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71e anniversaire de la Dudh : 15 jours d’activisme pour promouvoir les droits humains (Un rapport de CSB sur les violations lors des législatives)

L’Ong Changement social Bénin en partenariat avec Amnesty international Bénin a lancé dans la soirée du mardi 26 novembre la ‘’Quinzaine des droits humains pour la célébration du 71e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme (Dudh). L’évènement s’est tenu à l’Infosec de Cotonou en présence des professionnels des médias et membres de la société civile.

Par Barnabé Y. KINTOHOU

Comme à son habitude depuis l’année 2018, l’Ong Changement social Bénin a organisé la deuxième édition de la quinzaine des droits humains en prélude à la célébration du 71ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme (Dudh). Il s’agit de 15 jours de dialogue et d’échange avec les médias sur les droits humains. L’édition de cette année s’intéresse aux droits humains qui ont souffert dans le cadre des législatives du 28 avril 2019 et l’engagement des jeunes pour les droits humains dans le contexte électoral.

En effet, dans un document d’une quarantaine de pages intitulé ‘’Les droits humains à l’épreuve des législatives du 28 avril 2019 en République du Bénin », Changement social Bénin a porté son regard critique sur le huitième processus électoral comptant pour l’élection des représentants du peuple à l’Assemblée nationale. Pour Fidel Kikan, président d’Amnesty international Bénin, qui a présenté le document à la presse, le titre du rapport est évocateur. A travers une démarche empirique, le document expose les faits attentatoires aux droits humains vécus pendant la période électorale et les compare à ce qui devrait être. Le président du Conseil d’administration de Changement social Bénin, Ralmeg Gandaho dans son discours, a fustigé de nombreux faits et actes attentatoires au libre exercice et aux jouissances des droits civils et politiques enregistrés au cours de la période électorale. Entre autres, « la faible participation des acteurs politiques supposés de l’opposition, l’usage excessif de la force notamment les tirs à balle réelle sur les manifestants non armés dans la même proportion passant par des actes et faits de restriction de l’espace civique des autorités politiques et administratives béninoises. » Des faits qui, selon lui, ont exposé le processus électoral devant conduire à l’installation de la huitième législature à de sérieux doutes tant sur la légalité que sur la légitimité dudit processus. Et c’est au regard des nombreux faits enregistrés lors desdites législatives que des jeunes activistes des droits humains de la société civile notamment Changement social Bénin et Amnesty international Bénin ont fait le monitoring de tout le processus électoral. Fidel Kikan regrette pour sa part la perte de l’intégrité physique, de vie et de liberté enregistrée au cours de la période électorale. Le document a fait une extension sur l’actualité par rapport à la révision de constitution. Sur ce point Fidel Kikan a indiqué que « la fondation d’une maison ne se fouille pas tous les jours ». Et que pour construire la fondation des lois d’une maison ou d’un pays, il faut prendre toutes les précautions de sagesse.

« Le rapport fait état des actes contraires aux principes portés fondamentalement par la Déclaration universelle des droits de l’homme sur des questions relatives aux droits des citoyens à la participation au processus démocratique à travers des élections libre et transparente, au droit à la vie, au droit d’accès à l’information, aux libertés d’expression, d’association, de réunion, de manifestations pacifiques lors de la période pré-électorale, électorale et post-électorale. Un constat qui porte les germes d’une dépossession de l’humanité », a conclu Gandaho avant de prôner l’aération de l’espace civique, gage de l’Etat de droit. A Fidel Kikan d’inviter les jeunes à sortir de la ‘’partisannerie’’ pour pouvoir analyser les faits par rapport aux principes et aux valeurs de façon objective. Car « la vigilance de tous est la veille citoyenne de tous » a-t-il conclu.

Le thème des Nations unies en 2019 pour la célébration du 71eme anniversaire de la Dudh est ‘’ les jeunes défendent les droits de l’homme.’’

 

Allocution de lancement de la quinzaine

(Ralmeg Gandaho, président du conseil d’administration, Ong CSB)

 

Mesdames et Messieurs,

Depuis l’année 2018, Changement Social Bénin a pris l’initiative d’organiser chaque année, une Quinzaine des droits humains en prélude à la célébration de l’anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Ainsi, l’année 2019 connait la deuxième édition de cette initiative.

La deuxième édition de la Quinzaine des droits humains met l’accent fondamentalement sur deux éléments majeurs : les droits humains à l’épreuve des législatives du 28 avril 2019 et l’engagement des jeunes pour les droits humains dans ce contexte électoral.

