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Boni Yayi : Amnésie ou mauvaise foi d’un ancien Président de la République (Opinion du Prof. Gilles Gohy)

En d’autres circonstances, certains se seraient exclamés : “…Et le loup sortit de nouveau des bois !”
Le samedi 19 octobre 2020 à Parakou, l’ancien Président de la République que l’on croyait assagi parce que vidé de son acrimonie contre La Rupture et la gouvernance de l’actuel Président de la République Patrice Talon, se manifesta de nouveau ! Avec les désagréments collatéraux que toutes ses sorties ont toujours engendrés, on constate que le personnage est resté égal à lui-même ! Indécrottable, il étala au grand jour ce qu’on sait de lui ! Manipulation et irresponsabilité, les deux cartouches maîtresses qui ont toujours meublé l’arsenal attitudinal du Président Boni Yayi lors de ses deux mandats constitutionnels, refirent surface. Le naturel chassé revient toujours au galop ! L’habitude colle à la peau comme l’effluve ; elle s’y accroche comme certains mollusques adhèrent à la coque des bateaux. Il n’y a pas d’homme plus impie que le prêtre renégat !
Le déni des actes posés ou manqués, pour une déculpabilité mensongère, a toujours chez notre ancien Président, son mode opératoire et sa noblesse structurelle. J’avais vainement espéré qu’il changerait un peu, hélas ! Lui qui s’employa à se soustraire à la justice de son pays sous prétexte de maladie, nous parle de “52 jours sans boire de l’eau”, avec une exagération coutumière, comme s’il n’avait rien fait pour mériter ça, si cela était même vrai ! Parce que c’est Lui “Yinwè”, tout le monde devait l’applaudir quand il invitait littéralement les Béninoises et Béninois à la violence ! Tout le pays devait jubiler quand, ancien Président de la République, à maintes reprises, il insulta grossièrement le Président en exercice, Patrice Talon ! Comme s’il ne lui est pas redevable de ses deux mandats constitutionnels, l’ancien Président Boni Yayi n’a que des droits, et le Président en exercice, Patrice Talon, des devoirs ! Les personnes outrées qui ont déjà parlé de l’ingratitude de l’ancien Président de la République ont bien raison de s’exclamer. Ils ont dit tout haut ce que beaucoup de Béninois objectifs pensent tout bas. C’est bel et bien de l’ingratitude. Mais Patrice Talon avait-il eu tort de le faire porter au pouvoir en 2006 ? Certainement non ! Il représentait une alternative crédible à l’époque, mais que de déceptions par la suite. Et le KO de 2011. Jugez-en vous-mêmes !
Il évoque ses griefs contre le Président Patrice Talon qui lui a tout donné ! Quel manque de gratitude ! Voici deux exemples qui ont retenu mon attention :

• Dossier PVI : Selon le Président Boni Yayi, il ne voulait pas que Patrice Talon, à l’époque un opérateur économique, contrôle le Port avec le Programme de Vérification des Importations (PVI). Pourtant, il y avait toujours des programmes pareils à signatures de contrats avec des firmes étrangères : le PVI et Bénin Control ne sont donc pas une invention ex cathedra du Président Patrice Talon. S’il y nouveauté, c’est surtout l’utilisation du scanneur, pour plus d’efficacité et d’efficience. Consultez les chiffres pour en juger vous-mêmes ! Ce qui est étonnant et qu’il faut rappeler aux Béninois qui auraient peut-être la mémoire courte est que, à l’époque où ce PVI était contesté par les douaniers, le Président Boni Yayi l’avait défendu bec et ongle jusqu’à faire supprimer le droit de grève aux douaniers avec la prise d’une loi spéciale par l’Assemblée Nationale, chose inédite au Bénin.
La terre ne trembla pas à ce moment-là ! On est bien curieux de se demander ce qui a bien pu se passer ensuite pour que le Président Boni Yayi fasse volte-face et condamne encore vigoureusement le PVI.
La raison farfelue évoquée à l’époque était que le Président n’avait pas lu les documents et avait seulement signé les documents. Quelle irresponsabilité ! Ceci paraît bien bizarre, suspicieux et trop léger comme argument ! Ceci corrobore bel et bien la thèse que l’opérateur économique d’alors incriminé à tort aurait refusé un deal sur la révision opportuniste de la Constitution pour un troisième mandat éventuel du Président Boni Yayi. La preuve en est qu’il y a eu aussi des remises en cause dans le secteur coton où le même opérateur économique était présent depuis des lustres bien avant que Boni Yayi n’accédât au pouvoir.

