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‘’Affaire Sonko’’ au Sénégal : Une crise de crédibilité des institutions

Le feu a brûlé et du sang a coulé au Sénégal. A la base, l’affaire Sonko du nom de cet opposant au président Macky Sall. Accusé de viol par la masseuse Adji Sarr, l’honorable député a été arrêté après la levée de son immunité. L’opposant qui reconnaît certes avoir fréquenté l’atelier nie les accusations. Il y voit plutôt un complot monté au plus haut sommet de l’Etat pour éliminer un adversaire politique. La population surtout la jeunesse adhère à cette thèse du complot. S’en est alors suivi plus de trois jours de casses et d’incendie. Au moins quatre morts ont été déplorés. Les manifestants que la Police a essayé péniblement de contenir, s’en sont aussi pris aux entreprises françaises ; la France étant accusée de soutenir le président à qui il est reproché une « dérive autoritaire » et une hostilité envers l’opposition.

Cette affaire pouvait être élucidée en toute sérénité si les institutions de la république jouissaient encore de la confiance des populations. La levée de l’immunité du dernier opposant radical par le Parlement suivi de sa convocation…La jeunesse de plus en plus intransigeante sur les questions de souveraineté et de démocratie refuse d’espérer une vraie justice dans une affaire qui sent mauvais dès le départ et presque similaire au cas de Khalifa Sall. La fuite du procès-verbal des auditions dans la presse a mis au jour de nombreuses incongruités et incohérence de la plaignante. Ce qui a davantage attisé la colère des populations. De plus, l’enquêteur Oumar Touré en charge de l’affaire Sonko-Adji Sarr a même rendu sa démission.

Du Sénégal au Niger en passant par le Mali et la Côte d’Ivoire, les gouvernants africains ont besoin de renforcer la démocratie, l’indépendance des institutions et surtout de rassurer la population, les jeunes qui nourrissent des colères et ressentiments prêts à exploser à la moindre occasion.

Par Sêmèvo B. AGBON

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