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Dada Houncassoudonon Ahinadjè : «Le “10 janvier” n’est qu’une bouteille lancée dans l’océan. Sa célébration n’a pas impacté positivement le monde du Vodun»

Dans la ville carrefour‚ il est connu. C’est un iconoclaste assumé. Dignitaire traditionnel‚ son titre contraste avec le contempteur de la fête du 10 janvier qu’il est. Pourtant‚ il l’assume très ouvertement. Dada Houndadjo Houncassoudonon Ahinadjè, Roi de la cité sainte et historique de Bohicon, «sachant et savant en science de gestion des problèmes de la vie»‚ veut doter le Vodun de ses Livres Saints très bientôt. Voici pourquoi le “10 janvier” n’a pas de sens à son avis.

Propos recueillis par Yelian Barnabé KINTOHOU

 

Bénin Intelligent : 10 janvier. En deux décennies de célébration, quel bilan peut-on faire ?

Dada Houncassoudonon : A notre humble avis le bilan est mitigé. Vous savez, dans le monde Vodun l’analphabétisme est encore élevé. Mais aux yeux des personnes ressources et averties, le 10 janvier n’est qu’une bouteille lancée dans l’océan. C’est insignifiant. Sa célébration n’a pas impacté positivement le monde du Vodun. Ça n’a pas permis au monde du Vodun d’aller de l’avant. On organise une réjouissance au niveau national. Or si vous voyez les religions exotiques, c’est sur des croyances.

On ne se rassemble pas pour dire aujourd’hui on va se rendre à quelque part pour faire la fête. La position de “10 janvier” pose même déjà problème. Et si vous savez lire correctement entre les lignes, si vous savez bien analyser, vous allez voir que les “hunsintô” n’arrivent pas à célébrer le 10 janvier dans leur foyer. Vous savez pourquoi. Depuis très longtemps, les gens célébraient le 25 décembre et le 1er janvier. Et après ces deux événements combien de personnes ont encore de l’argent pour célébrer 10 jours après ladite fête du Vodun ? Une date décrétée qui ne représente rien pour la croyance vodun et son monde. A écouter les détracteurs, c’est parce que le Vodun n’a pas une histoire, n’a pas un fondement que les hommes politiques ont essayé de lui trouver une fête. Vous voyez, ça ne nous honore pas.

N’étant donc pas en mesure de dire pourquoi ils célèbrent le 10 janvier, vous voyez que cette journée ne veut rien dire dans leur vie et dans leur vie de hunsintô et dans la vie de notre culte.

À vous entendre, faut-il supprimer le 10 janvier ?

Cette date partira d’elle-même lorsque les Livres Saints du Vodun seront publiés et vulgarisés. C’est pour vous dire qu’on a déjà anticipé, tout est bien fait et le monde du Vodun aura ses fêtes absolument, ses dates glorieuses absolument. On ne décrète pas une date glorieuse. Une date glorieuse, c’est une date qui découle librement de l’histoire des origines de cette religion.

Donc vous voulez dire que cette date n’est rattachée à aucune histoire dans le monde Vodoun?

Non‚ non. Ça ne veut rien dire. La procédure de l’institution de cette date comme fête du Vodun est même très bancale et très honteuse. Car pour le faire, ceux qui nous ont aidé, soit disant qu’ils sont en train d’aider le monde du Vodun, ils ont été demandé d’abord l’autorisation chez le Pape. C’est le Pape qui est responsable du monde du Vodun ? Ah non ! Il faut que les gens cessent de se tromper. Il faut que les intellectuels africains et béninois cessent de se tromper, d’amuser la galerie et de tromper le bas peuple. On a donné l’impression qu’on a fait du bien au bas peuple. Non non ils ne nous ont rien fait de bien. Qu’est-ce qu’ils ont fait ? rien. Cette date ne veut rien dire. Et son institution, j’ai dit est très bancale et très honteuse. C’est une humiliation qui a été faite pour la religion Vodun.

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