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Conseil national des chargeurs du Bénin : Les premiers pas rassurants de Alimatou Badarou

C’est la frontière d’Hillakondji qui a accueilli la première descente sur le terrain de la Nouvelle Directrice générale du Conseil nation des chargeurs du Bénin (Cncb).  Alimatou Badarou a succédé à Bruno Kangni, limogé. Mais les premiers pas de la tête dirigeante du Cncb montrent pourtant bien qu’elle a conscience de sa responsabilité.

Par S. B. A.

Une société enfoncée dans la mauvaise gestion. Telle est la situation de la maison dont Alimatou Badarou a hérité la charge après le limogeage de Bruno Kangni éclaboussé par un rapport du Bureau d’analyse et d’investigation (Bai). Sous ce dernier en effet, le Cncb était une vache à lait, dont les cadres rivalisent d’imagination pour s’octroyer des avantages mirobolants. Pour illustration, le personnel de cette entreprise de l’Etat dispose d’une vingtaine de primes. Mais en fait, au nombre de la vingtaine de primes et indemnités, c’est seulement 7 que le personnel perçoit, tout le reste est partagé entre les membres du Codir. Ce n’est que tout récemment à l’occasion d’une assemblée générale que les travailleurs découvriront la mascarade. La nouvelle directrice avait alors décidé de porter sur la place publique ces manquements graves à la gestion. Dès lors, bonjour les nombreuses pressions et intimidations. Rien de tout cela n’a pour autant émoussé ses ardeurs. Le vote effectué à cet effet lui a donné raison. Sur 94 participants, 74 ont voté en faveur d’une dénonciation des primes fantaisistes, tandis que 16 pour la plupart des directeurs bénéficiaires des avantages ont voté contre. Ces directeurs ont bien souvent utilisé les dispositions de l’article 21 de l’accord d’établissement de la structure pour embarquer les directeurs généraux successifs dans leurs manœuvres. Ledit article dispose, au titre des indemnités et primes, qu’« En cas de besoin, la direction générale peut créer d’autres indemnités et primes après avis du comité de direction ».

Après avoir pris connaissance du rapport du Bai, la nouvelle directrice générale a entrepris de mettre en œuvre ses recommandations. Elle a renoncé à ses propres émoluments en attendant que le Conseil d’administration soit mis en place. Elle en a fait de même pour les primes et indemnités pour ne pas tomber dans le piège qui a emporté ses prédécesseurs et conduit plusieurs cadres du Cncb en prison. A titre d’exemple, le Dg cncb a une attribution de 600 milles francs pour le carburant par mois. Les directeurs 200 milles. Un piège dont Alimatou Badarou se méfie et préfère attendre les décisions du conseil d’administration.

Ceci dit, c’est à Hilakondji qu’elle a effectué sa première descente, où deux éléphants blancs l’ont accueillie. Primo, le parking de la société destinée à ses clients, mais qui végète dans l’obscurité totale et est d’ailleurs délaissé par les transporteurs. En effet, cet ouvrage n’a jamais été achevé malgré que l’adjudicataire du marché a déjà empoché son avancé de démarrage. Il s’agit d’un marché de 400 millions sur lequel le Cncb a déjà avancé une centaine de millions. Il s’agit des travaux relatifs à l’assainissement du parking depuis octobre 2015. Secundo, l’annexe de la société toujours à Hilakondji.

Lors de l’assemblée générale, Alimatou Badarou a choisi le langage de vérité face au personnel conformément aux recommandations des commissaires au compte, et des Auditeurs qui ont dénoncé l’existence de beaucoup de primes dans cette structure.

« L’entrée du parking ayant des défaillances et des camions s’enlisaient, et que ça crée aussi des accidents quand le camion perdait le contrôle, il était question de faire des pavés, ce qui a été initié par mon prédécesseur, et donc pour la livraison définitive, il était question de venir voir comment le travail a été fait afin de libérer quand-même la caution de celui qui a pris le marché », a déclaré la Directrice Alimatou Badarou ». Pareil pour : « C’est vrai que le fait qu’on a pas de Conseil d’Administration aussi pénalise les décisions ; mais le Ministre de tutelle a promis mettre les bouchées doubles pour aider à avoir d’ici là un Conseil d’Administration afin de prendre les responsabilités qui sont les nôtres », qui n’est en rien la violation de la confidentialité des décisions du Ministère. Juste un diagnostic utile pour la renaissance du Cncb.

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