• Dossier coton
Encore une fois, avec un mensonge grossier couplé d’une jalousie inouïe, l’ex-Président Boni Yayi estime qu’il ne voulait pas que Patrice Talon s’accapare du coton, le deuxième poumon de l’économie ! Quelle errance ! Bien que ne voulant pas épiloguer sur ce sujet, je voudrais simplement par contraposée, dire que bizarrement, c’est sous le Président Patrice Talon que le secteur coton a vu son développement fulgurant. Après s’être fait héliporter dans les champs de coton, caressé les feuilles de cotonnier et avoir fait la culture du coton tout le temps à la télévision nationale, il emblava des zones marginales où le coton n’avait jamais poussé ! La gouvernance du Président Boni Yayi n’a eu qu’au maximum 269.000 tonnes de coton-graine, après avoir bousillé plus de 135 milliards de FCFA du contribuable béninois (argent du trésor public qui aurait pu servir à donner de l’eau potable et de l’électricité aux populations) sur trois campagnes successives.
Dès la reprise en main du secteur par le régime de La Rupture, la production a atteint 450.000 tonnes, production que le Bénin n’a jamais enregistrée dans son histoire. Cerise sur le gâteau ceci se fait sans subvention de l’Etat et encore avec une taxe de 10 F FCA par kilogramme de coton-fibre exporté pour la caisse de l’Etat. Donc pour les sociétés cotonnières, en dehors des impôts habituels qu’elles paient normalement, c’est une toute nouvelle taxe créée pour que ces sociétés contribuent encore davantage au développement du pays. La belle performance s’est consolidée en quatre ans de gouvernance du Président Patrice Talon et le Bénin est devenu le PREMIER producteur du continent avec 715.000 tonnes.
Autres faits remarquables dans la performance sont que les paysans sont payés maintenant à bonne date en l’absence de sans queue de campagne (sans dette vis-à-vis des paysans), chose qui avait toujours existé dans la filière à la grande frustration des paysans. Les crédits-intrants sont dénoués à 100% ; de même tous les autres acteurs tels que les transporteurs, les ouvriers saisonniers reçoivent à temps leurs dus. En clair le secteur coton se porte plus qu’à merveille sous le régime du Président Patrice Talon, alors qu’il s’était énormément dégradé sous le régime de Boni Yayi. La thèse énoncée par l’ancien Président de la République est donc une simple absurdité. Cessez de tromper le peuple, s’il vous plaît !
Privilégier l’intérêt général au détriment de l’intérêt individuel n’est-il pas ce que nous observons maintenant sous le régime de La Rupture ? La gouvernance économique n’est-elle pas nettement améliorée avec des résultats aussi tangibles au grand bonheur des populations ? Jugez-en vous-même !
Si le Président Patrice Talon était, comme l’autre, préoccupé ou vorace à saigner les finances publiques du Bénin lors de sa gouvernance, le Bénin serait-il comme il est aujourd’hui ? Soyons sérieux !
Que l’on dût déverser autant de venin et gaspiller tant de ressources financières rien que pour le vilain dessein de dénigrer une gouvernance en plein succès ne peut manquer de laisser perplexe ! Que l’on parle du coton béninois et de Patrice Talon en des termes aussi désobligeants révolte fatalement !
Alors, sommes-nous confrontés à l’amnésie d’un ancien Président de la République ou sommes-nous plutôt exposés à sa mauvaise foi chronique ? Je crois que les deux y cohabitent, malheureusement !
Cessez donc le dénigrement du Président Patrice Talon et laissons-le davantage révéler le Bénin !

Professeur Gilles Expédit GOHY.
Sociologue – Statisticien Démographe et Politologue.
Maître de Conférences en Sociologie du Développement.
Directeur-adjoint de Cabinet du Ministère de la Communication et de la Poste.
Auteur du livre « Education et Gouvernance Politiques au Bénin du Danxômè à l’ère démocratique », en vente à la librairie Notre Dame de Cotonou et aux Editions L’Harmattan à Paris.

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