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64% de réussite au Bac 2021 : « Aucun gouvernement sérieux ne donnerait des résultats politiques »‚ Wilfried L. Houngbédji

Les examens de fin d’année (Cep, Bepc et Bac) ont livré leur verdict. Celui dont les résultats ont retenu l’attention, est le Baccalauréat session de juin 2021. Pour la première fois depuis cinquante ans, le taux de réussite a dépassé la barre de 60%. Wilfried Léandre Houngbédji explique pourquoi il ne faut pas y voir des résultats politiquement fabriqués.

Par Raymond FALADE

C’est un résultat qui a surpris plus d’un. 64,42% de taux de réussite au Bac 2021. Des années durant, le taux de réussite à cet examen pour l’obtention du premier diplôme universitaire, a été toujours autour de 50% au plus. Le porte-parole du gouvernement Wilfried Léandre Houngbédji lors d’une rencontre le vendredi 16 juillet avec les journalistes, s’est prononcé sur la question. Selon lui, ces résultats ne devraient surprendre guère. Car, ils sont les fruits des réformes opérées dans le secteur de l’éducation au Bénin. Lesquelles réformes portent surtout sur le droit de grève. A l’en croire, cette réforme a beaucoup contribué à la réussite des enfants aux différents examens cette année. « La réforme du droit de grève qui fait que comme les hôpitaux, nos écoles fonctionnent mieux. Les enfants font neuf mois de cours plein et ne font plus deux ou trois mois de cours et passent le reste du temps dans les rues. C’est cela qui améliore les résultats » a justifié Wilfried Léandre Houngbédji. A ceux qui pensent qu’il s’agirait des résultats politiques fabriqués par le gouvernement de la Rupture pour montrer qu’il travaille bien et que ces réformes portent des fruits, le secrétaire général adjoint du gouvernement a été clair. « Aucun gouvernement sérieux ne donnerait des résultats politiques ou demander d’augmenter le taux de réussite, non ! Encore moins Patrice Talon ». Et de poursuivre que « autant vous n’avez plus de parents qui reviennent de l’hôpital public en disant ils ont refusé de me soigner là-bas parce qu’ils sont en grève. Je suis allé, ils sont au travail et les gens qui ont prêté serment ont refusé de me prendre en charge. Autant vous n’avez plus ça, autant vous ne voyez plus en plein midi, à dix heures, à seize heures, des enfants en kaki en train de se promener parce que les enseignants sont en train grève ». Ainsi, si les enseignants sont présents à leurs responsabilités et que les enfants ont les conditions pour être en classe, les résultats s’améliorent a-t-il ajouté. Pour lui, il faut s’en féliciter et féliciter ceux qui ont œuvré pour l’avènement de cette réforme et les encourager à continuer dans la même lancée.

2 thoughts on “64% de réussite au Bac 2021 : « Aucun gouvernement sérieux ne donnerait des résultats politiques »‚ Wilfried L. Houngbédji

  1. Cher Monsieur,
    Un taux politique n’est pas forcément mauvais s’il ne change pas plus négativement la réalité du système.

    Premièrement, ça ne sert à rien de faire échouer des gens dans un système qui produit des personnes dont les capacités sont les mêmes lorsqu’ils échouent ou lorsqu’ils réussissent et même parfois plus compétents lorsqu’ils échouent que lorsqu’ils réussissent vu que le taux de chômage est plus élevé dans les catégories que le système déclarent admis. Donc c’est mieux de déclarer que le système est une formalité et ne faire échouer que ceux qui abandonnent afin de reporter les évaluations à l’entrée des systèmes qui vont utiliser ces personnes soit pour d’autres études ou pour le travail. Ainsi, les gens deviendront plus sérieux.

    Deuxièmement, nous avons un système d’évaluation qui ne permet pas de se venter d’un taux de succès aux examens. Nos examens ne sont pas standardisés pour qu’on puisse savoir ce que vaut un taux de succès. Notamment s’il est aléatoire, politique ou manipulé. Dans un système où ce sont des hommes qui proposent les épreuves, que ces hommes en cercles fermés s’échangent les sujets qu’ils proposent, prennent d’assaut des réseaux ouverts de Travaux dirigés promettant 100% de succès, que les candidats se ruent vers ces réseaux et traitent 100% des sujets avant l’examen, que les politiques eux-mêmes s’y mêlent au niveau local avec les TD signés au nom des élus pour la future propagande,… Que valent les taux de succès? L’efficacité interne n’est plus un indicateur du système éducatif au Bénin. Rendez-vous à la sortie du système éducatif et à l’entrée du système productif pour juger de l’efficacité externe qui ne trompe pas par le DESERT DE COMPETENCES de plus en plus JUNGLE D’INCOMPETENCES…
    Troisièmement, on ne compare pas un taux brut de succès d’une année à l’autre et d’un lieu à l’autre même si ce taux est fiable. En effet, une succession de faibles taux de succès sur plusieurs années aboutit à une accumulation de candidats doublant, redoublant, triplant,… augmentant le nombre de candidats ayant repris plusieurs fois la même chose avec plus de chances de réussir même par hasard!!! Donc un fort taux brut de succès après une série de faibles taux n’est pas meilleur même dans un système d’évaluation sérieux que nous n’avons pas vu les commentaires 1 et 2 plus haut. Il faut en général recourir à des taux de succès par catégorie de candidats pour comparer une année à l’autre encore que c’est compliqué si ce n’est pas la même épreuve et parfois pas les mêmes principes d’une année à l’autre.

    Quatrièmement, la comparaison des taux de succès entre les lieux différents (départements ou communes) n’est pas appropriée. Les conditions d’enseignement et d’évaluation ne sont pas les mêmes. On a dans les grands centres urbains les professeurs dans toutes les matières et toutes les classes, les meilleurs professeurs du pays, les meilleurs écoles en termes de moyens et infrastructures, les familles les plus nanties pour former leurs enfants, les plus grands réseaux de TD (tricherie dirigée) qui traitent les épreuves avant les examens…. Où est le taux de succès qu’on peut comparer entre une école de Cotonou et Tchoumi Tchoumi pour reprendre la légende!!!

    En conclusion, il n’est pas opportun de faire des publicités sur des taux bruts de succès qui ne traduisent rien d’une efficacité interne fiable pour une année donnée, ni verser dans des comparaison d’une année à l’autre, d’un lieu à l’autre, d’un établissement à l’autre. En attendant des corrections du système il n’est pas mauvais de décréter des taux politiques de désengorgement et reporter les évaluations à l’entrée des systèmes externes au système éducatif. La Finlande qui est deuxième meilleur système éducatif au monde ne fait presque pas d’évaluation des enfants!!!

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