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Après la sortie du livre « Pascal Irénée Koupaki l’énigme » : DSK parle de la Nouvelle conscience et accuse (Lire son interview explosive)

Au lendemain de sa sortie, elle suscite polémique et controverse. Incompréhension et désintérêt. Indignation et même dénonciation. “Pascal Irénée Koupaki, l’Enigme” la biographie signée par Anique Djimadja est un ouvrage à polémique. Au cœur de l’instruction à charge, Samson d’Almeida, une voix crédible et très proche du personnage mis en cause se prononce pour avoir été un compagnon de lutte politique.

Propos recueillis par Sènankpon DOSSOU

Bénin Intelligent : Que vous inspire la biographie de Pascal I. Koupaki faite par Madame Anique Djimadja ?

Samson d’Almeida : Anique n’était pas la seule dans la campagne ! C’est une mise en scène pour rattraper certaines erreurs et rassurer certains soutiens. Mais dans la vie il y a trois dimensions de personnes.

La première : c’est celle qui rentre dans votre vie, vous ouvre les portes fermées, vous montre le chemin de la réalisation, de l’ascension sociale et du bonheur.

La deuxième c’est celle qui rentre dans votre vie, détruit toutes vos relations en se montrant comme votre meilleur soutien. Cette catégorie de personnes vous traite en demi-dieu usant d’une certaine évidence la délation pour plaire et vous êtes sans volonté propre. Malheureusement, à la fin de la journée peines et désolation deviennent vos compagnons.

Enfin la 3ème dimension est celle qui rentre dans votre vie vous donne chaque jour de l’espoir soit par des conseils, soit par des diverses prières et généralement, ces personnes viennent vous soutenir à la fin de la journée. Aux aurores, joie et allégresse deviennent votre raison d’être.

À ces trois catégories, nous avons le libre arbitre de choisir par nous-mêmes notre sort. Il n’y a donc pas le hasard. Nous façonnons notre destin nous-mêmes.

Si vous avez été le confident de quelqu’un, comment expliquez-vous votre réaction à la sortie de son livre ?

Non. Depuis juillet 2017 j’ai commencé par prendre mes distances parce que je me suis rendu compte que cette amitié est faite de délation pour régler un compte… nous étions trois : Anique Evelyne et moi. J’étais le seul qui parlait sans langue de bois au patron. Il fallait m’avoir avec soi. Je m’en suis rendu compte bien après.

La publication de ce livre, n’est donc pas opportune selon vous ?

Sur l’opportunité de sortir le livre en janvier, c’est du pure marketing de positionnement. Réfléchissez une seconde : tous les ténors qui ont fait la communication de M. Koupaki ne sont plus avec lui. Tous, ont déserté le camp du fait de l’immobilisme de l’homme et surtout de son mépris envers ceux qui ont tout abandonné pour son idéal. Il ne reste que deux ou trois à ses côtés dont l’heureuse auteure écrivaine circonstancielle. Il faut vendre le produit par manque de concurrents ! Ainsi, l’écrivaine bénévole peut être projetée sur les feux de la rampe afin de démontrer son savoir faire parce que ici, et dans le contexte de recherche de notoriété, il a été inutile, de dire que les validations des actes de communication passaient par Didier Aplogan qui était son patron. La preuve, le 24 janvier elle a été présentée comme celle qui a fait toutes les affiches du candidat. Mais la vérité est connue parce que c’était un travail d’équipe. Sa prise de note les avait trompés. Puisque à la première rencontre déjà le candidat parlait de cohésion et du travail en équipe primordial pour la nouvelle conscience. Par la même occasion, elle sera présentée sur une liste étant donné son parcours militant. Elle a désormais la confiance du chef. Nous autres sommes déjà les traîtres…Sourire.  En définitive, la sortie du livre était bien calculée pour vendre une extraordinaire illusion au Président Talon.

A qui réglez-vous des comptes à travers cette réaction ? A Pik ou à Anique ?

Il n’y a pas de compte que je règle. En lisant le livre j’ai su leur stratégie. Dire que M. Koupaki n’est informé de rien n’est responsable de rien et donc n’assume rien. C’est avilissant ! Comme ils le disent rebelote ! Ensuite le traitement fait aux anciens compagnons…tout porte à croire qu’elle était la seule à faire cette campagne. Elle n’a pas mis de l’argent dans cette aventure comme certains l’ont fait…. Mais aujourd’hui c’est elle qui est valorisée. Toute faveur allant à l’encontre des principes de la nouvelle conscience prônée par M. Koupaki lui-même dans les trois livrets bleus.

