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African leaders Awards : L’Ong Ife Africa célèbre Dr Coovi Raymond Assogba

L’Ong Ife Africa a décoré, samedi 22 mai lors d’une cérémonie solennelle à la salle Majestic de Cotonou, plus d’une vingtaine d’acteurs socioéconomiques dont le docteur Coovi Raymond Assogba, maître de Conférences et enseignant à l’Université d’Abomey-Calavi.

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON

La reconnaissance est pour le bénéficiaire, une motivation à mieux faire. Tel est le sens des trophées « Alopheir 2021 » décernée à une « armée de gens qui pensent et travaillent afin que l’espoir soit permis », selon les mots du parrain. Les bénéficiaires ont en partage d’avoir un parcours remarquable, pouvant servir d’inspiration « pour les jeunes qui hésitent encore à faire le premier pas ». Leurs profils divers vont de l’artisan à la transformatrice de produits agro-alimentaires, du prêtre-écrivain à l’enseignant en passant par le tradithérapeute. En leur remettant les trophées au titre de l’African leaders Awards, ils ont été encouragés et exhortés à « viser plus haut dans ce que chacun fait ». Sans eux « le monde serait incomplet », les a magnifiés tout en célébrant leurs efforts qui « permettront de relever les défis communs de nos pays ». Chacun d’eux a reçu également un tableau et un certificat signé du directeur de l’Ong Ife Africa.

Parmi les récipiendaires, le docteur Coovi Raymond Assogba retient particulièrement l’attention de par son parcours et engagement de longue date à faire des religions endogènes, de la pensée Vodun un levier de développement. Il a inventé une théorie en Sciences sociales et humaines : la contracculturation en 1995 à l’Université Félix Houphouët Boigny de Côte d’Ivoire à l’occasion de son doctorat de 3e cycle. La Contracculturation, « c’est tisser la nouvelle corde au bout de l’ancienne », a-t-il résumé à l’assistance. En 2019, à l’occasion de son doctorat d’État, soutenu à Abomey-Calavi, il a convaincu le jury international que « le Rêve est un fait scientifique que les occidentaux ont reconnu mais surtout que c’est une méthodologie de recherche, de collecte des données en Sciences sociales : sociologie, anthropologie, histoire et archéologie ».
Dr Coovi Raymond Assogba fait partie aussi des victimes de la révolution de Kérékou. Il est en effet, l’un des étudiants de 1985 qui s’est battu contre le parti Parti de la révolution populaire du Bénin (Prpb) pour réclamer le droit au travail, à l’emploi. Pour mémoire, à cette époque, « le gouvernement avait pris une décision le 14 avril 1985 pour suspendre l’affectation des fins de cycle dans les unités d’enseignement ». Ce militantisme estudiantin lui a valu l’exil politique en Côte d’Ivoire 22 ans durant. Il n’est revenu définitivement qu’au Bénin en 2008. Actuellement, sa tâche à l’Université d’Abomey-Calavi (Uac) « est de former les étudiants et de faire la recherche. »
L’autre combat qui mobilise les énergies du Dr Assogba, c’est « l’utilisation du Vodun pour réformer le système socioéconomique du Bénin ». A cet effet, il a inventé une conférence « Le 10 janvier : et après ? » pour y réfléchir. Toujours à l’Uac, il est le porte-flambeau de la Boologie, « science qui enseigne les variables scientifiques du Fa-Vodun et Boo ». Elle a été inventée par le professeur Apovo Cossi Jean-Marie à l’issue de sa thèse de doctorat sur « L’anthropologie du ‘’Bo’’. Théorie et pratique du gris-gris ».
Docteur d’Etat en Spiritualité du développement et socioanthropologue, Raymond Assogba est très sollicité pour aborder et élucider des questions culturelles. Tous les samedis, il participe à l’émission « Le Grand débat culturel » du journaliste Florent Eustache Hessou à l’Ortb « pour ouvrir la psychologie des Béninois à la reconnaissance et à l’acceptation sans honte de la vie du Vodun ». Il a d’ailleurs adopté le « Jͻwamͻ culturel » emprunté à Sagbohan Danialou « pour promouvoir à côté du français les langues maternelles qui sont tout autant des véhicules et outils de connaissances scientifiques ».
Il s’est dit très honoré de la distinction. « L’honneur est un sentiment d’estime et de considération ayant une conduite digne, méritante, conforme à un certain nombre de normes d’un groupe ou d’une société. Vous me conférez aujourd’hui une identité et le respect. Les normes de Alophéir c’est d’élever un chercheur qui met ses activités au service de son unité d’enseignement, sa nation et son continent. Un chercheur qui vit de la sueur de son front, de son labeur, du travail de ses mains », a-t-il déclaré après réception du trophée. Son patron, le recteur de l’Uac, Pr Maxime da Cruz s’est fait représenter à l’événement par son chef de cabinet, Dr Adjéran Moufoutaou.
Le docteur Assogba est auteur entre autres, de : « Nouvel esprit scientifique de la permanence des pensées de la Boologie à l’orée du XXIe siècle, l’Âge d’or inattendu est disponible », paru aux Editions Generis Publishing, Allemagne, en 2020 ; « Le paradigme de la contracculturation. Nouveau courant sociologique et anthropologie de pensée en science sociale et humaines », paru aux Editions LASODYLAREYO, à Cotonou en 2006 ; et, « Epistémologie de la Boologie », publiée aux Editions AGBAGBO, à Cotonou en 2006.

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