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Conférence à panels « Le 10 janvier : et après ? » : Prof. Raymond Assogba fait un bilan brillant de l’initiative

En prélude à la fête des « religions endogènes », le Sociologue-Boologue Raymond Assogba a rencontré la presse, lundi 4 janvier à l’Ecole doctorale pluridisciplinaire de l’Uac, pour faire le bilan des deux éditions de sa série de ‘’conférences à panels’’ intitulées « Le 10 janvier : et après ? »

Par Sêmèvo Bonaventure AGBON

Le professeur Coovi Raymond Assogba s’impose d’abord un bilan à mi-parcours après deux éditions. « Ce fut une aventure dont l’inspiration est née de la rencontre entre nous et les étudiants inscrits à l’Unité d’Enseignement « Boologie », se rappelle-t-il. Par ce bilan qui lance la prochaine édition, il s’agit de « Prendre appui sur son parcours pour avancer », suivant « la bonne méthodologie des Poids Akan à peser l’or : le Sankofa ». Revenant au bilan, il « est brillant car la galaxie de l’avenir est visible dans les mots en langue nationale où le français est déficitaire et pensées suivantes », s’est-il réjoui.

Les conférences ont plus que jamais vulgarisé la ‘’Boologie’’. Seule science inventée par un Africain-Béninois, elle aiguillonne les Africains/Béninois à se reconstruire intellectuellement, économiquement, socialement et politiquement à partir de la pensée et des outils que leur offre la trilogie Fa-Vodoun-O’Boo.

Porte-flambeau de la Boologie depuis la mort de son inventeur, Raymond Assogba n’évolue pas en autarcie. Dans sa mission de former la jeunesse mondiale, il a témoigné avoir bénéficié du soutien des médias et des travaux d’autres collègues universitaires. Par exemple, cette « révolution épistémologique » menée par le professeur Paulin Hountondji et alii. alors que lui était en train d’égrener 22 ans d’exil en Côte d’Ivoire. « Cette lecture matérialiste de la justification du séminaire organisé par les maîtres universitaires béninois, je l’ai appuyée par une intégration dans ma théorie de la contracculturation, des résultats de leurs décisions : bannir des concepts de recherche les mots ‘’tradition’’ et ‘’traditionnel’’. Et les remplacer par « savoirs », « endogène », « endogénéité », « savoir-faire », « technologies endogènes », etc. », a-t-il déclaré.

Conformément aux desseins de la Boologie, les conférences à panels ont véritablement permis de replacer le Bénin dans sa dignité. Les clichés racistes et insultants des penseurs/scientifiques étrangers qui « disaient » ce que nous sommes sont désormais déboulonnés : pays sous-développés, endettés, de maladies… Creuset de rencontre, de réflexion et d’analyse, elles ont permis de révéler le Bénin notamment à travers son mode de production de l’igname. Ce que Raymond Assogba décrypte comme « Un out-put agricole, commun aux producteurs de ce pays : que ce soit dans les Collines, le Zou, le Borgou, Alibori ; et de plus, ce tubercule à la richesse protéique diverse est supportée par une pensée appelée Té ɖuɖu au sud, à l’est, Gani au nord,  ou « fête de l’igname » en français. Politiquement, c’est le « pays vodùn » supporté depuis Ouidah 92, par le 10 janvier : jour férié, chômé et payé; et alors, il faut chercher à connaître la superstructure du pays vodùn. Il faut de manière agrégatif, retenir le triangle Fa-Vodùn et Boo comme la superstructure de la cosmogonie, la philosophie et l’ontologie desquelles on peut dériver plusieurs sens et significations des institutions à inventer ou déjà existantes (Tofa organisé dans l’Atlantique, le Littoral, le Zou, L’Ouémé et le Plateau, le Borgou, les Collines, etc.) dans le secteur politique, pour rétablir l’harmonie et les capacités intrinsèques des Béninois ».

Depuis la deuxième édition, a-t-il relevé, « les travaux des linguistes Julien Koffi Gbaguidi et Sènakpon Socrate Sosthène Tobada ont montré l’importance du vodùn Sakpata dans la représentation des valeurs des Béninois ; et par conséquent, la souveraineté de cette terre est représentée dans les trois couleurs : noire, blanche et rouge ». L’un des défis que pose la Boologie à travers ces rendez-vous annuels, est d’en finir avec « la copie du mode français de l’organisation politique par les partis politiques ; cela ne correspond à aucune réalité humaine et sociale au Bénin. »

Un seul appel structure les éditions passées et prochaines des conférences à panels intitulées « Le 10 janvier : et après ?». « En tant que scientifique, nous appelons la jeunesse béninoise à découvrir le point d’appui de la Boologie et le levier de la Contracculturation pour relever le défi de bâtir le Pays Vodùn », lance toujours Raymond Assogba.

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