Tout ce que je demande à M. Koupaki c’est qu’il présente des excuses aux anciens compagnons maladroitement traités par esprit de vengeance et d’orgueil dans le fameux pamphlet. C’est une nécessité absolue !

Est-ce suffisant pour dire qu’il a trahi la nouvelle conscience et son Cfa ?

Absolument !

L’auteure du livre controversé raconte que son chemin a croisé celui de PIK dans l’ascenseur du Ministère du Plan en 2007. Dans quelles conditions remonte votre rencontre avec l’homme ?

Je venais du Gabon avec l’ancien Président Feu Emile Derlin Zinsou. C’était dans la tourmente de la création de la Sodeco ou M. Koupaki était accusé. Le feu Président Emile Derlin Zinsou depuis l’aéroport m’a dépêché au kiosque du camp marié afin de voir les tendances de l’actualité. Une fois sur place, j’ai été pris à partie par certains lecteurs. J’ai commencé par alors défendre le dossier et le ministre en charge du dossier, puisque c’était une semaine de traque médiatique contre lui. Ma défense a été motivée par le fait que c’est la semaine où Yayi Boni devrait le débarquer du gouvernement. J’avais compris que si rien n’est fait, ce ministre compétent allait sortir du gouvernement et le pays paiera le prix fort…. dans ce débat Evelyne Quenum, sa chargée de communication du moment apparaîtra. En suivant attentivement mes arguments, elle s’est rapprochée de moi pour essayer de comprendre si je connaissais l’homme que je défendais. Non naturellement ! C’est ainsi qu’elle m’a proposé de le rencontrer. Dans la même semaine j’ai eu l’idée de créer un journal afin d’équilibrer le débat. Il était en mission annuelle à Washington. Dès son retour il me fit appel. Evelyne Quenum m’attendait à Cadjèhoun devant bon pasteur où j’ai garé ma 607 à l’époque pour emprunter son véhicule pour question de discrétion. On était dans le mois de novembre. Quelques semaines après la crise.

Quelles sont alors les inexactitudes du livre ? Donnez-nous quelques points précis.

Non. Je ne parlerai pas d’inexactitudes. Elle dit avoir pris des notes…mais tout ce que je sais, c’est qu’ils savent que les Béninois ne lisent pas. Ainsi, certains passages pourraient passer inaperçus. Le livre depuis novembre était prêt. Ils ont attendu le passage par la Criet pour le retoucher. Or, en ce moment M. Koupaki était déjà le secrétaire administratif du bloc les Progressistes. Avec cette nouvelle fonction politique d’envergure, il aurait pu revoir le contenu du livre à charge. Puisqu’il est en plein dans la gestion, et politique et gouvernementale et Anique a été placée pour la communication du bloc. En conséquence, ils n’ont plus droit à l’erreur. Venir décrier la gouvernance à laquelle ils participent en des termes irrévérencieux alors qu’en 2013 après son départ du gouvernement Yayi, il avait refusé de parler pour question de valeurs et qu’aujourd’hui étant double acteur va cautionner et en laissant des traces du genre contre son propre système, c’est inacceptable pour moi. Il ne pourra pas dire qu’il n’a pas vu le recueil avant son lancement où il était présent. Surtout pour ce qu’il nous enseignait. A titre d’exemple, lisez les pages 90 et 91 du livre. Pour justifier son silence dans l’émission du 23 Avril 2015 après sa démission en 2013, lisez les arguments évoqués aux pages 176 et 177. Plus grave, il dénonce son propre système.

De quand date l’ambition présidentielle de Koupaki ? Ou alors quand avez-vous lu en lui ces ambitions pour la première fois ?

Vers la fin 2010.  Mais l’objectif était 2016.

Est-ce alors vrai que tout en s’agenouillant devant Yayi comme les rumeurs l’ont évoqué, il planifiait l’affronter en 2011, avec certains coachs dont le professeur Albert Tevoedjrè ? Si vous l’aviez soutenu à le faire en ces moments (il y renoncera in extremis contre des promesses dont le poste de premier ministre), pourquoi vouloir lui donner des leçons aujourd’hui qu’il remet le pied sur le même accélérateur ?

Il était responsable de ses choix. Il avait suffisamment d’informations pour le faire…. Nous ne lui donnons nullement de leçons. La nouvelle conscience a interdit ce genre de pratique désormais. Puisqu’il l’a assumée.

A la veille des présidentielles de 2016, la proposition rendue publique par PIK, de reporter les élections, était-elle validée par tout son état-major dont vous par exemple ?

