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Décrispation de la tension politique : Le faux bond de Yayi à Talon

Le Président Patrice TALON devait recevoir en audience, ce mercredi 20 novembre en fin de journée, une délégation de la CEDEAO avec un émissaire du président nigérien, et il était annoncé que son prédécesseur Boni YAYI, serait de la partie car il demanderait à le rencontrer. Le PR s’est dit disposé à les recevoir.

Cette rencontre aurait pu apparaître comme le point d’orgue du dialogue amorcé sous l’impulsion du président TALON. Ce Dialogue qui s’est tenu du 10 au 12 octobre dernier, il faut le rappeler, a connu la participation du parti FCBE dont Boni YAYI est président d’honneur.

Après ce Dialogue politique, plusieurs recommandations consensuelles ont été formulées dont la mise en œuvre justifie la prise d’une loi d’amnistie, la révision de la Constitution, l’adoption du code électoral, la modification de la charte des partis et le vote de la loi portant financement public des partis politiques, en attendant le vote de la loi portant statut de l’opposition.

Dans la foulée, le président Patrice TALON avait, le 8 novembre dernier, au cours d’un entretien avec la presse internationale, dit son vœu que Boni YAYI rentre au pays dès qu’il le voudra, sachant que ce dernier, d’après son entourage, avait peur de rentrer, craignant que la justice lui demande des comptes.

Pour mémoire, il était parti du Bénin le 21 mai au petit matin, après que les barrières de sécurité à Cadjèhoun avaient été levées. Convoqué par le juge pour répondre des faits mis à sa charge par des personnes interpellées dans le cadre des événements d’avril, mai, il s’était refusé de recevoir le juge parti l’écouter à domicile, invoquant la maladie.

Enfin, en se montrant disposé à recevoir l’ancien président, le Chef de l’Etat, Patrice TALON, joint l’acte à la parole. Il démontre ainsi sa sincérité quand il disait que son vœu est que Boni YAYI rentre dès qu’il le voudrait. Il n’a donc rien fait pour l’en empêcher. Au contraire, il était disposé à le recevoir aussitôt rentré. Ce faisant, Patrice TALON montre à l’opinion et à l’ensemble du peuple béninois que la République est au-dessus de chacun de nous et que, pour le bien de la République, l’on peut faire abstraction de certaines considérations, tourner la page des querelles pour regarder l’avenir.

Seulement voilà, visiblement, Boni YAYI n’était pas, lui, dans cette logique des choses.

Rentré effectivement au pays avec la délégation chargée de l’introduire au cabinet du Président TALON, il a préféré s’adonner à son sport favori : le populisme. C’est ainsi qu’alors que le cortège partait de l’aéroport, il a fait arrêter sa voiture pour descendre saluer quelques militants.

Ensuite, parti dans ses rencontres politiciennes personnelles, il a fait faux bond à la délégation et ne s’est pas présenté au palais avec elle pour l’audience.

Le Président Patrice TALON a donc reçu en audience la délégation sans le principal demandeur de la rencontre.

La délégation qui l’a ramené, à sa demande, peut ainsi se rendre compte que c’est lui le problème. Car, comment comprendre qu’il la plante pour aller se promener de maison en maison ?

L’opinion doit aussi comprendre que si Patrice TALON, pourtant en position de force, fait des sacrifices au nom du pays, son vis-à-vis Boni YAYI se montre toujours dans la logique de l’affrontement, du conflit.

Opportunément, la communauté internationale même peut observer son comportement et en déduire qu’il est contre la décrispation, contre la paix.

Déception

Peu avant l’audience et surtout après, l’on a pu entendre quelques mots de membres de la délégation qui exprimaient leur déception de constater que dès la sortie de l’aéroport, Boni YAYI s’était déjà extirpé du cortège, puis ensuite qu’il ne se rende pas avec eux au palais de la Marina. Ils étaient visiblement gênés et ne l’ont pas caché.

Par La Rédaction

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