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Bilan de santé : Les bienfaits d’une pratique peu répandue

Le bilan de santé permet, selon les spécialistes de suivre l’évolution de la santé humaine et de prévenir certains maux qui pourraient nuire à l’organisme dans le futur. Une pratique qui n’est pas une habitude chez les béninois.

Par Sabirath AWO (Stag)

Jean-Nizier Gbegan, jeune étudiant, résident dans la ville d’Abomey-Calavi, fait partie de la catégorie de personnes qui n’ont jamais fait un bilan de santé. Faute du temps et aussi de moyens, justifie-t-il. Mais après s’être rendu à l’évidence du risque qu’il en court, le jeune étudiant compte bien se rattraper, car reconnait-il, « il faut être en bonne santé afin de vaquer librement aux occupations quotidiennes ». Quant à Christine Azonsi, le groupe de mot « bilan de santé » ne lui inspire rien. « Qu’est-ce que cela veut dire ?», nous interroge la jeune dame. A l’entendre, elle jamais entendu parler du bilan de santé et s’interroge même sur comment cela se déroule.

Ces témoignages montrent combien la pratique est ignorée. Seulement 20% des Africains font recours aux médecins pour connaitre leur état de santé, confirme l’Organisation mondiale de la santé. Pourtant les médecins partagent l’avis de Louis Farigoule qui disait que « tout homme bien portant est un malade qui s’ignore ».

Alors, si le faible recours au bilan de santé est dû à l’ignorance chez plusieurs personnes, pour d’autres, elles sont victimes de l’idée répandue selon laquelle il ne faut se rendre à l’hôpital que lorsqu’on est malade ou on accompagne un parent souffrant. Tel est le cas chez dame Julienne. Humant la fumée des échappements de motos aux abords de l’axe Abomey-Calavi-Cotonou, cette vendeuse de pains soutient jouir naturellement d’une bonne santé. « Je ne tombe pas souvent malade », objecte-elle. « Aller à l’hôpital sans être souffrant et sans compter les frais exorbitants des centres de santé, est une manière d’attirer la maladie », conclut-elle.

Sur la question du bilan de santé, les perceptions varient donc d’une personne à une autre. Marius Denon se démarque des autres. La quarantaine, cet employé d’une structure installée à Cotonou, la capitale économique du Bénin confie avoir plus d’une fois fait son bilan de santé à la demande de son administration. Il indique que c’est une obligation professionnelle à chaque début d’année. Mais en dehors du cadre de travail, les vieilles habitudes refont surface, avoue-t-il. Il n’en a pas fait ni à sa femme, ni à ses deux enfants. Selon lui, la cherté des examens en est la principale cause. Néanmoins il reconnait « qu’il est nécessaire à tout individu de faire un bilan de santé ».

Le bilan de santé : son importance

Encore appelé ‘’check-up’’, le bilan de santé est un ensemble d’examens réalisés de façon périodique permettant d’évaluer l’état de santé général d’une personne afin de détecter des affections avant qu’elles ne se manifestent. Aussi, il permet entre autres le dépistage des maladies génétiques et infectieuses. Ainsi, il aide le spécialiste à mieux faire les diagnostics et à trouver très tôt les solutions et remèdes adéquats qu’il faut pour soulager le patient.

Le bilan de santé permet également, signale Ismaïl Lawani, docteur généraliste, « de suivre l’évolution d’une maladie et doit se faire de façon annuelle selon l’âge, le sexe et des facteurs de risques auxquelles est exposé l’individu ». Il  insiste sur le fait qu’il y a des affections qui peuvent apparaitre dans l’intervalle d’une année « d’où l’importance du bilan de santé ».

Le spécialiste de santé rappelle à cet effet que le bilan habituel annuel comprend le bilan clinique du médecin (examen clinique) et  les examens de sang (examen paraclinique). De ses explications, l’examen  clinique permet d’orienter les examens paracliniques focalisés sur les parties du corps qui sont supposées être malades. Aussi, il n’y a pas d’âge particulier pour commencer à faire un bilan de santé. Même un nouveau-né, ajoute-t-il doit faire un bilan de santé réalisé par le pédiatre dès la naissance. Il fait comprendre qu’il y a également des bilans focalisés qui ont des périodicités données et dont les délais de début varient. Cependant, poursuit-il, « il est recommandé à des âges donnés, un bilan spécifique qu’il faut répéter à des intervalles précis. Par exemple à partir de 50 ans, il y a la ‘’coloscopie’’ qui permet de faire un dépistage du cancer de côlon. Mais avant l’âge de 50 ans, dès que la jeune fille commence à développer les seins on lui conseille de faire un examen dit d’ ‘’autopalpation des seins’’ tous les mois », éclaire-t-il.

Ismaïl Lawani que la cherté des examens est la raison qui explique en majorité la réticence des patients à faire un bilan annuel de santé. Il précise néanmoins que les examens cliniques coutent le prix d’une consultation et rappelle un adage qui dit que « la santé n’a pas de prix ».  Ne pas faire son bilan de santé consisterait à se tuer à petit coup à son avis.

L’idéal selon le médecin généraliste serait qu’on exige du béninois un bilan de santé dans n’importe quel secteur d’activité afin de dépister à tant des pathologies  graves pour mieux les soigner afin d’éviter le pire.

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