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Dialogue politique : L’harmonie et la convivialité qui rassurent …

Nous sommes au troisième et dernier jour du dialogue politique ouvert jeudi 10 octobre par le Chef de l’Etat. En attendant que les conclusions soient dévoilées ce soir, l’espoir est permis au regard de l’ambiance conviviale entre les délégués de bords parfois opposés.

Par Sêmèvo B. AGBON

Palais des congrès de Cotonou. Dans la salle polyvalente interdite aux caméras, les discussions se mènent avec à la modération, le professeur Dorothée Sossa. De temps en temps des délégués sortent, histoire de se concerter en aparté afin de mieux s’exprimer, de faire des propositions pertinentes. Qu’ils soient de la mouvance ou de l’opposition aucun d’eux ne se plaignent jusque-là. Ni du présidium en charge ni de la manière dont le dialogue se déroule.

« Aucune formation ne se retire, personne ne vient se fendre d’une déclaration pour dire que tel que ça se passe on ne peut pas rester ensemble pour discuter. Ça veut dire que nous avançons », observe Céphise Deo-Aguiar, délégué Moele-Bénin. « Nous sommes à la croisée des chemins. Le peuple béninois nous attend. Nous sommes là pour oublier nos égos. Nous ne sommes rien. C’est le peuple qui est souverain. Nous défendons le peuple et il peut compter sur nous », promet quant à lui Gabriel Ajavon, délégué du parti ‘’Flamme renouvelée’’. Cette ambiance témoigne, estime le ministre de la Justice, Sévérin Quenum, que les délégués ont répondu présents à l’appel du Chef de l’Etat en toute responsabilité. « Vous avez la preuve, dit-il, de ce que les gens sont venus en toute connaissance de cause. Ils savent ce pour quoi ils sont là et ils marchent dans ce sens ».

Rappelons qu’à l’ordre du jour de ce dialogue de trois jours, cinq points à savoir : le toilettage du code électoral et de la charte des partis politiques ; le renforcement du système partisan ; la recherche d’équité dans la représentation du peuple à l’Assemblée nationale ; le statut de l’opposition ; et des mesures d’apaisement de la tension politique.

Avec l’harmonie qui prévaut, les partis montrent que l’intérêt supérieur de la nation compte que tout. Les sujets qui fâchent sont dès lors abordés avec calme. Le peule peut donc compter sur leur bonne foi pour la sauvegarder de la paix et de la démocratie, rassurent des participants. « L’ambiance est à la décrispation, on a envie de dépasser les sujets qui fâchent. Ce n’est pas aisé, c’est difficile parce que certains partis se sont sentis exclus. On ne va pas refaire l’histoire, mais aujourd’hui comment nous sortons de cela ? il y a bon espoir », confie Gildas Aïzannon, délégué Udbn.

Quoique la réforme du système partisan reste pertinente, le Chef de l’Etat Patrice Talon reconnaissait jeudi, dans son discours d’ouverture que l’application de la Charte des partis politiques et le Code électoral « nous ont causé du tort ». Ces deux instruments juridiques sont donc sur la table d’opération des délégués. Ils aborderont notamment les dispositions controversées comme les cautions « trop faramineuses » et le processus d’enregistrement des partis. « La Charte des partis politiques, pas grande chose à ce niveau. On a juste voulu recadrer un peu, alléger la procédure d’enregistrement au niveau du ministère de l’Intérieur. Personne n’a remis en cause les piliers fondamentaux », rapporte le délégué Bloc républicain, Abdoulayé Gounou. « On voudrait qu’il y ait peut-être une année d’élection générale à condition que l’élection présidentielle soit décalée. On peut cumuler par exemple les élections législatives, communales et locales mais décaler de 6 à 3 mois la présidentielle. Donc ce que nous privilégions c’est pour l’avenir », témoigne l’opposant Djemba Soumanou, délégué Fcbe. « La question du parrainage qu’on pourrait avoir pour être candidat aux élections locales, législatives même présidentielle… il est de plus en plus souhaité qu’on envisage ces mesures pour plus tard mais ce sont des mesures nécessaires pour renforcer notre système partisan », renchéri Gildas Aïzannon, délégué Udbn.

Si les discussions se déroulent en toute courtoisie. Et qu’aucun délégué ne s’est retiré ou plaint, c’est à l’actif des facilitateurs. Unanimement, les délégués rencontrés saluent le professionnalisme de l’équipe conduite par le modérateur Sossa, aux côtés de Victor Topanou, rapporteur, Luc Sinzogan (Rapporteur représentant l’opposition), et Orden Alladatin (Rapporteur représentant la mouvance). « Au niveau de la facilitation nous apprécions ce qui se fait. Ce qui donne une ouverture à toutes les délégations de s’exprimer, de discuter. L’objectif aujourd’hui ce ne saurait être le Prd, l’Up, le Br ; l’objectif c’est le Bénin », avoue Christelle Houndonougbo, déléguée Up. En clair, « les facilitateurs tiennent le coup et ça marche », félicite l’opposant Djemba des Fcbe.

Les grandes résolutions des trois jours de travaux seront connues d’ici quelques heures.

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