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Conférence « Le 10 janvier : et après ? » : Les fruits de la 3e édition

La 3e édition des conférences à panels « Le 10 janvier : et après ? » s’est tenue, samedi 9 janvier 2021 dans l’Amphi Etisalat, à l’Université d’Abomey-Calavi (Uac). Un public diversifié d’universitaires, de jeunes étudiants, de dignitaires des religions endogènes, d’hommes des médias et de curieux y a pris part.

Par Sènankpon DOSSOU

« A travers cette conférence publique, les scientifiques, chercheurs, sachants et érudits venus de la sous-région échangeront leurs savoirs et réfléchiront sur ce que peuvent apporter O Vodùn et nos religions endogènes aux principaux défis du monde actuel. Chacun de nous est concerné par ces questionnements et devra apporter sa pierre à l’édification d’un monde réconcilié avec lui-même et avec ses jɔwamɔ, s’inspirant de l’échange avec une mondialité de traumatisme ». Conformément à ses mots d’ouverture de la présidente du comité d’organisation, Agoï Eman F. Akpovi, des communications inspirantes et intéressantes les unes que les autres ont été données pendant plusieurs heures. Par exemple « Le chrétien face au vécu des Hoxo, jumeaux », animée par Sêmèvo Bonaventure Agbon, journaliste culturel et père de jumeaux par deux fois. Après avoir raconté ses vécus personnels avec les Hoxo, il a fait observer qu’il est des expériences métaphysiques que font des chrétiens, mais à propos desquelles les doctrines, les enseignements ou la catéchèse de leurs Eglises sont muets, sévères ou simplement opposés. « Aujourd’hui, tout ce qui porte le sceau de l’endogénéité est (presque) systématiquement diabolisé. C’est le cas de l’univers des jumeaux que les religions importées -excepté l’Eglise catholique- ont marqué aux fers de la superstition.» Face à ce déni, poursuit-il, de nombreux chrétiens préfèrent cacher ces « expériences intérieures » puisque que ceux qui ont le courage de se confier aux autorités ecclésiastiques ou à des « frères/sœurs en Christ » sont traités de païens, de superstitieux ou d’hérétiques. Par conséquent « Sur ce terroir qui les a accueillis à bras ouvert, les églises doivent changer de regard, et non continuer avec cette posture d’éternelles ‘’opposantes’’ des phénomènes endogènes, et la diffusion de la peur de nos héritages », a-t-il exhorté.

Autres sujets d’échanges : « Que font les Béninois quand les Etats d’Asie et d’Occident définissent des stratégies globales de contrôle du monde ? Comment la pensée du Vodùn positionne le Bénin ? (par professeur Raymond Assogba) ; « Les besoins fondamentaux pour le développement en pays Vodoun : la parole du Fâ pour corriger l’échelle des besoins d’Abraham Maslow (par Edmond Agbassè alias Bokonon Kpéyi) ; « La créativité du rêve pour entreprendre » (par le Soudeur Victor Gognon) ; « Le 10 janvier : origine historique »  par da-Silva Corneille) ; « Le Manioc et les cellules cancéreuses » (par Zavier Kintossou  Goï) ; et « La rééducation du noir : un impératif spirituel pour une meilleure perfectibilité de soi » (par le Professeur Patrick Houessou).

Un débat général a suivi les panels et a permis au public de se prononcer et de faire des apports pour l’enrichissement de la pensée Vodùn au service de la souveraineté et du développement.

Défis actuels

Les défis actuels nous déconseillent de nous contenter de fêter. C’est pourquoi à travers l’initiative des conférences à panels « Le 10 janvier : et après ? », la Boologie et son porte-flambeau à l’Uac, professeur Raymond Assogba entendent susciter un réveil. « Les défis du 21ème siècle montrent à quel point, certaines des réponses apportées par une science au service des économies dominantes, restent incomplètes. O vodùn et les autres formes de religions endogènes, que l’on soit en milieu urbain ou en milieu rural, constituent aujourd’hui, plus que jamais, un réservoir de solutions à nos situations de vie et devraient nous permettre de nous positionner par rapport à l’avenir. C’est une brèche, dans la facilité des transferts technologiques pour entrer dans la fierté et la responsabilité sociologique », résume Agoï Eman F. Akpovi, présidente du comité d’organisation de la 3e édition. Désormais, nul, surtout les jeunes « pressés que nous sommes de posséder voitures et argent » ne doit ignorer les enjeux impliqués par la problématique des aspects intellectuels du 10 janvier.

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