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[CONTRIBUTION] DÉCÈS SUBITE DU DIRECTEUR DU CEG KOUSSI (Allada) : Un contexte de trouble panique non perçu et secouru par les voisins de la barque

I- Vignette

Ce lundi 13 juin 2022, il est rapporté le décès brusque (mort subite) du directeur du Ceg Koussi (Allada), le sieur Fabrice A., en mission de Supervision des examens du Bepc au Collège d’enseignement général (Ceg) Sô-Ava.

« Le Directeur représentant la Direction départementale de l’enseignement secondaire technique et de la formation professionnelle atlantique, a succombé suite à un malaise cardiaque dans la barque… Il était souffrant mais a tenu à aller en mission. Malheureusement dans la barque, il TREMBLAIT ET A FAIT UN AVC. Le temps de le conduire dans un centre de santé, il a cessé de respirer définitivement. » (Source : Rogav sur WhatsApp)

À lire cette vignette, il est diagnostiqué un décès par un accident cardiovasculaire cérébral (Avc). Par définition, l’accident cardiovasculaire cérébral (Avc ou Stroke en Anglais), constitue un déficit neurologique focal de survenue soudaine (apparition en moins de 2 minutes) en relation avec une lésion du parenchyme (un tissu spongieux constitutif de) cérébral par infarctus ou par hémorragie. On parle des Avc ischémiques (par diminution de l’apport sanguin au système nerveux).

II- Comprendre les causes de cette ischémie : le trouble des émotions

Tenant compte du tremblement « intense », avant le décès (tremblement où survient l’Avc), on comprend qu’il était question d’un trouble anxieux aigu : trouble panique ou attaque de panique qui n’a pas été pris en charge sur le plan psychologique.

 

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En effet, l’attaque de panique constitue un trouble anxieux aigu. Il est déclenché par des conditions où le sujet perçoit une menace de sa survie. Dans le cas d’espèce, une barque. À écouter la population en générale, certaines personnes refusent catégoriquement deux contextes de déplacement : naval et aérien. Ainsi, elles préfèrent le terrestre qui leur procure un support permanent en cas de danger : la terre ou le sol.

Le contexte du lac comme celui de l’air, constitue des occasions où les sujets se retrouvent sans aucune défense en cas de noyade ou de crash. De plus, la vitesse de ses barques, surtout en contexte des examens nationaux où il faut faire passer assez de personnes afin que chacun d’eux puisse se présenter à partir de 7h dans son centre de composition. Or, le sieur Fabrice A., avec un malaise qu’il ressentait, verra réduire totalement, sa chance de survie en cas de noyade. D’où la panique. Crop et Guelfi, (2015) expliquent :

« Une attaque de panique est une montée brusque de crainte intense ou de malaise intense qui atteint son acmé en quelques minutes, avec la survenue de quatre (ou plus) des symptômes suivants :

N.B : La montée brusque peut survenir durant un état de calme ou d’anxiété.

1-Palpitations, battements de cœur sensibles ou accélération du rythme cardiaque.

2-Transpiration.

3-Tremblements ou secousses musculaires.

4-Sensations de « souffle coupé » ou impression d’étouffement.

5-Sensation d’étranglement.

6-Douleur ou gêne thoracique.

7-Nausée ou gêne abdominale.

8-Sensation de vertige, d’instabilité, de tête vide ou impression d’évanouissement.

9-Frissons ou bouffées de chaleur.

10-Paresthésies (sensations d’engourdissement ou de picotements).

11-Déréalisation (sentiments d’irréalité) ou dépersonnalisation (être détaché de soi).

12-Peur de perdre le contrôle de soi ou de « devenir fou ».

13-Peur de mourir. » (Croq & Guelfi, 2015)

On perçoit alors que dans un pareil contexte de fonctionnement de l’organisme, la circulation sanguine va s’accélérer au départ nécessitant une oxygénation rapide et intense des tissus cellulaires de tout l’organisme. La sensation du « souffle coupé » explique une respiration non profonde, mais agitée et superficielle. Ce qui ne permet pas l’oxygénation sollicitée par le parenchyme. D’où la survenue de l’Avc.

 

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Il s’avère également indispensable de noter que l’asthme et le trouble de l’hypertension artérielle (Hta) bien qu’étant tous deux des pathologies organiques, leurs déclenchements sont tous liés à des conditions psychogènes. C’est pourquoi leurs prises en charge doivent être holistiques. Or, osons avouer que beaucoup de cadres administratifs béninois souffrent de ces pathologies de même que les précordialgies, et parce que les sociétés d’assurance refusent de prendre en charge les consultations psychologiques, ces sujets s’abstiennent alors des psychothérapies appropriées parce que cela leur reviendrait cher. Ils se contentent de suivre uniquement les conseils de leurs médecins.

 

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En effet, l’objectif de la prise en charge psychologique est de désensibiliser l’organisme de ces vives émotions.

III- Sauver les personnes en crise d’attaque de panique

Comme nous l’avions dit plus haut, ces crises sont déclenchées par une anxiété trop élevée, dans des contextes où le sujet évalue une très faible probabilité ou aucune probabilité d’ailleurs, de sa survie. Ce qu’il faut faire :

Que l’aidant ne panique pas. Qu’il tienne le sujet par la main et commence par le rassurer de la gravité du contexte. Dites-lui que vous reconnaissez que le lieu (contexte) est très risqué. Cependant, il ne lui arrivera rien. Dites-lui de prendre son calme et de commencer à respirer posément. Rassurez-le qu’il ne mourra pas et que personne d’ailleurs. Dans le cas d’espèce, dites-lui que la barque ne va pas se noyer et qu’elle est déjà proche de la rive. Etc.

Par ailleurs, une fois le sujet sauvé de ce contexte, il lui faut une prise en charge psychologique appropriée afin de lui éviter le comportement d’évitement qui naît après ces crises.

Comlan Denis YÈLOUASSI
Psychologue

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