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Après la naissance des jumeaux : « Fermer le trou », une obligation ?

Mère d’une fille, une jeune femme de trente-un ans a accouché, samedi 3 juillet à Abomey-Calavi, des quadruplés tous de sexe masculin. Désormais mère de cinq enfants, va-t-elle s’en arrêter là avec la reproduction ? Ou va-t-elle se plier à la culture béninoise qui demande de «fermer le trou» après la naissance des jumeaux en faisant un ‘’Dossou’’ ou une ‘’Dossi’’ ? Cette tradition est-elle intransigeante ?

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON

Les Hoxo (jumeaux) sont perçus dans plusieurs cultures béninoises comme des enfants pas ordinaires comme les autres. Leur naissance est considérée comme « un trou ouvert » qui doit être fermé. Ainsi, le garçon ou la fille qui naît à leur suite, est respectivement prénommé d’office ‘’Dossou’’ (littéralement Do=trou ; sou=fermer) ou ‘’Dossi’’. « Une femme enceinte, toute la communauté sait qu’elle doit accoucher d’un enfant peu importe le sexe. Lorsque c’est plutôt des jumeaux qui voient le jour, cela surprend et rend la joie plus intense », explique le socio-anthropologue et boologue Coovi Raymond Assogba. L’universitaire poursuit qu’à travers l’idée populaire du « trou ouvert », nos ancêtres voudraient exprimer cette « anormalité heureuse » de voir deux, trois voire quatre bébés provenir d’un seul geste. Faire un ‘’Dossou’’ ou une ‘’Dossi’’ doit alors s’entendre, conclut-il, comme un retour à l’ordinaire, à la normal.
Edwige Dovonou est la jeune femme ayant accouché de quadruplés à Abomey-Calavi. Avant elle, une malienne a fait plus, en donnant la vie à neuf bébés dans une clinique au Maroc, le 4 mai 2021. A la question de savoir si la béninoise envisage de se conformer à la culture, elle a refusé d’être catégorique. « La question reste posée. Je suis encore très jeune et je ne sais pas ce que l’avenir me réserve. Je n’ai que 31 ans. C’est vrai que cinq enfants c’est suffisant mais je ne peux rien dire parce qu’on ne dit jamais, jamais. Donc si Dieu veut que je tombe enceinte encore‚ au cas où ça viendrait j’accepterais. Pour le moment je rends grâce », a-t-elle répondu.

Volonté et responsabilité

‘’Dossou’’ ou ‘’Dossi’’, s’impose-t-il aux parents de jumeaux ? « Non », réagit Dah Aké Oundjèglo. Celui qui se présente au Bénin comme le « Roi des jumeaux » est très progressiste. On ne peut plus, défend-t-il, exiger d’un couple qui a fait des jumeaux, des quadruplés après trois ou quatre enfants, de « fermer un trou ». Car « La procréation est aussi une question de responsabilité. Surtout de nos jours, il faut tenir compte de ses moyens ».

Faire un ‘’Dossou’’ ou une ‘’Dossi’’ relève du bon vouloir des parents, faut-il retenir de ses éclairages. Néanmoins, il y a un rubicond à ne pas franchir. « Si la femme décide de « fermer le trou », elle doit le faire avec le père des jumeaux et jamais avec un autre homme ». Dah Aké Oundjèglo pointe ainsi les cas de divorce. « La Hoonon (mère de jumeaux) qui se remarie sans avoir fermé d’abord le trou avec son premier mari, constituera un danger pour son nouvel homme. En effet, ce dernier qui n’est pas Hootô peut offenser involontairement les jumeaux ; nul n’est parfait. Mais ces êtres peuvent ne pas lui témoigner de pitié comme il le feraient à leur père biologique. Par conséquent il peut perdre la vie prématurément ou connaître de sérieux blocages dans sa vie, ses affaires… », a-t-il détaillé. Et de conclure qu’« il existe certes des rituels dans ce cas mais c’est toujours mieux que celui qui a ouvert le trou le referme lui-même».

One thought on “Après la naissance des jumeaux : « Fermer le trou », une obligation ?

  1. L’histoire des jumeaux est une histoire très très compliquée au point les parents ne sont pas de la même congrégation.c,est à dire l’un chrétien et l’autre païen.ça cause de problème.Comme chez nous dans le christianisme céleste après la présentation du nouveau né comme l’exige la coutume religieuse qu, après le huitième jour l’enfant sera circonci.Après cette cérémonie les deux parents sont libres de faire leurs vies selon les moyens.je voulais souligner quelques choses aux chers lecteurs que en Jésus Christ il y a plus les pratiques andogènes.Mais si nous sommes dans la religion andogène les jumeaux ont forcément besoin de fermeture de trou que quand soi votre situation de vie.c, est une obligation qui concourt au bien être de famille de deux parents.ça c’est mon point de vue.merci mon frère je te soutiens.

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