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Cuisine : Comment produire du sel à partir de l’eau de mer (Le docteur Flavien Edia Dovonou dévoile la technique)

Il est estimé à 30 000 tonnes le besoin annuel du Bénin en sel de cuisine. Jusque-là le pays ne produit que 3000 tonnes. Le gap de 27 000 tonnes est alors comblé par l’importation. Il existe une technique simple, rentable et écologique pour que le Bénin profite de sa côte en matière de production de seul. Le docteur Flavien Edia Dovonou, enseignant à l’Institut national de l’eau (Ine) de l’Uac explique.

Par Raymond FALADE (Stag.)

 

BI : En quoi produire du sel à partir de l’eau de mer est plus avantageux que l’ancienne technique ?

FED : Effectivement il y a une ancienne technique de fabrication de sel à Djègbadji dans la commune de Ouidah. Elle consiste à racler le sol chargé en sel, à faire la cuisson de ce sol et de son eau, et à récupérer le filtra que l’on chauffe à nouveau afin de faire partir l’eau et recueillir le sel. Cette technique permet d’avoir du sel au bout de 3 à 4 heures de chauffage. Elle comporte donc assez de limites et induit beaucoup d’impacts sur l’environnement. D’abord elle dégrade le sol, en plus elle amène à déboiser les palétuviers et les mangroves qui s’y trouvent. Ce faisant, l’on perturbe l’écosystème.

Nous estimons donc que cette méthode est incompatible avec le développement durable. A l’opposé, la nouvelle technique n’est pas mal car elle est respectueuse de l’environnement. Pas besoin de déboiser ni de détruire le sol avant d’obtenir du sel.

Quelle est cette technique ?

Aujourd’hui il est possible de produire du sel à partir de l’eau de mer. C’est une technique simple, moderne et écologique qui consiste à prélever l’eau de mer, qui est une eau chargée en sel, à la mettre sur des bâches étanches au soleil et sous l’effet du soleil ou sous l’effet de l’évaporation, l’eau va partir et laisser au fond des bâches le sel qui ne s’évapore pas. Cette technique est actuellement en phase expérimentale dans la commune de Sèmè-Podji par un groupement de femmes. Elles ont témoigné que les résultats sont probants et qu’on peut vulgariser cette technique et l’exporter.

Quelles sont les limites de cette nouvelle technique ?

Avec elle, on n’a pas le sel en trois heures d’horloge. Il faut 4 à 5 jours. Autre limite : en saison pluvieuse on ne peut pas avoir le soleil qu’il faut. Du coup la saison pluvieuse va diluer les préparations et on ne pourra pas recueillir la quantité de sel qu’il faut. Mais pendant la saison sèche, ça marche bien avec l’intensité du soleil.

Comment vulgariser cette technique ?

Que l’État s’implique. Vous savez, notre pays a besoin de 30 000 tonnes de sel par an. Sur les 30 000, notre pays ne produit que 3 000 tonnes. La différence de 27 000 tonnes est importée. Jusqu’aujourd’hui, l’État ne s’intéresse pas à cette production. Mais je crois que c’est une opportunité. Il faudrait que l’État s’implique, organise le secteur et voir dans quelle mesure avoir des équipements modernes, l’hygiène et de l’assainissement au niveau de ces sites de fabrication de sel et diminuer la quantité de sel que nous importons. La matière première c’est l’eau de mer que nous avons en quantité. La main-d’œuvre ne nous manque pas. Nous avons des jeunes au chômage. On peut les utiliser ou les mettre à profit pour développer de petites entreprises dans ce secteur et faire le suivi. Je crois que nous pouvons combler le gap de 27 000 tonnes de sel qui est vraiment énorme. Nous pouvons le produire sur place si l’État s’implique dans l’organisation et dans l’appui.

Oui, mais cette activité est-elle rentable ?

L’activité est rentable. Les femmes qui la font à Sèmè-Podji ont chacune d’elle au moins 30 000F Cfa par mois. Et 30 000F pour une femme rurale c’est beaucoup. Elle peut s’occuper de son foyer.

Votre mot de la fin

Je remercie les initiateurs de ce projet de fabrication de sel de façon écologique à partir de l’eau de mer. J’encourage l’Ong qui est en train de faire l’expérimentation à Sèmè-Podji. Je voudrais inviter aussi les jeunes qui sont au chômage, qui sont à la maison et qui sont à la recherche d’emploi de se diriger vers cette Ong pour aller se former et s’organiser en petites entreprises et de commencer par fabriquer du sel à partir de la matière première qui est l’eau de mer.

 

 

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