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Ancien ministre de l’Intérieur sous Yayi : Armand Zinzindohoué prêt pour un second mandat à Talon

L’ancien ministre de l’Intérieur sous le président Boni Yayi soutient que les initiatives de suscitation de la candidature de Talon en 2021 ne sont pas un crime. Elles se justifient au regard de la métamorphose en cours dans le pays, que les citoyens, comme lui, souhaitent pérennes. Telle est la position de Armand Zinzindohoué reçu au téléphone par la radio Sêdohoun pour commenter le communiqué de la Présidence de la république, samedi 29 août, réaffirmant l’opposition de la Rupture au culte de la personnalité du Chef de l’État Patrice Talon.

Par Sêmèvo B. AGBON

ça ne devrait pas surprendre, l’injonction de la présidence d’enlever des carrefours et places publiques les posters à l’effigie du Chef de l’État. Ainsi pense l’ancien ministre de l’Intérieur Zinzindohoué. “Quand Patrice Talon prenait le pouvoir il avait exprimé son désaveu pour le populisme. Pour lui il faut mettre devant l’État et non l’individu. Je trouve qu’il est resté égal à lui-même. C’est un bel exemple !” a salué l’invité reçu le mardi 1er septembre dernier. Les nombreuses initiatives pour inciter Talon à briguer un second mandat en 2021 ne sont guère mauvaises, précise-t-il en avouant que lui-même les partage en ce sens qu’elles souhaitent la continuité de la dynamique du développement en cours depuis 2016. “Ce dont il est question ici, c’est la métamorphose qu’on voit au niveau du Bénin du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest. Vous êtes d’accord avec moi que le pays change de visage. Le pays a changé de look maintenant. Qui ne veut pas que le Bénin change de visage ? Qui ne veut pas que le Bénin se métamorphose ? Donc pour cette raison, on dit maintenons cette dynamique qui est en cours. Tout le monde veut ça. Tout le monde veut que le pays évolue. Je pense que les initiatives s’inscrivent dans cette logique.” Par conséquence, le rappel à l’ordre n’interdit pas les initiatives. Seulement, croit-il, il faut patienter le moment propice “où on peut associer les effigies aux initiatives… C’est la compréhension qu’il faut avoir de la réaction du Président de la République”.

Sur le plan sécuritaire, l’ancien ministre estime que ce communiqué prévient de potentiels troubles à l’ordre public. “Au niveau de la sécurité publique, ça règle beaucoup de chose ; ça crée un environnement de bonne sécurité publique parce-que imaginez-vous, le souci du Président de la République c’est qu’il y ait de l’ordre dans le pays. Imaginez-vous que les affiches sont posées pêle-mêle, ça peut faire croire à une période de précampagne électorale ou de campagne électorale. On n’est pas encore dans cette période. Imaginez-vous, il y a encore d’autres candidats qui ont d’autres ambitions pour la prochaine présidentielle. Imaginez-vous qu’il y a des effigies du Chef de l’État, il y a aussi des effigies desdits candidats, ça va faire penser à quoi ? Et quand c’est comme ça, ça peut créer un trouble à l’ordre public”, a-t-il analysé.

 

Intégralité de son intervention

 

Pourquoi Patrice TALON est-il allergique au culte de sa personnalité ?

Zinzindohoué : Non, il est fidèle à sa ligne de conduite. Quand le Président Patrice TALON prenait le pouvoir, il avait exprimé son désaveu au culte de la personnalité, donc son désaveu au populisme. Il ne voudrait pas être un Président populiste. Pour lui, il faut mettre l’État devant et non l’individu. Donc, je trouve que le Président Patrice TALON est resté égale à lui-même. Il est resté fidèle à sa ligne de conduite. Moi je trouve que c’est un bel exemple.

L’amour du citoyen lambda à son égard fait prendre des initiatives, l’affichage de poster par exemple. Trouvez-vous cela comme une pagaille, comme le font croire certains ?

Non, les initiatives sont de bonne foi. Le citoyen lambda doit exprimer ses initiatives, ses ambitions mais pas jusqu’à aller avec les effigies du Chef de l’État, c’est de ça qu’il est question. Il n’est pas contre les initiatives. Les initiatives doivent se manifester

Ces activités propagandistes organisées à tout vent pour louer les mérites de l’homme avec à l’affiche des affiches bien entendu; à quoi jouent alors les initiateurs ?

