. AGBON

L’état des lieux en matière de sécurité et santé au travail est triste dans le monde et particulièrement au Bénin. De 2016 à 2018 par exemple, 2084 cas d’accidents de travail et 12 décès ont été enregistrés au Bénin, selon les statistiques fournis par Ghislain Guidi, chef du Service prévention des risques professionnels à la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss). Ceci sans compter les cas non déclarés. La cause réside dans l’ignorance et l’inobservance des mesures de sécurité sur les lieux de travail. Un constat qui a motivé la création, le 14 mai 2004, de l’Ong Amshart, a indiqué lors de la cérémonie d’ouverture, Philomène Akpodji, présidente du conseil d’administration de ladite Ong.

Le capital humain étant le premier facteur de développement, l’initiative de l’Ong Amshart a reçu un écho favorable chez autorités locales et sponsors. Le chef de l’arrondissement hôte, Léon Kpobli a salué un « acte très louable » qui, selon lui, permettra aux agents de la voirie de prendre conscience des risques au travail et d’adopter des comportements responsables. Comme doléance il a souhaité que cette action de sensibilisation soit élargie désormais à tous les agents de la mairie d’Abomey-Calavi. Il a, pour finir, interpellé les tenanciers de bars et toute la population à contribuer à l’assainissement des plages en cessant de salir le travail des brigadiers de l’Ong Amshart qui balaient quotidiennement ces espaces.

Quant au 2ème adjoint au maire d’Abomey-Calavi, Julien Honfo a entre autres montré que la mairie a bien conscience de l’importance de la sécurisation du capital humain au travail, gage d’un développement durable. C’est pourquoi « Les actions qui seront menées pour la santé et la sécurité au travail ne seront pas limitées aux agents de la voirie mais devront être généralisées à tous les travailleurs de la commune. Nous invitons l’Ong Amshart et tous les participants au présent atelier à y réfléchir et à proposer des résolutions et recommandations dans ce sens. », a-t-il souhaité. Et de promettre la mise en œuvre du plan de prévention des agents de la voirie, lequel plan interviendra à la suite de la visite de travail le 2 mai 2019. Cela y va de l’amélioration de leurs conditions de travail en général et surtout la manipulation des cadavres que la mer rejette souvent sur la plage, compliquant ainsi le travail des brigadiers, a soutenu monsieur Honfo. La mairie travaillera avec l’Ong Amshart et bien d’autres directions et partenaires en vue de la formation et de la dotation du service en matériel et équipement adéquat, a-t-il rassuré. C’est sur ces mots qu’à travers l’élu la mairie a souhaité plein succès aux travaux. A son tour, Alimatou Badarou, la représentante des sponsors a célébré les brigadiers, notamment ceux de la plage de Togbin pour leur travail harassant d’assainissement. Sans oublier tous les agents de la voirie « dont les conditions de travail nous interpellent tous », a-t-elle déclaré. A travers leur soutien à l’événement les sponsors montrent ainsi leur attachement à l’assainissement des plages, a justifié la représentante.

Le casse-tête des cadavres

Enfin le représentant du ministre du cadre de vie et du développement durable, Rosaire Attolou a d’entrée déclaré que l’Ong Amshart fait partie des meilleures en matière d’assainissement des plages. C’est donc un choix judicieux de lui confier la plage de Togbin. Le projet d’assainissement, a-t-il rappelé est un projet du Pag porté par le Ministère du cadre de vie et du développement durable qui vise à rendre propres et attrayants les 125 km de plage du Bénin. Les ordures qu’on y trouve sont entre autres les sachets plastiques, bouteilles en plastiques, etc. « Mais quand des cadavres s’y mêlent ça doit vraiment faire réfléchir. C’est pourquoi le ministère adhère à la présente manifestation initiée par l’Ong Amshart qui, se faisant apporte une touche particulière aux actions d’assainissement », a-t-il salué. Il a par ailleurs insisté sur le respect des normes d’occupation et à un comportement citoyen de la part des tenanciers de bars, population et pêcheurs pour encourager le travail des brigadiers. Par ces mots, il a déclaré ouvert, au nom du ministre, la célébration de la Japrp. S’en est suivi la présentation du thème central de la journée «Construire les bases d’une prévention durable en milieu de travail en Afrique : un défi pour tous »  par Ghislain Guidi.

Les cadavres que la mer rejette constituent un véritable casse-tête pour les brigadiers. Non seulement ils compliquent l’assainissement des plages mais se pose cruellement le problème de leur enlèvement. Selon les confidences du directeur de la voirie, directeur des services techniques (Dst) de la mairie d’Abomey-Calavi, Dieudonné Mègninou ce genre de travail, personne ne veut le faire et il manque aussi l’équipement adéquat (rousse d’inhumation, cache-nez, gangs, chaussures… à usage unique). « Même le conducteur du corbillard a renoncé », a témoigné le Dst. Une communication a été donc spécialement consacrée à cette question sur le thème « Les risques encourus par les agents de la voirie d’Abomey-Calavi à l’enlèvement  des cadavres rejetés par la mer ; cas de la plage de Togbin Dahô et conduites préventives. »

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