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Accès à l’eau potable dans le monde : Des milliards de personnes encore en détresse

À huit ans de l’échéance de l’Objectif de développement durable no.6 (Odd6) visant à assurer « un accès universel et équitable à l’eau potable, à l’hygiène et à l’assainissement d’ici 2030 », des milliards de personnes dans le monde n’ont toujours pas accès à l’eau potable, à des services d’assainissement de qualité et à des installations basiques de lavage des mains selon une enquête de l’Oms en 2019. En Afrique, les résultats des enquêtes d’Afrobarometer dans 34 pays révèle‚ selon la dépêche n°503 publiée lundi 24 janvier, que la plupart des pays n’arrive pas à gagner le pari.

Par Raymond FALADE

L’accès à l’eau potable et à l’assainissement est un droit de l’homme, une condition préalable à une bonne santé publique et au développement et un défi pour la plupart des gouvernements africains. Avec la pandémie de Covid-19, l’homme a su davantage comment l’hygiène sauve des vies. Malheureusement, l’or bleu reste toujours une denrée rare pour bon nombre de personnes. Si les expériences varient considérablement d’un pays à l’autre, en moyenne près de la moitié des Africains n’ont pas accès à des systèmes d’eau courante, et seule une minorité d’entre eux vivent dans des zones desservies par des systèmes d’égouts. Un nombre croissant de personnes est confronté à des pénuries d’eau potable. Ces problèmes sont particulièrement graves pour les habitants des zones rurales et les personnes économiquement défavorisées. Dans 24 des 34 pays dans lesquels l’enquête à été menée, la majorité des personnes enquêtées notent négativement les performances gouvernementales en fourniture des services d’eau et d’assainissement.

Infrastructures hydrauliques pas toujours disponibles

Le premier indicateur de l’Odd6 appelle à garantir l’accès de tous à l’eau et à l’assainissement. Pour que cet indicateur clé soit réalisé, les communautés doivent disposer d’installations de distribution d’eau courante. Dans toutes les zones où Afrobarometer collecte des données, les agents collecteurs enregistrent la présence ou l’absence d’infrastructures clés, notamment « un système d’adduction d’eau accessible à la plupart des maisons » et un forage ou un puits tubé. En moyenne à travers 34 pays, 56% des Africains vivent dans des zones dotées de systèmes d’eau courante. Un pourcentage similaire (54%) vivent dans des localités dotées de forages ou de puits tubés. Alors que 30% vivent dans des zones dotées des deux types d’infrastructures, 15% se trouvent dans des zones qui ne disposent ni d’un système d’eau courante ni d’un forage ou d’un puits tubé.
L’accès à l’eau courante varie considérablement d’un pays à l’autre. Tandis que la quasi totalité des Mauriciens (99%), Tunisiens (96%) et Botswana (96%) vivent dans des zones desservies par un système d’eau courante, il n’en est de même que pour le quart des citoyens au Burkina Faso (24%), en Guinée (25%) et au Libéria (27%).
L’écart est tout aussi large pour ce qui est des forages/puits tubés, de moins d’un sur cinq citoyens en Namibie (16%), en Afrique du Sud (18%) et au Cape Vert (19%) à environ neuf sur 10 au Cameroun (92%), au Bénin (89%) et au Malawi (88%). Selon l’enquête, les pays où les systèmes d’eau courante sont courants ont tendance à ne pas avoir des forages/puits tubés en quantité, et vice versa. Onze pays affichant des pourcentages de la disponibilité de systèmes d’eau courante supérieurs à la moyenne des 34 pays affichent également des pourcentages inférieurs à la moyenne pour ce qui est des forages/puits tubés. Treize autres pays présentent le scénario inverse (c’est-à-dire, inférieur pour ce qui est des systèmes d’eau courante et supérieur en ce qui concerne les forages/puits tubés). Dans quelques pays, les systèmes d’eau courante sont aussi courants que les forages/puits tubés comme le Ghana, la Côte d’Ivoire, la Tanzanie et le Zimbabwe. L’Ethiopie se distingue avec une faible disponibilité aussi bien des systèmes d’eau courante (28%) que des forages/puits tubés (21%), abandonnant six sur 10 citoyens (60%) à vivre sans aucun des deux services. L’absence aussi bien de l’eau courante que des forages/puits tubés est également courante en Angola (38%), au Libéria (30%), en Tanzanie (28%), en Mozambique (27%) et en Zambie (25%). Comme l’on pourrait s’y attendre, les systèmes d’eau courante sont beaucoup plus courants dans les villes que dans les zones rurales (82% contre 34%), tandis que les forages et les puits tubés sont plus souvent présents dans les localités rurales (62% contre 45%). La disponibilité de l’eau courante est également élevée dans les zones économiquement favorisées, atteignant 82% chez les répondants affichant une « pauvreté vécue nulle » et régressant à mesure que la pauvreté vécue s’accroît, jusqu’à 43% chez les plus pauvres.
Afrobarometer (Afrobaromètre‚ en français) est un réseau panafricain et non partisan de recherche par sondage qui fournit des données fiables sur les expériences et les évaluations des Africains en matière de démocratie, de gouvernance et de qualité de vie. Huit rounds d’enquêtes ont été réalisées dans 39 pays depuis 1999. Le Round 8 d’enquêtes (2019/2021) couvre 34 pays, 18 pays sondés entre juillet 2019 et avril 2020 et 16 sondés (après une interruption due à la Covid-19) entre octobre 2020 et juillet 2021. Afrobarometer réalise des entretiens face-à-face dans la langue choisie par le répondant avec un échantillon national représentatif qui produit des résultats nationaux avec des marges d’erreur de +/-2 à +/-3 points de pourcentage à un niveau de confiance de 95%.

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