Non, les initiateurs, laissez-les prendre leurs initiatives. On ne peut pas empêcher un citoyen lambda de prendre des initiatives. On ne peut empêcher les gens de prendre les initiatives. Mais il est dit : prenez vos initiatives mais n’y associez pas mes effigies. Je pense que c’est de ça il est question. Il faudra quand même qu’on fasse la part des choses! Il ne peut pas empêcher le citoyen lambda d’exprimer ses vœux. Mais, c’est normal que des gens s’expriment en disant, bon, nous voulons un second mandat pour le Président Patrice TALON parce que constitutionnellement, il en a le droit. Donc, moi je trouve que c’est normal. Moi je fais partie de ceux-là qui expriment les initiatives là. C’est normal. Quand tu vois les résultats du premier mandat, tout le monde veut que le pays soit porté vers le haut ; tout le monde veut que le pays continue quand même de changer de visage ; tout le monde veut que la métamorphose du pays continue.

Il y a une folle envie de tout le monde de voir le Président dans le starting-block en 2021.

Oui, parce-que ce dont il est question ici, c’est la métamorphose qu’on voit au niveau du Bénin du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest. Vous êtes d’accord avec moi que le pays change de visage. Le pays a changé de look maintenant. Qui ne veut pas que le Bénin change de visage ? Qui ne veut pas que le Bénin se métamorphose ? Donc pour cette raison, on dit maintenons cette dynamique qui est en cours. Tout le monde veut ça. Tout le monde veut que le pays évolue. Je pense que les initiatives s’inscrivent dans cette logique. Que la dynamique continue mais le moment viendra où on peut associer les effigies aux initiatives ; attendons ce moment. C’est la compréhension qu’il faut avoir de la réaction du Président de la République.

La Présidence s’insurge contre le culte de la personnalité ; en tant qu’ancien ministre de l’intérieur, que vient régler ce communiqué au niveau de la sécurité publique, selon vous ?

Au niveau de la sécurité publique, ça règle beaucoup de chose ; ça crée un environnement de bonne sécurité publique parce-que imaginez-vous, le souci du Président de la République c’est qu’il y ait de l’ordre dans le pays. Imaginez-vous que les affiches sont posées pêle-mêle, ça peut faire croire à une période de précampagne électorale ou de campagne électorale. On n’est pas encore dans cette période. Imaginez-vous, il y a encore d’autres candidats qui ont d’autres ambitions pour la prochaine présidentielle. Imaginez-vous qu’il y a des effigies du Chef de l’État, il y a aussi des effigies desdits candidats, ça va faire penser à quoi ? Et quand c’est comme ça, ça peut créer un trouble à l’ordre public. Or, tout dirigeant doit être conscient et soucieux qu’il y ait de l’ordre dans le pays. C’est pourquoi le Président de la République a réagi de cette manière pour qu’il y ait de l’ordre dans le pays.

Tout contrevenant à cette interdiction sera appelé à répondre de ses actes, a expliqué la Présidence, la loi alors est à appliquer même à des partisans.

Tout à fait. La loi demeure la loi pour tous. Nul n’est au-dessus de la loi. Et tout le monde doit respecter la loi.

Comment marquer désormais son approbation au régime ?

Non, son approbation au régime, on peut le marquer à tout moment et en tout lieu mais pas en mettant les effigies devant. C’est de ça qu’il est question. Attendons, le moment viendra où il sera question des problèmes d’effigie.

Ce moment viendra, mais les Béninois sont pressés.

Les Béninois sont pressés mais laissons le temps au temps, monsieur le journaliste. Je pense que c’est une affaire de mois. Gardons les cartouches pour ce moment-là.

Mais ce n’est pas un crime pour un citoyen de susciter la candidature du Chef de l’État ?

Pas du tout ! Pas du tout. On peut susciter la candidature du Chef de l’État mais sans verser dans le culte de la personnalité en posant les effigies partout. C’est la liberté d’expression, la liberté d’opinion, la liberté d’expression est sacrée et la constitution consacre la liberté d’expression.

L’équation à résoudre maintenant, c’est quand le Chef de l’État dira son OK, c’est ce qu’attend le peuple béninois.

Tout à fait. Ce que je comprends, aujourd’hui, le chef de l’État est très occupé par le devenir du pays, par la poursuite de l’exécution du Programme d’action du gouvernement. Je pense que le moment viendra. Prenons notre mal en patience. Ce qui est sûr, c’est le peuple qui le réclame. Je pense qu’il va quand même prêter bonne oreille à ce que le peuple est en train de souhaiter.

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