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Culture : La bibliothèque départementale de l’Atlantique se meurt

Censée être un point de ralliement de la jeunesse scolaire et estudiantine en quête de savoir, de culture générale et de distraction par la lecture, la bibliothèque départementale de l’Atlantique n’est aujourd’hui qu’une épave administrative dénuée de tous ses attributs originels. Elle se meurt affreusement.

Par Laurent KOKOU

Située au cœur de la ville historique de Ouidah précisément au Fort français, et jouxtant le centre culturel bien en face de la grande esplanade, la bibliothèque départementale de l’Atlantique, fameux lieu d’envolées livresques de plusieurs générations de béninois, est presque inexistante aujourd’hui. Elle végète dans un état d’abandon total. Portail et porte hermétiquement fermés, preuve qu’aucun responsable ni usager n’est présent sur les lieux. En témoigne l’étonnante réponse de Patrick, un usager du fort français. Approché, pour recueillir des informations au sujet des responsables du lieu, ce dernier s’est vivement exclamé « Il y a une bibliothèque ici ? Je crois que ce truc est déjà fermé hein ». Chose curieuse, Patrick faisait partie d’un attroupement d’hommes jouant au jeu de dames à moins de 5 mètres du portail de la bibliothèque. « Depuis que moi je viens ici, je n’ai jamais observé de mouvements de potentiels lecteurs comme c’était le cas en notre temps. Rarement, vous verrez une fenêtre entrouverte pendant quelques heures mais ensuite rien. La preuve, il est 16 heures, un jeudi et c’est fermé », a déclaré Daniel un usager des lieux. Le bâtiment présente un aspect vétuste signe de son état d’abandon. La poussière sur les portes et les fenêtres donne à la bâtisse l’air d’une maison hantée. Devant, une broussaille impose sa verdure. Partout la présence d’herbes le long des allées, illustre que le site n’est pas fréquenté. « Il y a un monsieur qui vient parfois ouvrir. On dirait que c’est le directeur. Mais ce n’est pas régulier », a constaté Pauline, serveuse dans un bar en face de la Bibliothèque. Benjamin est enseignant de français dans un collège de la place. « J’ai été affecté à Ouidah l’année dernière. Mais grande a été ma désolation de constater que la bibliothèque, qui plus est, départementale, soit dans cet état. A l’heure où les apprenants perdent de jours en jours le goût de la lecture, toutes choses préjudiciables à l’édification d’une élite intellectuelle de qualité, c’est regrettable que de tels lieux de savoir et de culture, soient ainsi abandonnés », a-t-il regretté. En attendant les éclairages idoines des voix autorisées, Benjamin n’a pas manqué de lancer un appel à l’endroit des autorités. « Il faut que le gouvernement de commun accord avec la mairie, sauve la bibliothèque départementale de l’Atlantique. Qu’elle soit équipée de livres en phase avec nos réalités actuelles et qu’elle soit véritablement fonctionnelle. Cela y va de l’éducation de nos enfants », a-t-il plaidé. Un cri de cœur qui, sil est entendu, permettra à cette importante maison du livre de renaître de ses cendres.

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