La République du Bénin, connue et célébrée pour son modèle de démocratie libérale à travers le monde depuis 1990, passa non sans anicroches, son huitième processus électoral comptant pour l’élection des représentants du peuple à l’Assemblée Nationale. De nombreux faits et actes attentatoires aux libre exercice et jouissance des droits civils et politiques ont été enregistrés. De la faible participation des acteurs politiques supposés de l’opposition à l’usage excessif de la force notamment de tirs à balles réelles sur des manifestants non armés dans la même proportion passant par les actes et faits de restriction de l’espace civique, des autorités politiques et administratives béninoises ont exposé le processus électoral devant conduire à l’installation de la 8e législature à de sérieux doutes tant sur la légalité que sur la légitimité dudit processus. Toutes choses mettant en cause la responsabilité des autorités susmentionnées à respecter, protéger et mettre en oeuvre des droits fondamentaux en considération de ce que « Les droits de l’homme doivent constituer le langage commun de l’humanité, la boussole de tous les Etats du monde » comme l’affirmait l’ancien Secrétaire Général des Nations Unies Boutros Boutros GHALI

Mesdames et Messieurs,

Mieux, « Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais ceux qui les regardent sans rien faire » affirmait Albert EINSTEIN. C’est fort de cela que des jeunes activistes des droits humains de la société civile notamment de Changement Social Bénin et d’Amnesty International Bénin ont fait le monitoring avec des moyens limités de tout le processus électoral. Capitalisant les fruits de ce travail de monitoring, le rapport « Elections et droits humains 2019 » fut réalisé par quelques jeunes activistes des droits humains de Changement Social Bénin. Ledit rapport fait état des actes et faits contraires aux principes portés fondamentalement par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme sur des questions relatives au droit des citoyens à la participation au processus démocratique à travers des élections libres et transparentes, au droit à la vie, au droit d’accès à l’information, aux libertés d’expression, d’association, de réunion, de manifestation pacifique lors de la période préélectorale, électorale et postélectorale. Un constat qui porte les germes d’une dépossession de l’humanité comme l’affirmait Nelson

MANDELA, « Refuser de connaitre à un homme ses droits fondamentaux revient à le déposséder de son humanité ».

C’est ici le lieu de reconnaitre et célébrer le travail de cette jeunesse évoquée plus haut au profit de la défense des droits humains au Bénin. Cette reconnaissance et cette célébration viennent à point nommé car en parfaite harmonie avec le thème 2019 de la célébration du 71èm anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme « Les jeunes défendent les droits de l’Homme ». Ainsi, cette jeunesse mérite une adresse spéciale. Elle mérite d’être saluée pour son courage et son indignation devant l’horreur et le déni de l’humanité, être informée sur les nouveaux mécanismes des Rapporteurs Spéciaux contre les représailles tant au niveau régional qu’international ; être accompagnée pour les défis contemporains inhérents à son avenir. Il urge aujourd’hui au Bénin, l’aération de l’espace civique gage de l’Etat de droit, ce qui appelle davantage d’efforts et de sacrifice de cette jeunesse déjà engagée notamment les Web activistes à travers leurs efforts d’ouverture de cet espace désormais restreint voire bouché. Cette jeunesse doit être célébrée et encouragée pour tous ses efforts. Elle doit poursuivre sans relâche et consolider son engagement objectif au profit de la défense des droits fondamentaux.

« Quand ils sont venus chercher les juifs, je n’ai rien car je n’étais pas juif. Quand ils sont venus chercher les communistes, je n’ai rien dit car je n’étais pas communiste. Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai rien dit car je n’étais pas syndicaliste. Et quand ils sont venus me chercher, il n’existait plus personne qui aurait voulu ou pu protester » ainsi exprimait son indignation le Pasteur Martin NIEMOLLER

Mesdames et Messieurs de la presse

Chers collègues de la société civile

Je termine mes propos par cette conviction : Même aux heures les plus sombres, quand tout n’est que désolation, les braises de l’espoir continuent à rougeoyer dans le cœur de la jeunesse. Il y va de la sauvegarde de l’humanité.

Vive la jeunesse agissante pour l’aération de l’espace civique au Bénin !

Vive la jeunesse convaincue et engagée pour les droits humains !!

Vive l’action avec une saine conviction pour un changement social !!!

Je vous remercie.

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