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Restitution de master class Artirium 1.2+ : Mariage danse et humour au profit des marginalisés

La première phase du projet Artirium 1.2+ porté par l’association socio-éducative et culturelle Sudcréa est arrivée à son terme le vendredi 1er avril. L’épilogue de cette formation donnée à une dizaine de jeunes a été marqué par une restitution du ‘’master class danse et humour en milieu marginalisé’’ au centre chorégraphique Walô dance d’Abomey-Calavi.

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON

En une trentaine de minutes, les mouvements agiles des participants au master class ont tenu en haleine les spectateurs. Des mouvements exécutés avec grande concentration et harmonie sous une douce musique électrisante. Acrobaties, positions statiques, les ralentis, les demi-tours ou encore la répétition de gestes, par l’ensemble ou par pairs.

Des spectateurs conquis. En témoigne les acclamations et sourire spontanés du public de sachant venu savourer les fruits d’une semaine de formation. Dans la salle, impossible de ne pas remarquer la présence entre autres, de la chanteuse Assi Kywa membre du Conseil national des organisations des artistes (Cnoa), Alougbine Dine, directeur de l’École internationale de théâtre du Bénin (Eitb) et Rachelle Agbossou, danseuse professionnelle directrice du centre Walô dance.

 

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La présentation de deux performances courtes a suivi la restitution. Ce sont l’œuvre de deux étudiantes de Walô dance, Denise Ishola et Lucrèce Atchadé. Il s’agit respectivement de ‘’Sans toi je suis moi !’’ et ‘’Algorithme’’ créées avec le soutien de la Fondation le Grand Cru lors de la Résidence « Dance et droits humains ». La première est une satire de « nos sociétés patriarcales d’Afrique et d’ailleurs » dans lesquelles « le machisme et le poids de la famille traditionnaliste, en plus des problèmes morphologiques et biologiques, constituent des obstacles au développement des femmes et dans leur désir de se consacrer à une carrière artistique et de devenir aussi célèbres que les hommes ».

Algorithme, quant à elle aborde la sexualité à l’ère des réseaux sociaux où exposer l’intimité est devenu banal avec les risques de cyber harcèlement, décrypte la directrice du centre chorégraphique.

Artirium 1.2+ Financé par le programme Acp-Ue (Afrique de l’Ouest) avec le soutien de l’Institut français‚ le master class a duré du 28 mars au 1er avril. Cet atelier au cœur du projet Artirium 1.2+ « vise à permettre aux jeunes humoristes et danseurs d’acquérir des outils qui leur permettent d’approcher des adolescents issus de milieux marginalisés et de leur transmettre la pratique artistique dans ces deux disciplines », rappelle le dramaturge Giovanni Houansou, président de l’association Sudcréa.

À la conduite du master class, des professionnels avérés. À commencer par un duo de françaises, Magali Fouque et Eva Journeaux de la « compagnie Grenade » de Josette Baïz. En matière de professionnalisation, cette compagnie a une longue expérience. Les deux sont chargées d’inculquer aux stagiaires cette pédagogie spécifique de la compagnie à destination des jeunes des milieux marginalisés. Côté humour, Judicaël Avaligbé, l’humoriste béninois connu sous le nom ‘’Kromozom’’ et promoteur du « Kromo comédy club du Bénin ».

Entre le centre chorégraphique Walô dance d’Abomey-Calavi et l’Espace Mayton, huit jeunes artistes, soit quatre par discipline ont bénéficié d’une formation dans les domaines de l’humour et en danses contemporaines et urbaines. Le choix de la compagnie Grenade de Josette Baïz n’est pas anodin. « Cette jeune dame travaille depuis une vingtaine ou trentaine d’année en France, à aller dans des quartiers défavorisés et à sortir les jeunes de la délinquance par la pratique artistique notamment de la danse. Elle ne se limite pas à une danse, elle est tout le temps à la recherche d’une nouvelle façon de penser », témoigne le dramaturge et auteur Giovanni Houansou, président de l’association Sudcréa.

 

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La transmission de la pédagogie de Josette Baïz, Magali Fouque s’y s’est attelée. « Il était question pour moi de transmettre la pédagogie de ma chorégraphe Josette Baïz. Elle a un système de cours qui marche avec tout le monde, tous les publics, que ce soit les enfants dont les parents payent pour qu’ils viennent prendre des cours ou non. Chaque semaine ils vous attendent avec impatience, ils adorent ça. Je suis venu transmettre cela ici pour qu’il y ait une continuité avec les intervenants qui sont formés, et qui sont déjà aguerris en matière de pédagogie », précise-t-elle.

Satisfaits

La française diplômée d’État en dance rassure avoir doté les bénéficiaires de « tous les moyens pour leur permettre de faire danser les enfants. Ce sera vraiment utile tout ce qu’on a dit pendant la semaine, de mettre en œuvre auprès des enfants. Je leur ai donné beaucoup de conseils sur moi ma pratique, comment ça se passe avec les enfants ».

Les bénéficiaires confirment. « Expérience enrichissante ! », s’exclame Nourou-Deen Eniola, danseur chorégraphe. « Nous avons fait un travail exceptionnel car mis à part l’humour nous avons aussi travaillé la motivation, des sujets très pointus qui nous amènent à avoir des raisonnements sans poser de question, pour pouvoir aller sur le terrain », a-t-il assuré. Ezéchiel Adandé ajoute avoir été à « l’école de la pédagogie » et initié à « l’art de la transmission »,

Ils sont désormais capables d’impacter sur le terrain, jure Magali Fouque :

« J’ai une grande confiance en eux. Je sens un potentiel énorme en eux. Il y en a qui se dessinent professionnels, qui sont sur le terrain depuis plusieurs années ; on sent vraiment une belle pédagogie. J’avais presque l’impression au début de ne pas pouvoir leur transmettre quelque chose mais petitement on s’est rendu compte que j’avais de toutes manières de faire qu’ils n’avaient pas et vice versa. Ils se sont révélés être très curieux, très énergiques, créatifs. J’ai confiance en eux. En les regardant à l’œuvre il n’y a pas de souci. Ils sont prêts », a-t-elle témoigné.

Que « le partenariat se prolonge, qu’on puisse revenir continuer de former, qu’on puisse les aider à poursuivre l’enseignement auprès des enfants et des adolescents », souhaite-t-elle, enfin. Elle n’exclut pas « une semaine de formation en France dans notre établissement, au sein de la Compagnie Grenade ».

La phase 2 du projet Artirium 1.2+ a démarré ce mois d’avril.

 

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