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Coronavirus/Critiques contres les clergés : Quelle foi meut l’Africain ? (Chronique)

C’est quand même curieux non ? que des Béninois qui fuient leurs villages situés à, à peine 80km de Cotonou à cause d’une tante sorcière ou d’un oncle méchant, fassent aujourd’hui la morale à tout un Clergé.

Coronavirus sévit. Béninois ne veut pas l’éviter. Actuellement, ce sont les Éminences évêques, les Excellences chairmen et les Révérends pasteurs qui ont chaud. Et, tenez, ce sont leurs propres « fils spirituels » qui les veulent sous la guillotine. Un seul crime pend à leur cou : vouloir épargner à leurs fidèles le pire en engageant, pour deux semaines (renouvelables), la fermeture des lieux de cultes et de prières. Une décision qui, soutiennent ces derniers, ne saurait émaner que du sceau des « gens de peu de foi ».

Ô Béninois ! c’est quoi la foi ? Qui nous dira ce qu’elle n’est pas ? Besoin d’une grande clarification en tout cas. En attendant, le cas d’espèce, au regard des commentaires presque injurieux des chrétiens apparemment « fous de Dieu » envers leurs prélats, la foi c’est affronter la pandémie, qui « serait un plan » bien ourdi par le « Diable » pour ‘’déstabiliser’’ les « enfants de Dieu » ou ‘’tester leur foi’’. Ainsi, ‘’paniquer’’ face au Coronavirus c’est déjà ‘’faire plaisir au Malin’’. Fermer les églises’’ c’est le rubicond à ne pas franchir, autrement ce serait une manière d’exaucer le plan machiavélique de l’Ennemi.

En réalité, cette opposition entre Prélat et Fidèles nous met face à l’éternel conflit entre Foi et Raison. En effet peu d’Africains savent réellement que la foi et la raison « sont les deux ails qui élèvent l’esprit humain vers la contemplation de la vérité ». Cette vérité ici, est le salut. En cela, garder le Troupeau de l’abattoir n’est nullement une affaire de ‘’peu de foi’’. C’est une question de maturité et d’élégance.

Le sang des martyrs a été la semence de l’Eglise, c’est vrai. Mais si Dieu, le Tout puissant, omniscient et omniprésent opposait les deux réalités, ‘’Foi et Raison’’, il n’aurait pas préféré ‘’la fuite en Égypte’’ pour sauver son Fils unique Jésus-Christ. « Lève-toi, prends le petit enfant et sa mère, fuis-en Égypte et restes-y jusqu’à ce que je te parle ; car Hérode cherchera le petit enfant pour le faire périr », lit-on dans Mathieu 2, 13 (Louis Segond). De même que Mohamed (Paix sur lui) aurait dû affronter l’adversité à la Mecque plutôt que de débarquer momentanément en Égypte. Mais il sait que derrière l’Hégire vers 622 à Médine il y avait une gloire, l’actuel Islam.

La Foi n’est donc pas une confiance aveugle en soi. Encore moins l’assurance trompeuse d’invincibilité dans « le sang » d’un Messie qui a toujours enseigné l’humilité. Se mettre à l’abri, loin d’être « une honte hérésie » est un champ lexical de responsabilité. Si en brandissant une foi ‘’bêtement’’ impavide, nous périssons tous, ne craignons-nous pas que le Diable dont nous semblons « redouter la victoire sur l’Eglise », ne vienne occuper la terre, se gaver de bières et célébrer notre extermination ?

On défend son Dieu, sa foi ou ses convictions avec la raison en y mettant du cœur. Parce que nous sommes dans un monde hostile, où vivre demande d’être stratège. « Ceux qui vivent sont (en effet) ceux qui luttent ».

C’est aussi « bien fait » pour nos Hommes de Dieu. La pandémie du Coronavirus leur offre l’occasion de découvrir, peut-être le cœur chagriné, combien la foi est une notion et une réalité assez floue et vague dans la conscience ‘’assombrie’’ de leurs ouailles, dont beaucoup s’immolent inutilement en pensant « défendre » ou « servir » un Dieu qui se moque certainement de leur ignorance.

Par Sêmèvo B. AGBON, journaliste

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