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4e mandature de la décentralisation : La bombe derrière les désignations

Blocages levés, indiscipline des conseillers parée…La désignation aisée et prolifique de maires le samedi 6 juin 2020 montre l’efficacité de la loi n°2020-13 interprétant et complétant le code électoral votée en procédure d’urgence, mardi 2 juin. En l’espace de 24 heures, une trentaine d’équipes dirigeantes des conseils communaux et municipaux a été dévoilée. Un pas remarquable dans la mise en place complète de la 4e mandature de la décentralisation. Cependant, les populations sont restées sur leur soif. Nombreuses sont les équipes qui leur ont inspiré dégoût, colère et déception. Pareille chez de nombreux conseillers frustrés de n’avoir pas dit leurs mots dans les urnes.

Des maires issus des choix opérés par le haut sommet des partis politiques ne seront jamais dans les grâces de leurs conseils. Les signes sont patents, et le Chef de l’Etat, Patrice Talon ne dirait pas le contraire. Il a dû jouer à l’apaisement et à la médiation sur plusieurs fronts pour obtenir l’adhésion autour de certaines listes. Le cas, parmi tant d’autres, de Sakété où des conseillers en colère se sont rendus, le vendredi 5 juin chez le chantre de la Rupture à Cotonou. « Il nous a apaisés et demandé de défendre partout la liste présentée par l’Up comme si elle était nôtre. Qu’en retour, il promet de marquer positivement Sakété pour contenter les populations », rapporte à un groupe de jeunes tout aussi mécontents du choix, l’un des conseillers de la délégation. A Houéyogbé, la contestation n’a guère tardée. Les images d’une population fâchée dans les rues, brûlant pneus et érigeant des barrières, avec de grosses fumées dans le ciel, ont fait le tour de la toile.

Il est clair : au niveau de plusieurs communes, les dirigeants des partis politiques majoritaires ont fait un mauvais casting alors que le choix des populations au soir des élections du dimanche 17 mai était clair. Les visages des détenteurs du mandat 2020-2026 ont été dessinés par les résultats de sorte que des sacres effectués le samedi 6 mai ont ressemblé à un coup d’Etat orchestré contre le peuple.

Dans ces conditions, que faut-il craindre ? Rien d’autres que la 4e mandature de la décentralisation soit mouvementée. D’abord par des contestations populaires dont les premières manifestations ont commencé. Et ensuite, par le scénario des destitutions perlées, bien que les conditions soient désormais corsées par la loi modificative du code électoral. Mais avant, hormis ceux installés avant le vote de la loi interprétative, les maires ont la triste réputation d’être nommés, imposés. Ce qu’une élection transparente, qui donne une base de légitimité et éloigne les frustrations, pouvait faire éviter.

Par Sêmèvo B. AGBON

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