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Coronavirus et échec de la mondialisation : Critiques et thérapie de la « Boologie-Uac »

« Il faut contracculturer l’échec de la mondialisation et renouer avec les valeurs de nos sociétés ». Interpellé par un « jeune anonyme » sur ce que la Boologie « peut apporter aux Béninois embarqués dans la pandémie qui les menace », tel est l’essentiel de la conférence de presse animée jeudi 2 avril à l’Uac, par le professeur Raymond Assogba, socio-anthropologue sur « Les boo-technologies à l’épreuve des pandémies de la globalisation » sous le parrainage de l’association Nun Dodo.

Par Sêmèvo B. AGBON

Pendant plus d’une heure qu’a duré la rencontre avec les professionnels des médias, le nom de la maladie n’a pas été prononcé une seule fois, ainsi « pour respecter la déontologie médicale des responsables africains de la vitalité dans le Pays Vodun », a justifié le conférencier citant l’historien Jérôme Alladayè.

Revenant à la demande du jeune, il a fait un aperçu sur les boo-technologies et l’héritage du professeur Cossi Jean-Marie Apovo, inventeur de la Boologie. « Les boo-technologies, dit-il, sont toutes les connaissances sur les plantes en association avec les règnes minéral, animal et émotions humaines en vue d’articuler leur efficacité comme des outils ou armes ou systèmes de mécanisme en vue de prendre avantage aussi bien sur la nature que sur les situations à risque de fragilité, de conflit, de violence, d’harmonie, d’agression ou de rivalité en société ou d’interculturalité ». Une philosophie de la vitalité donc, qui joue trois fonctions : les boo ou savoirs de protection (Glo), les Boo ou savoir-faire d’abondance ou de magnétisme (Ylô) « qui servent à provoquer la fécondité, l’électromagnétisme des fluides cosmiques » et les boo ou pouvoir-être d’attaque ou de retour à l’envoyeur « de toute velléité de nuisance gratuite ou causale » appelés boo Dida ou Flijè.

La pandémie qui sévit actuellement est l’occasion pour la Boologie de « manifester la défense et la protection des Béninois », a soutenu Raymond Assogba, faisant écho à l’interpellation susmentionnée. En effet, déjà en 1995 lorsque Cossi Apovo annonçait la Boologie à l’issue de sa thèse d’Etat, il justifiait son invention par devoir. « Nous avons fait cela par devoir, devoir patriotique et devoir culturel pour défendre… » les Béninois, rapporte son successeur professeur Assogba. Comment cette science « peut-elle manifester la défense et la protection des Béninois ?». D’abord en les éveillant sur le « mensonge de la globalisation » et en les ramenant, ensuite « au mode de vie par le lequel le vitalisme du bien-être physique et mental a favorisé l’identité du berceau de l’humanité à l’ankhcêtre noir appelé Koto ».

Le mensonge de la mondialisation

La globalisation est un grand mensonge. Dans ses différentes facettes, elle ne vise enfin, qu’à maintenir l’Afrique sous domination économique, politique et culturelle. Et le virus qui bouscule l’humanité depuis décembre 2019 en a révélé davantage l’échec. Ce que le socio-anthropologue s’est attelé à démonter tout au long de son exposé.

Raymond Assogba soutient, en effet, que le diktat de la pensée unique combattue sous le régime défunt du Prpb en 1990 a été transférée à l’Organisation des nations unies (Onu) « dont les agences ont pris en otage les milliers de vie des pays d’Afrique, d’Amérique latine et des Caraïbes ». Le mensonge est davantage notoire lorsque « ces agences sous couvert de l’Onu se sont substituées aux gouvernements des pays africains pour imposer les modes d’existence occidentaux avec la promotion du cadre juridique de vie dans ces pays ».

L’autre laideur de la mondialisation, est son absence de vertu. Les grandes puissances se livrent à une éternelle rivalité avec un « business gigantesque » de la mort, des virus, du mensonge et de la peur. Ainsi, Raymond Assogba constate qu’en fermant leurs frontières terrestres, aériennes et navales face à la pandémie, les pays occidentaux, les États-Unis en premier, signent la fin de la globalisation.