Pas du tout ! J’étais contre ce report. Je lui avais dit que c’est une belle stratégie de Boni Yayi pour ne pas organiser les élections. J’ai essayé de le convaincre du fait que c’est lui qui sera le 1er à être sacrifié par Yayi Boni. Il était à la rencontre appelée ou dite de Tori. J’ai eu l’information par un autre camp. J’ai fait mon job. Mais il faut reconnaître que personne ne connaît ses stratégies. C’est en dehors du cercle que j’ai les informations qui me permettent de réagir à l’intérieur. Il n’avait pas de confident…

Selon vous, cette étrange proposition de PIK qui donc n’avait ouvertement rien à voir avec une quelconque nouvelle conscience, n’était-elle pas déjà assez grave pour être prise comme une grande traîtrise ?

Le mot est un peu fort… Mais on croyait en lui et tout se faisait dans la plus grande discrétion. C’est pour cela que je parle des Spoliés de la Nouvelle conscience. Tant que ce n’est pas rendu public, nous pensions que c’était une stratégie politique.

Quelle a été votre réaction lors de sa nomination dans le gouvernement de Patrice Talon. Parce que le livre constate à cette époque la difficulté à mettre en même temps le curseur sur la conscience des valeurs et les intrigues du pouvoir ? L’équilibre relatif entre une vision idéaliste des valeurs et les réalités du pouvoir conduit par un Chef d’État venant du monde des affaires ? Ce qui permettra de mieux vous suivre…

Anique Djimadja et moi étions très amères. Peut-être à des degrés différents. Puisqu’il a conçu le poste à la Amadou Gon Coulibaly…

J’avais eu le sentiment qu’il ne pensait qu’à lui et à lui seul et que les autres graviteront toujours autour de lui. Anique m’avait apaisé parce qu’en ce moment, dans notre groupe de jeunes elle était la seule qui assistait à des séances de prise de décision… la seule femme d’ailleurs.

Quel était le contrat entre PIK et Patrice Talon ?

Le contrat entre M. Koupaki et le Président Talon à la suite de ce que je disais plus haut, contrairement à tout ce qui circule dans l’opinion, la vérité est tout autre.

D’abord, au soir des résultats définitifs, les tractations ont commencé pour la formation du 1er gouvernement du Président Talon. M. Koupaki avait sondé déjà son entourage. Tout le monde était d’accord pour son entrée au gouvernement. Mais lui, ne le voulait pas. Une fois sa volonté connue, le désarroi gagnait les cœurs…. nous dissimulions notre mécontentement. Mais à un moment donné je lui ai envoyé un message par Anique en lui disant le caractère que le sacrifice de sa troupe projettera dans l’opinion. Ainsi, il sera perçu comme celui qui ne pense pas aux autres. Anique me revient après et me rassure de son entrée au gouvernement mais sans portefeuille. C’était son choix ! Très tôt j’ai compris qu’il ne voulait pas le portefeuille du Plan histoire de reprendre son ancienne équipe et tout ce qui suit…. Anique revient vers moi après une deuxième fois, pour me signifier qu’il sera Ministre d’État Secrétaire Général de la Présidence de la république un exemple tiré de la Côte d’Ivoire. Immédiatement je lui est dit mon sentiment d’amertume et mon ardent désir de quitter le Bénin pour Genève où j’ai des intérêts. À la formation du gouvernement les volontés de M. Koupaki ont été actées. Mais avant l’officialisation, il avait dit en petit comité qu’il restera au gouvernement pour un an ou au plus un an et demi, histoire d’aider le Président Talon à assoir son Administration et après il passera à autre chose. Cette volonté me réconfortait dans ma position de quitter le pays parce que je savais que la théorie de la nouvelle conscience allait nous empêcher de lui demander des avantages et autres suites… Il n’a jamais été question qu’il reste au gouvernement pendant les Cinq ans. C’est ce que lui-même a souhaité. Autres certitudes seraient du pur fantasme. Pour preuve, c’est bien après l’an un du gouvernement qu’il ne présentait plus le point de presse sur les décisions du conseil des ministres. Et si vous êtes un bon observateur, vous allez comprendre que pendant les 15 premiers mois, beaucoup de décrets de Yayi ont été remis en cause. Qui pouvait mieux s’offrir le rappel de ces décrets à polémique ?

Votre position actuelle est-elle elle l’expression d’une guerre de leadership auprès de PIK ?

Leadership ? Non… Il faudrait que le monsieur agite un strapontin avant que l’on ne se bouscule pour la place au soleil… D’ailleurs, depuis que j’ai décidé de soutenir le Président Talon, ce club ne me calcule plus. L’austérité a gagné nos relations malgré les années de grand dévouement et d’énormes sacrifices.

