Vous êtes ici
Accueil > Actualité > Atelier ‘’Orijiji’’ : Quand Gopal Das défend les langues nationales !

Atelier ‘’Orijiji’’ : Quand Gopal Das défend les langues nationales !

Atelier ‘’Orijiji’’ : c’est une initiative de l’artiste-slameur Gopal Das. Lancé en février dernier, l’artiste a justifié, le vendredi 15 mars au cours d’une conférence de presse à Cotonou, ce projet qui, dit-il, vise à donner des cours d’alphabétisation aux populations et aux artistes. Et pour cause…

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON

Combattre l’acculturation par l’appropriation de nos langues locales, véhicules de nos cultures. Tel est le nouveau défi que le slameur Gopal Das veut relever. Lui qui est connu pour ses compétences en langues locales, ses slams en Fon et Goun chargées de proverbes endogènes rares… veut désormais aider les populations à maîtriser leurs propres langues. L’atelier ‘’Orijiji’’ consistera à « donner des cours d’alphabétisation en langues locales afin de remédier à la montée fulgurante de l’acculturation », a-t-il justifié.

L’initiative comporte deux volets. Un volet formation « qui permet à tout le monde de venir apprendre et à lire dans leur langue ». Il ne sert à rien, en effet, d’ignorer sa langue alors qu’on est bardé de diplômes dans une langue étrangère, a argumenté l’artiste. Le second volet s’adresse aux artistes : les aider à unir leur art à leur langue, autrement dit, « à l’endroit des artistes qui veulent une retranscription de leurs chansons en langue », a expliqué Gopal Das. A propos de ce dernier volet, l’initiateur a fait le constat que « beaucoup d’artistes ne savent pas que ce qu’ils chantent en langue locale peut être sujet d’étude littéraire ». Lui voudrait donc les amener à prendre conscience de la portée de la retranscription de leurs chansons ou leur œuvre d’art en langue nationale et vice-versa. Il estime que ce travail linguistique rendra « pérenne leurs œuvres ».  En la matière, il n’est pas novice. « J’ai déjà transcrit de célèbres chansons du Bénin et des chansons des Béninois qui résident hors du pays. J’ai eu à faire aussi la transcription des œuvres des artistes plasticiens en langue avant de les traduire en français. Il suffit de faire appel à nos services et on se charge du reste », a-t-il rassuré.

Pour la première édition de l’atelier ‘’Orijiji’’, les inscriptions ont démarré début mars et prendront fin en avril. La langue Fongbé est retenue. Mais à l’avenir, d’autres langues locales feront l’objet d’enseignement. « Nous avons l’intention de solliciter des compétences parallèles car pour pérenniser ce travail, il faut l’étendre aux autres », a-t-il annoncé. La formation se tiendra sur un mois, deux séances par semaines.

Gopal Das ou Indra-das Baktha Nounagnon est l’inventeur du style d’écriture ‘’Sasigbé’’. Titulaire d’une licence en gestion culturelle, il a suivi déjà plusieurs formations en langues locales, précisément en Fongbé et en Goungbé. En 2009 il a passé brillamment un examen d’alphabétisation (équivalant au baccalauréat) organisé par l’Etat béninois. L’on comprend donc pourquoi sa maîtrise de ces langues locales tranche nettement avec d’autres artistes.

 

 

Laisser un commentaire

Top