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Le Fmi accompagne le Bénin à répondre à des besoins urgents de financement

Constant Lonkeng Fmi

Le Bénin et le Fonds monétaire international (Fmi) viennent de signer un accord au niveau des services sur un programme innovant de 42 mois. Ce programme est destiné à accompagner le Bénin à répondre à des besoins urgents de financement liés notamment à la crise sanitaire et sécuritaire, notamment les séquelles de la Covid-19 et de la guerre en Ukraine et soutenir son Plan national de développement.

Par Sènankpon DOSSOU

Une équipe du Fonds monétaire international (Fmi), dirigée par Constant Lonkeng, a tenu des réunions avec les représentants béninois, à Cotonou du 4 au 13 avril et à Washington du 19 au 22 avril, pour négocier un nouveau programme en vue de soutenir l’ambitieux Programme d’action 2021–2026 du gouvernement du Bénin et mener les consultations de l’année 2022 au titre de l’article IV. L’accord qui en résulte sera soumis à l’approbation de la direction et du conseil d’administration du Fmi vers la mi-juin 2022.

À l’issue de la mission, Constant Lonkeng, a annoncé « que les autorités béninoises et l’équipe du Fmi sont parvenues à un nouvel accord au niveau des services, pour une durée de 42 mois, au titre à la Fois de la facilité élargie de crédit (Fec) et le mécanisme élargi de crédit (Medc), afin d’appuyer le programme économique et financier des autorités du Bénin››. L’accès exceptionnel proposé au titre ce programme à hauteur de 484.058 millions de Dts (soit environ 700 millions de dollars, ou 391 % de la quote-part du pays) vise à aider le Bénin à répondre à des besoins urgents de financement, préserver la stabilité macroéconomique et soutenir son plan national de développement axé sur la réalisation des objectifs de développement durable (Odd) (face à la crise sanitaire et sécuritaire.)

Le Bénin a enregistré des progrès considérables dans sa gestion macroéconomique au cours de ces cinq dernières années, plaçant économie sur des fondements solides. Cependant, le pays fait face aujourd’hui aux effets conjugués de la dégradation de la situation sécuritaire régionale, de la pandémie de Covid‑19 et de l’érosion du pouvoir d’achat dans un contexte marqué par la guerre en Ukraine.

Les services du Fmi et les autorités béninoises sont parvenus à un accord sur un programme innovant, le premier dans le cadre de la politique du Fmi applicable à l’exposition au crédit combiné élevé, afin de soutenir l’économie à court terme tout en faisant avancer les politiques et réformes destinées à promouvoir une croissance inclusive et durable tirée par le secteur privé, dans un climat de paix et de sécurité.

 

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La mobilisation des recettes est la pierre angulaire du programme de réformes des autorités. Conjuguée à la priorisation des dépenses et à l’amélioration de leur efficience, cette stratégie créera l’espace budgétaire nécessaire pour répondre aux besoins importants du Bénin en matière de développement et de sécurité, tout en préservant la viabilité de la dette. L’atteinte de cet objectif passera par la poursuite de la politique d’assainissement des finances publiques à moyen terme qui repose sur les acquis du Bénin en matière de bonne gestion de ses finances publiques. Cela suppose que la réduction de l’écart vis-à-vis des pairs en matière de recettes fiscales, notamment à travers la rationalisation à court terme des dépenses fiscales et l’élargissement progressif de l’assiette de l’impôt, notamment en élaborant une stratégie de mobilisation des recettes à moyen terme qui améliore l’efficience globale du système fiscal.

« Compte tenu du niveau des inégalités de revenu au Bénin, le programme appuyé par le Fmi au titre de la Fec/du Medc est axé sur un « développement centré sur l’épanouissement de l’homme » en améliorant l’accès aux services publics de base et la présence de l’État dans les zones vulnérables, conformément à l’« approche civile » du gouvernement pour l’atténuation des risques sécuritaires. La réalisation de ces objectifs ambitieux passera par un engagement sans faille en faveur des réformes et un soutien technique et financier solide de la part des partenaires au développement du Bénin afin de compléter l’appui financier exceptionnel du Fmi, largement concentré sur l’année en cours.

Le renforcement du dispositif de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme, de la gouvernance et de l’État de droit devrait renforcer davantage la confiance dans les institutions nationales et consolider les fondements d’une croissance durable tirée par le secteur privé. La poursuite de la transformation numérique et le renforcement de la résilience de l’économie face aux changements climatiques aideraient à atteindre les objectifs de développement du Bénin et libèreraient davantage le potentiel de croissance du pays.

L’équipe a rencontré le ministre d’État chargé de l’Économie et des finances du Bénin Romuald Wadagni, Bio Tchané, ministre d’État chargé du Développement et de la coordination de l’action gouvernementale, Dagnon, Conseiller spécial du président Talon Assilamehoo, directeur national de la Bceao (Banque centrale régionale), le général Bada, directeur du cabinet militaire du président de la république, des représentants du ministère des Affaires sociales et de la microfinance et de la commission bancaire de l’Umoa basée à Abidjan, des hauts fonctionnaires de l’administration béninoise, des représentants de la société civile et du monde des affaires et divers bailleurs de fonds, notamment des représentants de la Banque africaine de développement, du Programme alimentaire mondial et de la Banque mondiale.

La mobilisation des recettes, pierre angulaire du programme de réformes des autorités, la priorisation des dépenses et l’amélioration de leur efficience permettront de créer l’espace budgétaire nécessaire à une réponse efficace aux besoins importants du Bénin en matière de développement économique et de sécurité, tout en préservant la viabilité de la dette.

Le renforcement du dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, couplé à l’amélioration de la gouvernance et de l’État de droit, consolidera les fondements d’une croissance inclusive et durable tirée par le secteur privé, dans un climat de paix et de sécurité.

Crise sanitaire et sécuritaire .

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