PIK est-il allé au Gouvernement au nom de la Nouvelle Conscience ou pour ses qualités décelées par le Chef du Gouvernement ?

Il avait refusé de rentrer. Il voulait proposer des noms. Anique et moi nous sommes opposés. Il est alors rentré au gouvernement au nom de la nouvelle conscience qu’il représente bien évidemment. Il en était le leader.

Une question tout de même. Quel est le lien entre le passage devant la CRIET et la retouche du livre ou simplement avez-vous le sentiment de vous être trompé sur l’homme?

Non. Il ne faut jamais regretter une aventure. J’ai beaucoup appris avec M. Koupaki durant les dix ans de cheminement… Les chemins de Dieu sont insondables. Tu peux apprendre de la médiocrité et de même, de l’excellence. Il faut avoir le discernement pour ne pas suivre quand ton coeur te dit ni va plus. L’Homme est ce qu’il est. Il peut changer ou il peut ne pas changer tout dépendra de sa propre volonté. Dans la vie, des mauvaises situations jaillisse la lumière et des issues labyrinthiques se pointe le bout du tunnel. Il faut simplement avoir le bon sens et la lucidité pour analyser chaque situation. Il y a des maîtres qui par possessivité ont une répugnance congénitale à l’évolution de leurs élèves en revanche, d’autres maîtres dans la soif de voir leurs élèves grandir, sont prêts à combattre avec le sabre pour leur évolution sociétale. C’est bien évidemment mon cas avec le Président Zinsou d’éternel mémoire.

C’était une belle aventure remplit de leçons de vie et de grandes expériences humaines.

Qu’est-ce que vous avez aimé chez PIK ?

Ce qui m’avait séduit chez cet homme en 2007 où je l’ai rencontré, c’est sa compétence et son dévouement acharné au travail. Il était un exemple à cette période là pour nous jeunes. Ensuite son sens élevé de responsabilité publique et enfin sa grande discrétion. Toutes choses qui concourent à une nouvelle conscience bien sûr.

Est-ce vrai qu’aujourd’hui vous ne vous entendez plus ?

C’est connu de tous ! Depuis Avril 2016 il ne prenait plus personne au téléphone. Toujours occupé à la tâche. La République en avait grand besoin n’est-ce pas ? Seuls deux compagnons avaient le privilège de le voir. Les autres ne représentent plus rien. Ils sont désormais considérés comme les traîtres comme moi. Je leur rends un grand hommage. À ce sujet, « les fidèles compagnons d’aujourd’hui » distinguaient deux catégories de traîtres.

La première c’est ceux qui sont nommés par le Président Talon directement sans autorisation préalable de M. Koupaki.

La deuxième catégorie, c’est ceux qui, craignant leur avilissement, ont pris la tangente avec fracas et poussière en cent mètres libre en regardant derrière eux, avec la peur que le mauvais souvenir de la nouvelle conscience ne les poursuive encore…

La Nouvelle Conscience n’était donc pas fondamentalement une philosophie de rupture avec le changement et la refondation. Comment expliquer alors votre appartenance quelques mois plus tard à la coalition de la rupture ?

Je ne peux répondre à cette question peut être M. Pascal Irénée Koupaki lui-même.

En réalité, pas de raison suffisante de juger l’homme…

À priori, je ne peux pas le juger étant donné que je ne connais pas son passé. Seul l’instant présent m’ordonne. Je lui dois du respect. Je suis indigné déjà en interne… depuis qu’il avait refusé de quitter le gouvernement en 2012.

Sinon je reproche trois choses fondamentales à ce recueil

1- Les accusations indélébiles sur la gouvernance actuelle alors même qu’ils sont tous acteurs à divers niveaux. Ce qui est dit dans un livre reste éternel. Donc c’est très grave cette dénonciation sans preuve aucune.

2- Ils ont orchestré la scène de telle manière que c’est elle seule qui a fait toute la campagne. C’est une usurpation d’efforts collectifs intolérable. Mais à quelle fin ?

3- Le mépris envers les compagnons qui ont essuyé sang et eau pour le triomphe. Traiter ceux qui ne sont plus d’accord de rebelles et de manque de conviction c’est énorme comme ingratitude. Et cela vient d’une compagnonne. C’est méprisant !…

Voilà les trois points que je reproche à ce récit des temps vécus et que j’estime aller contre la nouvelle conscience que M. Koupaki lui-même prône et cela est légitime.

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