L’indexation de l’Afrique

Un fait curieux qui a intéressé également le conférencier, c’est la panique inoculée aux africains. Alors que le virus sévit chez eux (Italie, France, Espagne, Usa…), les occidentaux se montrent plus intéresser par le sort de l’Afrique que ce qui se passe chez eux. Ainsi, en décriant à longueur de journée le système sanitaire des pays africains, le continent noir est devenu le centre des préoccupations. S’agit-il d’une simple solidarité ou l’expression d’un amour ? Pas sûr ! « A l’étape de l’épidémie, c’est l’animal pangolin qui a été cité comme le vecteur de la maladie de la famille de la grippe ; puis, on a abandonné le pangolin, et c’est devenu une contagion par l’homme à l’homme : toux, fièvre et…, et puis aujourd’hui, il est dit que le vecteur chimique est « aérien » et comme dans les films hollywoodiens, serait en perpétuelle mutation ; ce qui sert de transition à l’indexation de l’Afrique comme cible précise de la future pandémie. On suppose donc que par les vents marins et courants continentaux, on pourra asphyxier le continent », a dénoncé Raymond Assogba. Il y voit finalement « une entreprise de fondation de la stigmatisation des Etats africains ». En projetant la peur sur le continent, Raymond Assogba voit une entreprise habile pour « prospectiver le marché émotionnel des potentiels africains ». Pour preuve, « pour fructifier les outputs industriels de ce fonds, les biens économiques d’enrichissement des industriels chinois et occidentaux sont déjà positionnés : le masque ou cache-nez, les flacons de gel, et la famille de la quinine ».

Cette analyse géostratégique amène Assogba à conclure que « la globalisation est une arnaque de dictature et le monde africain, plus particulièrement, celui béninois se retrouve au seuil d’une reconquête « recoloniale » : non plus territoriale, mais psychologique et émotionnelle ».

Loi internationale à l’envers

La pandémie a tout renversé. De sorte que l’immigration a changé de sens et désormais les Européens sont surpris en train de fuir vers l’Afrique. Aussi, la loi internationale est à l’envers. « Le plus grand échec de la globalisation c’est la mise en place d’un plan Marshall de réaménagement territorial en trois mots : quarantaine, isolement, confinement. Si les deux premiers se justifient, le troisième remet en cause la libre circulation des personnes, des biens et des marchandises. Encore que les marchandises et les biens sont autorisés à circuler ; mais pas les personnes », s’est moqué l’anthropologue.

La thérapie de la Boologie

Si dans un monde globalisé l’Africain a perdu sa voix et même l’exportation et la transplantation aveugle des réalités socioculturelles occidentales ne lui procurent aucun bonheur ni liberté, qu’est-ce qu’il lui reste faire ? « Le bon sens de la Boologie, science des existences par la ruse de la pensée, suggère de définir le mode de vie par le lequel le vitalisme du bien-être physique et mental a favorisé l’identité du berceau de l’humanité à l’ankhcêtre noir appelé Koto », a indiqué Raymond Assogba.

Lui et les conseillers présents lors de la conférence, proposent le recours à l’urine ou pipi thérapie ou amarolli comme « panacée de la responsabilité individuelle et collective à endiguer la panique ». L’urine contient des nutriments, à savoir l’eau, l’urée, sels minéraux, vitamines, hormones, anticorps et le Ph en surplus dans le corps après la digestion. Le protocole indicatif proposé par eux consiste, soit à boire son urine le soir, au coucher, à midi ; soit, l’utiliser sous la douche pour nettoyer les voies nasales. De plus, ils recommandent l’observance des règles d’hygiène et le retour aux formes anciennes de salutation qui limitent les contacts physiques.

« Nous pensons que ce temps de pandémie est une existence historique pour nous, de renouer avec les règles ankhcestrales. Il faut contracculturer l’échec de la mondialisation et renouer avec les valeurs de nos sociétés », a conclu Raymond Assogba.

One thought on “Coronavirus et échec de la mondialisation : Critiques et thérapie de la « Boologie-Uac »

  1. super cool. vous avez raison cher professeur. la contraculturation nous rammettre à nos valeurs et cultures. et la pademie nous oblige à rester chez soi afin de mieux connaître nos cultures et donc environnement immédiat.
    sociologique 3 UAC

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