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Assani Manssourou‚ imam de la mosquée centrale de Ouidah : «Ce n’est nullement le sang de l’agneau ni sa chair qu’Allah veut»

La communauté musulmane célèbre ce mardi la Tabaski dans une atmosphère économique marquée par une flambée drastique des denrées alimentaires et autres produits de première nécessité. Le mouton, intrant incontournable de cette fête n’échappe pas à la conjoncture. Nous avons posé trois questions à l’imam de la mosquée centrale de Ouidah.

Propos recueillis par Laurent KOKOU

Bénin Intelligent : Demain mardi, la communauté musulmane va célébrer la fête de la Tabaski. Quel sens revêt cette fête ?

Imam Manssourou : La Tabaski encore appelée “Aïd al-Adha” qui signifie fête du sacrifice ou “Aïd el-Kebir”, la grande fête, revêt pour le fidèle musulman des aspects spirituels très émouvants. En effet, notre prophète Abraham, qui est d’ailleurs le père de tous les prophètes a été éprouvé par Allah qui lui a rappelé sa promesse d’immoler en signe de reconnaissance, son premier fils si Dieu lui fait grâce de lui en donner. Ainsi, après la naissance de Ismaël, Allah a rappelé au prophète Abraham cette promesse faite par ce dernier. Et pour montrer sa fidélité et sa soumission à Dieu, Abraham a effectivement décidé de sacrifier son fils unique. Mais Dieu dans son infinie bonté, et ayant réussi à prouver au monde entier la foi inébranlable d’Abraham, a envoyé l’ange Gabriel avec un bélier depuis le paradis, pour remplacer Ismaël. Le bélier a donc été égorgé par le prophète Abraham. C’est donc cette tradition que tous les musulmans sont appelés à perpétuer à chaque Tabaski. Il est important de préciser que ce n’est nullement le sang de l’agneau ni sa chair qu’Allah veut mais plutôt la crainte, la piété, la sincérité de la foi et la conviction avec lesquelles le musulman offre en sacrifice l’animal.

Le sacrifice du mouton est donc une obligation pour le musulman…

Oui, un devoir. En tout cas un devoir pour tout musulman à partir de 15 ans et qui en a les moyens.

Parlant justement de moyens, il se fait que la fête de cette année va se dérouler dans une atmosphère économique marquée par la cherté des denrées. Comment vos fidèles et vous-mêmes préparez la fête ?

Aussi bien les fidèles musulmans que je côtoie que moi-même ressentons les affres de la cherté de la vie que nous vivons actuellement. Sur le marché, les moutons coûtent excessivement chers. Honnêtement c’est difficile par rapport aux années antérieures. Je parie qu’il y a des gens qui ont pu immoler leur mouton l’année passée mais qui en sont incapables aujourd’hui. Ce n’est pas encore grave dans la mesure où, le sacrifice fait le jour de la fête à la place Idi, est fait en l’honneur de tous les fidèles qui n’ont pas les moyens de tuer leur propre mouton.

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